10/30/2026
Éléonore Charron et les Sœurs de Sainte-Marthe de Saint-Hyacinthe
✏ Une texte de Martin Ostiguy d'après les recherches de Joëlle Thérien
En 1811, le Séminaire de Saint-Hyacinthe est fondé par l’abbé Antoine Girouard, curé de Saint-Hyacinthe de 1805 à 1832. Dès la fondation du collège, on engage du personnel pour veiller à l’entretien de la bâtisse de même qu’au bien-être du personnel enseignant et des étudiants. Dans le dernier tiers du XIXe siècle, les autorités font face à un problème. La croissance rapide de la population étudiante fait en sorte que l’on doive engager de plus en plus de laïcs pour veiller au bon fonctionnement de l’institution. Or, il est difficile de trouver du personnel d’entretien stable.
Le supérieur de l’époque, le chanoine Rémi Ouellette, propose à Monseigneur Louis-Zéphirin Moreau, l’évêque du diocèse, l’idée de fonder une communauté religieuse féminine vouée à « la tenue des ménages, de la cuisine, des lavages, de la couture, du raccommodage; enfin de tout ce qui constitue les travaux intérieurs et matériels de cette maison ». En 1883, Monseigneur Moreau fait alors appel à Éléonore Charron (1826-1912) pour fonder l’Institut des Sœurs de Sainte-Marthe-de-Saint-Hyacinthe.
Éléonore Charron a 57 ans lorsqu’elle fonde l’Institut. Depuis 1858, elle travaille au service de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe, d’abord aux cuisines, puis au soin des malades et des handicapés. On donne à l’institut le nom de Sainte-Marthe en l’honneur de l’hôtesse de Jésus. L’érection canonique de l’institut a lieu en 1893. Le mandement de l’évêque spécifie alors que les religieuses ne sont rattachées qu’au Séminaire de Saint-Hyacinthe.
Quelques années après le décès de la fondatrice, la communauté sent le besoin d’élargir son champ d’action, ce qui ne se fera pas si facilement. En 1919, après quelques écueils, les Sœurs de Sainte-Marthe reçoivent finalement l’autorisation du Vatican d’acquérir, de posséder et d’administrer des biens. Elles ont également la permission d’œuvrer à l’évêché de même que dans d’autres paroisses ou institutions. On modifie ainsi leur charte : « La fin secondaire de l’Institut est de servir Notre-Seigneur dans la personne de ses ministres et de ses pauvres en se chargeant des travaux domestiques dans les Collèges, Séminaires, patronages, maison ecclésiastiques et religieuses. »
En 1927, les Sœurs de Sainte-Marthe font construire leur maison-mère au village de Saint-Joseph-sur-Yamaska. Une partie de la communauté demeure toutefois en permanence au Séminaire, poursuivant leurs tâches domestiques. Aujourd’hui, en 2026, la plupart des religieuses habitent aux Jardins d’Aurélie, une maison de retraite réservée aux religieuses de toutes communautés.
Sources :
Joëlle Thérien, Éléonore Charron et les Soeurs de Sainte-Marthe de Saint-Hyacinthe, Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe. En ligne :https://histoiredemaska.com/wp-content/uploads/2026/10/version-finale.pdf (Page consultée le 15 octobre 2026)
Photo : Soeurs de Sainte-Marthe à la buanderie du Séminaire de Saint-Hyacinthe, 1928. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Fonds CH001 Séminaire de Saint-Hyacinthe