05/29/2026
Hier, le maire de Québec a soutenu que la Table citoyenne Littoral Est a mené des « attaques personnelles » et des « insinuations » envers la PDG du Port de Québec, Olga Farman, en réponse à une lettre que nous avons envoyé à l’Agence d'évaluation d'impact du Canada (AEIC).
Comme nous l’avons mentionné dans les médias, nous nions évidemment avoir agi ainsi et nous tenons à vous exposer en détail ce dont il est question.
C’est pourquoi, nous partageons avec vous l’extrait de la lettre en question. Nous vous invitons à la lire et à juger par vous-même.
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LETTRE ENVOYÉE À: Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC)
OBJET : Considération éthique et impartialité dans l’évaluation environnementale du projet de terminal de conteneurs QSL
Madame Collin,
Monsieur Hubbard,
[…]
Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous informer d’éléments nouvellement portés à notre attention qui méritent, selon nous, d’être inclus dans votre analyse :
En février 2024, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) et iCON Infrastructure sont devenues actionnaires de QSL, un acteur majeur de l'arrimage et de la logistique portuaire basé à Québec;
Le cabinet d'avocats mondial Norton Rose Fulbright a agi à titre de conseiller juridique pour son client, la CDPQ dans le cadre de cette transaction ; Me Farman, avocate spécialisée en droit des sociétés, était auparavant associée directrice du bureau de Québec chez Norton Rose Fulbright, un cabinet d'avocats international qu'elle a rejoint en 2013;
Celle-ci était présidente du conseil d’administration du Port de Québec depuis juin 2024. Elle était membre du conseil depuis 2020. Elle est devenue PDG du Port en janvier 2025;
Enfin, la nouvelle PDG du Port de Québec, qui siège depuis 2022 au conseil d’administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui, depuis 2024, est devenue l’un des actionnaires principaux de QSL.
Dans une telle situation, préoccupante d’un point de vue citoyen, par une telle concentration du pouvoir économique, comment gérer l’intérêt public, l’impartialité et concilier l’équilibre entre l'économie, le social, l’environnement et la santé des populations ?
Selon nous, la grande proximité du Port de Québec, de la CDPQ et du promoteur QSL est troublante. Les nombreux rôles et pouvoirs économiques, actuels et passés, de cette dirigeante place aussi madame Farman dans une situation particulière en termes de concentration de pouvoirs. Lors d’une évaluation d’impacts, quels intérêts privilégiera-t-elle? Pourrait-il y avoir conflit d’intérêts ? Les enjeux négatifs de camionnage, de qualité de l’air et de santé humaine pourront-ils être considérés comme importants pour faire les bons choix stratégiques ? Nous nous interrogeons sérieusement.
Selon votre organisation, une évaluation d’impact permet d’appuyer le développement durable, de protéger l’environnement et de faire respecter les droits des peuples autochtones, en privilégiant la collaboration et la participation significative, en toute transparence. Elle vise aussi à évaluer les effets positifs et négatifs des projets sur les plans environnemental, social, économique et de la santé, en privilégiant la collaboration.
Ces éléments s’ajoutent aux autres préoccupations concernant l’impartialité du Port de Québec déjà portées à votre attention, notamment par la posture passée et actuelle du Port de Québec faisant la promotion d’un terminal de conteneurs dans le secteur de la baie de Beauport dans le contexte où le Directeur de santé publique recommande d’accélérer l'assainissement de l’air dans nos quartiers et de réduire le volume de circulation routière.
Nous vous prions donc de considérer ces nouveaux faits dans votre analyse, en recommandant positivement une prise en charge de l’évaluation d’impacts par votre organisation, l’AEIC.
En vous remerciant sincèrement pour votre temps, nous vous prions de recevoir, Madame Collin, Monsieur Hubbard, nos plus cordiales salutations.