05/15/2026
Avec un taux de diagnostic plus de trois fois supérieur à la moyenne nationale, la Saskatchewan fait face à une crise du VIH, mais la province ne dit pas si elle suivra l'exemple du Manitoba voisin qui a décrété l'état d'urgence.
La semaine dernière, le médecin hygiéniste en chef du Manitoba a décrété l'état d'urgence, au moment où la province signalait 19,5 nouveaux cas de VIH pour 100 000 habitants, le taux le plus élevé au pays. Cette mesure permet au gouvernement du Manitoba d'intensifier le dépistage et de sensibiliser le public à la gravité de la situation.
Malgré un taux similaire de nouveaux cas de VIH, soit 18,6 pour 100 000 habitants, le gouvernement de la Saskatchewan n'a pas répondu directement à la question de l'urgence. Un porte-parole du ministère de la Santé a déclaré que le gouvernement de la Saskatchewan est déterminé à s'attaquer à la hausse des taux de VIH.
Selon la déclaration, un financement annuel de 7,4 millions de dollars permettra de soutenir les services liés au VIH, incluant la distribution gratuite de trousses d'autodépistage. Par ailleurs, un investissement supplémentaire de 1,18 million de dollars est prévu cette année pour permettre de détecter de façon précoce et de réduire la transmission des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), dont le VIH.
Le gouvernement a également mis en avant son plan d'action pluriannuel contre les ITSS, structuré autour de quatre piliers : la prévention, le dépistage, l'initiation du traitement et des soins, et le soutien continu.
L'opposition demande une action concertée
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) de la Saskatchewan souhaite former un comité bipartite avec les députés du gouvernement pour étudier l'ampleur du problème du VIH.
Le VIH est une maladie qui ne devrait pas se propager dans cette province, mais pendant très longtemps, nous avons eu le taux d'infections le plus élevé au pays. Cela doit changer, affirme Jared Clarke, porte-parole du NPD pour la santé en régions rurales et éloignées.
Jared Clarke n’a toutefois pas exigé la déclaration d'une urgence sanitaire, invoquant la nécessité d'examiner les chiffres de près et d'éviter toute action qui pourrait engendrer la stigmatisation des personnes séropositives.
La stigmatisation reste un enjeu...
Darryl Jordan, intervenant pour le réseau Persons Living With AIDS Network of Saskatchewan (Réseau des personnes vivant avec le sida de la Saskatchewan), estime que la diminution des cas officiels n’est pas due à la réduction des infections, mais plutôt au fait que les gens ne signalent pas les cas. "Les gens ont peur d'y aller parce qu'il y a une telle stigmatisation derrière la maladie elle-même et la consommation de drogues."
La directrice générale du réseau, Christine Daniels, a déclaré que le nombre de ses membres séropositifs a augmenté en 2025 malgré la diminution des cas en Saskatchewan en 2024, évoquant le manque de financement pour la réduction des méfaits et l'approvisionnement en matériel de consommation sécuritaire.
La crise du VIH en Saskatchewan et au Manitoba n'est pas seulement un problème de santé. C'est un problème de dépendance, de logement, de pauvreté et de santé mentale, rappelle-t-elle.
Christine Daniels a ajouté que la province peut freiner les taux de VIH en réinvestissant dans les fournitures de réduction des méfaits sécuritaires, en continuant d'investir dans les tests rapides et en facilitant l'accès au signalement du virus.
Selon les dernières données de l'Agence de la santé publique du Canada, le taux à travers le pays est de 5,5 nouveaux cas de VIH pour 100 000 habitants. La Saskatchewan a été en tête du pays pour les taux de nouveaux cas en 2023, 2022, 2021 et 2020.
Avec un taux de diagnostic plus du VIH de 3 fois supérieur à la moyenne nationale, la Saskatchewan ne dit pas si elle décrétera l'état d'urgenc