01/14/2026
Dernière Heure | François Legault démissionne
Électrochoc à Québec. Le premier ministre François Legault ne se représentera pas aux prochaines élections, selon nos informations. Incapable de regagner le cœur des Québécois, le fondateur de la Coalition Avenir Québec laissera sa place à un nouveau chef.
«Beaucoup de Québécois souhaitent un changement de premier ministre. J’annonce que je vais quitter mon poste de premier ministre», a-t-il déclaré, assurant faire ça pour le bien des Québécois.
François Legault a ajouté qu'il a pris cette décision «pour le bien de [son] parti et pour le bien du Québec».
Il annonce qu’il reste en poste le temps de trouver une ou un remplaçant.
Tout au long de son point de presse, le premier ministre démissionnaire a dressé le bilan de ses grandes réalisations depuis l'arrivée de son parti au pouvoir.
Il s'est notamment dit fier de plusieurs de ses réalisations économiques. «Une de mes grandes fiertés, c’est que depuis sept ans, on a réussi à battre l’Ontario et le reste du Canada», a-t-il lancé.
«Être premier ministre du Québec, ça a été le plus grand honneur de ma vie», a-t-il conclu tout en remerciant les Québécois de lui avoir accordé deux mandats majoritaires.
Élu premier ministre en 2018, François Legault est au plus bas point dans les sondages depuis plusieurs mois. Malgré de nombreuses réformes, il n’a pas réussi à inverser la tendance.
Fragilisé par l’usure du pouvoir, François Legault s’était pourtant dit prêt à repartir à la conquête du pouvoir lors des élections générales de 2026, convaincu d’être toujours «l’homme de la situation». Il avait amorcé un virage stratégique, malgré des sondages qui le plaçaient en queue de peloton.
En septembre, M. Legault a joué ses dernières cartes en opérant un virage brusque à droite, tout en s’attaquant aux médecins et aux syndicats. Il promettait de faire le ménage dans la bureaucratie.
L’opinion publique n’a pas suivi. Les récents sondages placent sa formation derrière le PQ, le PLQ et les conservateurs. Elle serait à égalité avec Québec solidaire, en dernière position, à sept mois du scrutin.
Mandat de pandémie
François Legault a créé la CAQ en novembre 2011, trois ans après avoir quitté le Parti Québécois. Il promettait une troisième voie: une coalition de souverainistes et de fédéralistes afin de faire avancer le Québec, à l’abri du débat sur l’indépendance.
Un parti nationaliste promettait de faire des gains face à Ottawa. Pour progresser, la formation a dû fusionner avec l’Action démocratique du Québec.
Il aura toutefois fallu sept ans avant que la CAQ accède au pouvoir.
Le premier ministre avait promis un Québec plus prospère et laïc. Avec la loi 21 sur la laïcité et la loi 96 visant à renforcer la place du français, Legault bénéficiait d’un fort appui populaire. Son premier mandat aura cependant été marqué principalement par la pandémie de COVID-19.
La gestion de la pandémie lui a valu une place de choix dans le cœur des Québécois, grâce à ses appels à la solidarité et ses points de presse quotidiens. Toutefois, la crise a mis en lumière les lacunes du réseau de santé, notamment dans les CHSLD.
Il ambitionnait aussi de faire du Québec la «batterie verte» de l’Amérique du Nord, en lançant la filière batterie et en interdisant la vente de véhicules à essence dès 2035.
Perte de vitesse
En 2022, une vague bleue déferle sur le Québec: fort de 90 sièges sur 125, Legault estime avoir reçu un mandat clair pour obtenir des gains auprès d’Ottawa. Mais les trois années suivantes seront marquées par une série de crises.
Un an après avoir annoncé en grande pompe le projet Northvolt, le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon annonce son départ. L’entreprise suédoise fait faillite, alors que le gouvernement misait gros sur le développement de l’énergie verte et des projets industriels.
Depuis, rien ne semble aller pour le gouvernement. Depuis septembre, sept députés ont quitté la formation, dont les ministres Christian Dubé et Lionel Carmant.