08/31/2025
LE BILLET DU CENTRE, 31 août
Bonjour à vous les ami(e)s ! J’espère que vous allez bien, aujourd’hui ? En cette journée ensoleillée : oui, c’est septembre demain, et bien des changements à l’horizon, car ce matin madame A, assistée de madame R, m’ont « sorti du lit » dès 7 h 37. Et je suis allé à la salle à manger : nous n’étions que trois résidant(e)s arrivé(e)s et comme c’est devenu coutume, notre table était trois pouces trop basse. Heureusement, madame A a répondu à ma demande lorsqu’elle revenue avec une autre résidante placée à la table derrière moi : en 30 secondes, avec la manivelle située sous ma table, elle l’a monté de trois pouces, à la marque noire sur la colonne contre laquelle elle s’appuie, marque que monsieur H et moi avions « tracé » avec mon crayon. Au cours du déjeuner, on s’est bien amusés à taquiner l’infirmière qui lui « ordonne », sourire en coin, d’avaler les quelque 14 pilules que mon compagnon doit prendre pour ne pas souffrir comme un beau diable dans l’eau bénie; il retourne à l’hôpital demain pour se faire nettoyer la plaie vive qui orne le côté droit de son appendice nasal. Madame K aussi est de bonne humeur même si elle sait qu’elle ne revoit son médecin que début octobre.
Ceci dit, je vous raconterai un peu ce que ma préposée a fait pour moi : avant les traditionnelles vacances de juillet 2024, madame A, me demande si je souhaite postuler à un siège sur le « Comité des résidant(e)s ». Madame A est d’origine malienne et affiche toujours un large sourire à ma vue. Elle sait que j’ai toute ma tête et elle apprécie mon goût pour la conversation ainsi que ma curiosité. Ce comité, me dit-elle, se réunit quatre fois l’an pour faire part de notre opinion à la direction du Centre à propos des services. Elle se fait fort de recommander ma candidature puisqu’elle y siège à titre de représentante des préposé(e)s. Une dame de la direction vient alors me voir et je signe le formulaire de candidatures. Deux jours après, madame B, la responsable de l’animation, passe me voir pour m’inviter à la prochaine réunion ! Ça y est, j’y suis, je vais avoir voix au chapitre. Vous me connaissez : je n’ai pas la langue dans ma poche. Quand quelque chose cloche, je sonne. Quand de bons coups sont réalisés, je le souligne. J’aime bien soupeser chacune de mes interventions, faire preuve de retenue, voyez-vous ? Ainsi, je ne passe pas pour l’empêcheur de tourner en ronds. Malheureusement, j’ai du manquer la première rencontre car elle coïncidait avec une réunion de « Logis des aulniers », ce projet d’immeuble de logements adaptés pour les malchanceux de la vie : les « poqués » comme moi qui ont choppé une maladie dégénérative, SP, Parkinson, Alzeihmer, et consorts. À raison de cinq ou six réunions par année, et beaucoup de démarches entre chacune d’elles, nous travaillons à rendre notre société plus juste et emphatique…
À la deuxième rencontre du Comité des résidant(e)s, j’ai surtout écouté, curieux de connaître l’opinion des autres et l’humeur général; je n’y ai fais que deux interventions, mais bien choisies, ce qui m’a valu l’adhésion unanime des autres membres; et la visite de madame B le lendemain, me félicitant ! Pour terminer ce long détour, je vous en sers une bien bonne, piquée sur Face-de-bouc : « Si vous êtes incinéré(e) à votre mort, choisissez un sablier plutôt qu’une urne, ainsi vous pourrez continuer à jouer à des jeux de société avec celles et ceux qui vous sont proches » (Pierre Hugues José).
Sur cette note amusante, je vous salues les ami(e)s : passez une excellente fin de journée et une belle soirée. J’espère que la saison des aurores boréales n’est pas encore terminée. À demain !
Richard