07/29/2026
« Le communautaire à boutte: 𝐮𝐧𝐞 𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐦𝐚𝐢𝐧 𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮𝐞, 𝐌𝐦𝐞 𝐅𝐫𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐭𝐭𝐞. » ✅ Nous sommes solidaires et appuyons vivement cette lettre de Caroline Chartier, co-porte-parole du mouvement, et publiée aujourd'hui sur de multiples plates-formes médiatiques.
⭐ Chaque jour, les organismes communautaires d'action autonome compensent les manques, contiennent les crises et soutiennent des milliers de personnes. ❌Ils refusent d'être la solution à faible coût pour réparer le filet social détruit par des années de choix politiques qui n'ont fait qu'accentuer les enjeux vécus dans nos communautés et le recul de nos droits sociaux.✊
⏰ L'alarme a déjà sonnée! ⌛ Il est temps pour Mme Christine Fréchette et son équipe de poser des gestes concrets, dès maintenant et dans l'avenir, pour que l'ensemble de la population, sans discrimination, puisse accéder aux ressources dont elle a besoin ‼️
📣 𝑷𝒐𝒖𝒓 𝒂𝒔𝒔𝒖𝒓𝒆𝒓 𝒍'𝒂𝒄𝒄𝒆𝒔𝒔𝒊𝒃𝒊𝒍𝒊𝒕𝒆́, 𝒍𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒆𝒏𝒖 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒍𝒆𝒕𝒕𝒓𝒆 𝒔𝒖𝒊𝒕 𝒄𝒊-𝒃𝒂𝒔.
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Madame la première ministre,
Je vous écris aujourd’hui sans slogan, sans bannière et sans mégaphone. Je vous écris comme une femme à une autre femme.
Depuis plus d’un an, j’ai le privilège d’être porte-parole du mouvement Le communautaire à boutte. Ce rôle m’a permis de rencontrer des centaines de travailleuses et de travailleurs qui, chaque matin, choisissent encore de prendre soin des autres.
Des personnes qui accueillent celles et ceux qui ont faim. Qui accompagnent les personnes en situation d’itinérance, les personnes vivant avec des enjeux de santé mentale, les femmes et les enfants qui fuient la violence, les personnes isolées, les jeunes en rupture ou les familles qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts.
Des personnes qui œuvrent aussi en défense collective des droits, qui donnent une voix à celles et ceux qu’on entend trop peu, qui luttent chaque jour pour une société plus juste et qui rappellent que les droits ne sont jamais acquis: ils doivent être protégés et exercés.
𝑪𝒆 𝒔𝒐𝒏𝒕 𝒄𝒆𝒔 𝒇𝒆𝒎𝒎𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝒄𝒆𝒔 𝒉𝒐𝒎𝒎𝒆𝒔 𝒒𝒖𝒊 𝒕𝒊𝒆𝒏𝒏𝒆𝒏𝒕 𝒍𝒆 𝑸𝒖𝒆́𝒃𝒆𝒄 𝒅𝒆𝒃𝒐𝒖𝒕 𝒍𝒐𝒓𝒔𝒒𝒖𝒆 𝒕𝒐𝒖𝒕 𝒍𝒆 𝒓𝒆𝒔𝒕𝒆 𝒗𝒂𝒄𝒊𝒍𝒍𝒆. 𝑷𝒐𝒖𝒓𝒕𝒂𝒏𝒕, 𝒄𝒆 𝒔𝒐𝒏𝒕 𝒂𝒖𝒔𝒔𝒊 𝒆𝒖𝒙 𝒒𝒖𝒊 𝒔’𝒆́𝒑𝒖𝒊𝒔𝒆𝒏𝒕.
Nous sommes au cœur de l’été. Les vacances donnent parfois l’impression que tout ralentit. Mais la fragilité, elle, ne prend pas congé. La détresse ne suit pas le calendrier scolaire. Les besoins ne ferment pas leurs portes pendant quelques semaines.
Nos organismes continuent d’accueillir, d’accompagner et de soutenir des milliers de personnes, avec des équipes qui donnent tout ce qu’elles ont. Et elles n’ont presque plus rien à donner.
Je ne vous écris pas pour vous reprocher votre silence.
Je vous écris parce que je ne le comprends plus.
Depuis des mois, nous demandons une rencontre. Pas pour obtenir une photo. Pas pour faire un coup d’éclat. Mais pour dialoguer réellement. Pour vous partager ce que nous vivons sur le terrain. Pour mettre notre expertise au service de solutions durables. Parce que nous avons des solutions à proposer.
Les organismes communautaires ne sont pas seulement des témoins de la crise actuelle. Nous sommes des acteurs qui connaissent les réalités de nos milieux, qui innovent depuis des décennies avec peu de moyens et qui développent des approches humaines, efficaces et profondément ancrées dans les communautés.
