10/03/2026
Au lendemain de notre publication sur le dernier féminicide, voilà déjà que l’actualité nous rattrape avec un exemple criant de ce que nous ne pouvons plus nous permettre comme société si nous souhaitons réellement enrayer les féminicides.
Voici l’article publié dans La Presse dont il est question : « Un ex-policier séquestre son ex et s’en tire avec la clémence de la cour ».
Catégoriser un épisode de violence conjugale aussi préoccupant comme une « crise situationnelles et ponctuelle », ou encore le comprendre comme un « événement isolé », illustre exactement le genre de lecture qui contribue collectivement à banaliser les risques, en faisant de la détresse psychologique la principale grille d’analyse, alors que la dynamique de violence dans son ensemble devrait pourtant demeurer au premier plan.
La violence conjugale n’est ni une « crise » passagère ni une simple mauvaise passe dont on « perd le contrôle ».
Des gestes de violence aussi sévères que la séquestration, la restriction physique ou l’intimidation ne sont pratiquement jamais les premières manifestations de la violence…Ces gestes ne devraient donc pas être considérées comme des « gestes isolés», puisqu’ils s’inscrivent généralement dans une succession de comportements de contrôle, de coercition et de violence psychologique, souvent beaucoup plus subtiles et moins visibles.
Nous l’avons mentionné hier : la détresse psychologique existe belle et bien, c’est vrai. MAIS JAMAIS elle ne doit servir à excuser ni justifier la violence, ni à occulter la responsabilité de la personne auteure. Elle ne doit pas non plus nous faire perdre de vue la sévérité des gestes posés, les dynamiques de contrôle à l’oeuvre derrière de tels comportements et les risques réels qui peuvent y être associés.
IL FAUT QUE ÇA CESSE!
Et pour que ça cesse, nous devons travailler ENSEMBLE.
Nous invitons dès maintenant les ordres professionnels, les ministères, les établissements et l’ensemble des acteurs des réseaux de la sécurité publique, de la magistrature et de la santé et des services sociaux à poursuivre et à renforcer les efforts de formation et de développement des compétences en matière de violence conjugale, notamment auprès des hommes qui exercent de la violence, afin que les professionnels soient mieux outillés pour repérer les dynamiques de contrôle et de violence, à évaluer les risques en tenant compte des spécificités de la violence conjugale et à intervenir de façon appropriée et concertée.
Nous sommes prêts à mettre notre expertise au service de cet effort collectif. Parce que mieux former les professionnels à reconnaître le « vrai visage » de la violence conjugale et ses spécificités chez les auteurs, c’est contribuer concrètement à une société qui s’engage à mieux protéger les femmes et les enfants.