06/11/2026
𝗟𝗲 𝗩𝗲́𝗿𝗶𝗳𝗶𝗰𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿 𝗴𝗲́𝗻𝗲́𝗿𝗮𝗹 𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗹’𝗮𝗹𝗮𝗿𝗺𝗲 : 𝗶𝗹 𝗲𝘀𝘁 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝗱𝗲 𝗺𝗼𝗱𝗲𝗿𝗻𝗶𝘀𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝘀𝗲𝗿𝘃𝗶𝗰𝗲𝘀 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗰𝘀 𝗱’𝗲𝗺𝗽𝗹𝗼𝗶
« Le rapport du Vérificateur général du Québec sorti aujourd’hui sur les services publics d’emploi est un avertissement sérieux.
Alors que près d’un milliard de dollars sont investis annuellement dans les services publics d’emploi, le Vérificateur général met en lumière un décalage préoccupant entre les besoins croissants des personnes éloignées du marché du travail et les outils dont dispose actuellement l'État pour mesurer, financer et soutenir adéquatement leur parcours vers l'emploi.
Plus préoccupant encore : le Vérificateur général conclut que le gouvernement ne dispose pas des informations nécessaires pour savoir s’il rejoint réellement les personnes éloignées du marché du travail, s’il les mobilise et s’il les accompagne efficacement vers l’emploi durable.
Au RCJEQ, nous avons documenté que plus de 25 000 jeunes n'ont pas eu accès aux services publics d’emploi au cours des deux dernières années en raison de critères administratifs devenus trop restrictifs. Pendant ce temps, le chômage des jeunes augmente, les parcours se complexifient et les besoins d’accompagnement s’intensifient.
Nous avons également démontré que les organismes passent désormais près de 30 % de leur temps dans la bureaucratie, la reddition de comptes et les procédures administratives plutôt qu’auprès des jeunes et des employeurs.
Le véritable enjeu n’est pas le manque d’expertise sur le terrain. Le véritable enjeu est notre capacité collective à faire confiance aux organisations qui accompagnent déjà les personnes les plus éloignées du marché du travail dans toutes les régions du Québec.
Un récent rapport indépendant de KPMG arrive d’ailleurs à une conclusion sans équivoque : les carrefours jeunesse-emploi figurent parmi les investissements publics les plus rentables. Le rapport estime que le Québec pourrait générer jusqu’à 14 milliards de dollars de revenus supplémentaires en mobilisant davantage les jeunes décrocheurs, les jeunes en situation de sous-emploi et les jeunes prestataires de l’aide sociale.
Les recommandations sont claires :
● S’appuyer davantage sur le réseau des CJE comme infrastructure de proximité;
● Opérer un véritable choc de simplification administrative;
● Offrir un financement stable, souple, prévisible, indexé et pérenne;
● Garantir un accueil universel pour tous les jeunes, peu importe leur situation administrative.
Le Québec fait aujourd’hui face à un choix. Continuer à gérer la rareté en multipliant les contrôles, les formulaires et les barrières administratives. Ou faire confiance aux organisations qui démontrent chaque jour leur capacité à transformer des parcours de vie et à contribuer à la prospérité collective.
Le rapport du VGQ ne nous dit pas qu’il faut moins accompagner.
Il nous rappelle qu’il faut mieux accompagner. Et pour y arriver, il faudra moins de bureaucratie, plus d’agilité et davantage de confiance envers l’expertise terrain. Le statu quo n’est plus une option. » - Rudy Humbert, PDG du RCJEQ