03/16/2026
Pour répondre à la diversité des besoins des locataires de se loger décemment à l’extérieur du marché privé de plus en plus cher, les coopératives d’habitation sont essentielles. C’est pour augmenter leur nombre tout comme celui de logements publics, particulièrement, HLM et de logement OSBL que nous demandons de doubler le nombre de logements sociaux d’ici 15 ans.
🔖À lire, une texte signé par le directeur de la Fédération de l'habitation coopérative du Québec dans Le Devoir du jour. Le FRAPRU aussi demande le retrait intégral du projet de loi 20. Un projet de loi mal ficelé, dont les conséquences négatives seront difficilement gérables à plusieurs égards.
«Le contexte socioéconomique actuel, s’il est inquiétant, accélère l’appauvrissement des ménages québécois. Pour en ajouter une couche, le tout se déroule au moment où nous vivons une crise de l’abordabilité sans précédent. Ainsi, non seulement tout coûte plus cher, mais nos capacités d’assurer notre sécurité ont fondu aussi vite que la neige ces derniers jours.
Parmi les victimes les plus touchées par cette hausse marquée du coût de la vie : les femmes. Malgré tous les efforts de notre société, et sans nécessairement crier à l’échec, on peut certainement constater que nous sommes encore loin de l’objectif.(…)
Fort heureusement, il existe des solutions qui ont fait leurs preuves, et l’une d’elles est les coopératives d’habitation. Au Québec, il en existe près de 1300, où logent quelque 30 000 ménages coopératifs. Et parmi elles, des femmes. Beaucoup de femmes. Des femmes, compétentes, fortes et bienveillantes. Des femmes qui font changer les choses dans leur communauté. Qui donnent du temps sans compter.
Un sondage mené en 2022 auprès de 1200 membres de coopératives du Québec a révélé que 66 % d’entre eux étaient des femmes. La moitié vivent seules, le tiers sont des retraitées et 20 % sont des familles monoparentales.(…)
Les coopératives d’habitation sont pour elles un lieu refuge qui assure leur sécurité, financière bien entendu, mais aussi sociale, puisque ces milieux de vie sont des lieux de résilience, d’entraide et de collaboration. Par ailleurs, les coopératives s’adaptent à leurs membres et certaines ont mis sur pied un CPE pour faciliter l’accès au marché du travail.(…)
En somme, les coopératives renforcent leur point d’ancrage de ses membres par un accès à un logement à coût raisonnable et l’accès à un réseau d’entraide.
👉🏽Dans le contexte actuel, il est frappant de constater que le gouvernement du Québec n’a pas plus d’appétit pour développer des coopératives d’habitation. Dans les officines du pouvoir, on dit qu’on n’a pas les moyens d’en faire plus. Moi, je dis qu’on n’a pas les moyens de ne rien faire.
Pire que de ne rien faire, le gouvernement vise maintenant à nuire aux coopératives d’habitation. En effet, le 11 février, la ministre responsable de l’Habitation, Caroline Proulx, annonçait le projet de loi 20 visant à « favoriser l’accès au logement ». Or, ce dernier n’atteindra pas sa cible. En effet, le problème n’est pas dans les coopératives, mais à l’extérieur. Nous avons besoin que le gouvernement s’engage à amplifier les investissements pour la création de logements sociaux et abordables afin de répondre aux besoins de la population et de lui permettre de sortir du cercle vicieux de la spéculation.
En lieu et place, le gouvernement semble vouloir trouver un bouc émissaire pour porter la responsabilité du manque de logements réellement abordables en s’attaquant aux ménages qui auraient, selon eux, un salaire trop élevé. L’objectif : les inciter à quitter la coopérative. Mais pour aller où ? Retourner sur le marché spéculatif et s’appauvrir davantage ?
Mettons les choses au clair : il n’y a personne de riche qui vit en coopérative. En réalité, si certains membres de coopérative ont un salaire plus élevé, c’est que leurs conditions de vie ont évolué, se sont améliorées. Dans une société comme la nôtre, cela devrait être une bonne nouvelle. Ces femmes évoquées plus haut sont retournées aux études, ont reçu un soutien de leur milieu de vie, ont eu une promotion. Et elles le rendent à leur coopérative en apportant leur expérience, leurs connaissances et leur expertise. Elles sont attachées à leur coop.
🦈 Priver les coopératives de ces femmes, de ces membres, c’est affaiblir les coopératives (et le Québec). Priver ces femmes, et ces membres, de coopératives, c’est les forcer à sauter du tremplin dans des eaux tumultueuses remplies de requins.»