06/19/2026
Des nouvelles sur l'état de la population des bélugas de l'estuaire du Saint-Laurent...
"... les experts constatent que des individus et des groupes de bélugas sont de plus en plus présents dans des régions de l’estuaire et même du golfe du Saint-Laurent où ils étaient moins présents auparavant, voire absents, par exemple en période estivale...."
C'est pour cette raison que chaque observation de bélugas compte et que vous pouvez contribuer à la science citoyenne en rapportant vos observations de mammifères marins sur Vigie marine.
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Ci-dessous, un texte d'Alexandre Sheild publié dans le journal Le Devoir pour en savoir davantage.
Un total de 19 bélugas ont été trouvés morts en 2025 sur les rives du Saint-Laurent, mais, contrairement aux années passées, les scientifiques n’ont pas recensé de femelles décédées au moment de donner naissance. Le suivi de l’espèce soulève par ailleurs de plus en plus de questions sur les changements qui s’opèrent dans les secteurs du Saint-Laurent fréquentés par les bélugas. Selon les données publiées par le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM), le nombre de bélugas trouvés morts l’an dernier s’inscrit dans la moyenne des dernières années. En 2025, 10 femelles, 8 mâles et un individu impossible à classifier ont été recensés.
Contrairement à ce que les scientifiques constataient chaque année depuis maintenant plus de 10 ans, aucun cas de dystocie — décès provoqué par des complications lors de la mise bas — n’a été répertorié dans le cadre des nécropsies des bélugas, transportés à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, à Saint-Hyacinthe, qui visaient à déterminer les causes de la mort de l’animal. Qui plus est, les experts constatent que des individus et des groupes de bélugas sont de plus en plus présents dans des régions de l’estuaire et même du golfe du Saint-Laurent où ils étaient moins présents auparavant, voire absents, par exemple en période estivale.
L’été dernier, un groupe estimé à plus d’une centaine de bêtes a passé une bonne partie de la saison au large de la pointe de la Gaspésie, soit en dehors de leur habitat estival, qui est principalement au cœur du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.
Est-ce que les bélugas modifient leur utilisation du Saint-Laurent dans un contexte de bouleversements climatiques et de changements dans cet écosystème, notamment en ce qui a trait à la disponibilité des proies ? « Les signes se multiplient », résume Robert Michaud. « Il sera important de suivre ces phénomènes. Il est clair que l’estuaire et le golfe changent de façon importante. »
Spécialiste de l’espèce depuis plus de 40 ans, M. Michaud estime que les changements dans les secteurs fréquentés par les bélugas « risquent de complexifier notre travail de conservation de l’espèce. Et ça illustre bien nos défis face au climat qui change ».
Dans le parc marin, il est interdit d’approcher les bélugas à moins de 400 mètres de distance. Or, dans le golfe du Saint-Laurent, cette distance est réduite à 100 mètres. « C’est insuffisant », souligne Robert Michaud. Ce dernier appelle donc à la prise en compte du besoin de protéger les bélugas où qu’ils se trouvent dans le Saint-Laurent. « Il est important de leur laisser de l’espace pour assurer leur protection », résume-t-il.
En plus du dérangement et de la pollution sonore dans leur habitat, les bélugas sont en effet exposés à plusieurs menaces, dont la pollution, les conséquences de la crise climatique et les bouleversements dans leur régime alimentaire. Des projets industriels, comme celui de Marinvest Energy, provoqueraient aussi une augmentation du trafic commercial dans leur habitat. Dans ce contexte, malgré le fait que l’espèce est protégée depuis des décennies, elle ne montre aucun signe de rétablissement.