𝑵𝒐𝒖𝒔 𝒔𝒐𝒎𝒎𝒆𝒔 𝒑𝒓𝒆̂𝒕𝒔 𝒂̀ 𝒑𝒓𝒐𝒑𝒐𝒔𝒆𝒓 𝒅𝒆𝒔 𝒎𝒆𝒔𝒖𝒓𝒆𝒔 𝒄𝒐𝒏𝒄𝒓𝒆̀𝒕𝒆𝒔, 𝒖𝒏 𝒑𝒍𝒂𝒏 𝒅’𝒖𝒓𝒈𝒆𝒏𝒄𝒆 𝒆𝒕 𝒅𝒆𝒔 𝒂𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒔𝒕𝒓𝒖𝒄𝒕𝒖𝒓𝒂𝒏𝒕𝒆𝒔 𝒒𝒖𝒊 𝒑𝒆𝒓𝒎𝒆𝒕𝒕𝒓𝒐𝒏𝒕 𝒅𝒆 𝒔𝒐𝒖𝒕𝒆𝒏𝒊𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒑𝒆𝒓𝒔𝒐𝒏𝒏𝒆𝒔 𝒍𝒆𝒔 𝒑𝒍𝒖𝒔 𝒗𝒖𝒍𝒏𝒆́𝒓𝒂𝒃𝒍𝒆𝒔 𝒕𝒐𝒖𝒕 𝒆𝒏 𝒓𝒆𝒅𝒐𝒏𝒏𝒂𝒏𝒕 𝒖𝒏 𝒑𝒆𝒖 𝒅’𝒐𝒙𝒚𝒈𝒆̀𝒏𝒆 𝒂𝒖𝒙 𝒆́𝒒𝒖𝒊𝒑𝒆𝒔 𝒒𝒖𝒊 𝒍𝒆𝒔 𝒂𝒄𝒄𝒐𝒎𝒑𝒂𝒈𝒏𝒆𝒏𝒕.
Mais pour trouver des solutions, il faut d’abord accepter de s’asseoir ensemble.
J’aimerais vous poser une question toute simple : "À quel moment avons-nous décidé que c’était ça, notre Québec?". Un Québec où celles qui prennent soin des autres doivent parfois choisir entre faire le plein d’essence pour se rendre au travail ou remplir leur panier d’épicerie. Un Québec où l’on applaudit le dévouement des travailleuses du communautaire, mais où l’on hésite encore à leur donner les moyens de vivre dignement. Un Québec où des milliers de femmes portent le «care» sur leurs épaules, alors qu’elles-mêmes vivent trop souvent de l’insécurité financière.
Si ce n’est pas ce Québec que nous voulons léguer, alors il faut avoir le courage de changer les choses maintenant.
Je ne crois pas que vous soyez indifférente. Je crois plutôt que vous n’avez peut-être pas encore entendu, sans filtre, ce qui se vit réellement dans nos organismes.
Asseyez-vous avec celles qui ouvrent les banques alimentaires avant le lever du soleil. Avec celles qui répondent aux appels de détresse en pleine nuit. Avec celles qui accueillent des personnes sans domicile, des femmes violentées, des personnes oubliées, des citoyens qui revendiquent leurs droits et des familles qui tentent simplement de survivre.
Écoutez-les.
Vous découvrirez qu’elles ne demandent ni privilège ni reconnaissance personnelle.
𝑬𝒍𝒍𝒆𝒔 𝒅𝒆𝒎𝒂𝒏𝒅𝒆𝒏𝒕 𝒔𝒊𝒎𝒑𝒍𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒍𝒆𝒔 𝒎𝒐𝒚𝒆𝒏𝒔 𝒅𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒊𝒏𝒖𝒆𝒓. 𝑷𝒂𝒓𝒄𝒆 𝒒𝒖’𝒂𝒖 𝒃𝒐𝒖𝒕 𝒅𝒖 𝒄𝒐𝒎𝒑𝒕𝒆, 𝒄𝒆 𝒏’𝒆𝒔𝒕 𝒑𝒂𝒔 𝒍𝒆 𝒎𝒐𝒖𝒗𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝑳𝒆 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒖𝒏𝒂𝒖𝒕𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒂̀ 𝒃𝒐𝒖𝒕𝒕𝒆 𝒒𝒖𝒊 𝒑𝒆𝒓𝒅𝒓𝒂 𝒔𝒊 𝒓𝒊𝒆𝒏 𝒏𝒆 𝒄𝒉𝒂𝒏𝒈𝒆. 𝑪𝒆 𝒔𝒆𝒓𝒐𝒏𝒕 𝒍𝒆𝒔 𝒑𝒆𝒓𝒔𝒐𝒏𝒏𝒆𝒔 𝒒𝒖𝒆 𝒏𝒐𝒖𝒔 𝒂𝒄𝒄𝒐𝒎𝒑𝒂𝒈𝒏𝒐𝒏𝒔.
Celles qui n’ont pas de lobby.
Celles qui n’ont pas de tribune.
Celles qui n’ont souvent plus personne vers qui se tourner.
À l’approche de l’automne et d’une période où les engagements politiques seront nombreux, je souhaite sincèrement que les promesses ne remplacent pas les gestes.
Les travailleuses et les travailleurs du communautaire ne cherchent plus seulement à être rassurés. Ils cherchent à être entendus.
Et surtout, ils cherchent à savoir que le gouvernement du Québec reconnaît enfin leur travail à la hauteur de ce qu’il représente réellement: un pilier essentiel de notre société.
Je continue de croire qu’il est encore possible de choisir le dialogue.
Mais le temps des attentes est derrière nous.
L’urgence, elle, est bien présente.
J’espère sincèrement que vous accepterez de venir la constater avec nous.
Respectueusement,
Caroline Chartier, co-porte-parole de Le communautaire à boutte
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