09/04/2026
Qu’en est-il de la muraille de tours de « condo$ locatif$ »qui est en train de se construire autour de la vieille ville?
Troisième lien : l’UNESCO ignorait tout du projet, un nouveau coup dur pour le dossier
C’est une omission pour le moins surprenante : le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO n’a reçu aucun avis officiel concernant les impacts patrimoniaux de la nouvelle mouture du troisième lien.
Pourtant, l’enjeu est de taille. Inscrit sur la liste du patrimoine mondial depuis 1985, le Vieux-Québec doit sa désignation à son riche patrimoine bâti, mais aussi à ses perspectives paysagères uniques offertes depuis le cap Diamant sur le fleuve Saint-Laurent et l’île d’Orléans. L’organisme international le rappelle aujourd’hui : ce panorama historique fait partie intégrante de la « valeur universelle exceptionnelle » du site.
Cette mise au point résonne comme un sérieux avertissement. Elle valide les inquiétudes soulevées depuis des années quant à la difficulté d’implanter une infrastructure d’envergure dans le paysage de Québec sans perturber son équilibre historique.
Rappelons que le pont projeté à l’est aurait des proportions monumentales. Pour laisser passer les navires, son tablier devrait culminer à environ 74 mètres de hauteur — surpassant ainsi le célèbre Golden Gate — et sa portée en ferait un ouvrage hors norme.
L’UNESCO ne traite toutefois pas ces dossiers sous le seul angle esthétique. L’histoire récente démontre que l’organisation n’hésite pas à sévir face à des interventions majeures. La vallée de l’Elbe, à Dresde en Allemagne, a ainsi perdu son statut en 2009 en raison de la construction du pont de Waldschlösschen. Même sanction pour le secteur portuaire de Liverpool en 2021, balayé par les transformations urbaines. Des précédents bien réels.
Tout ça, c'est aussi excluant l'Île D'Orléans, qui est aussi protégée par des lois patrimoniales
Certes, un tel scénario ne se produirait pas automatiquement pour Québec. Mais la sonnette d’alarme a le mérite de clarifier une chose : le risque patrimonial ne peut plus être éludé. D’autant que l’UNESCO exige désormais des comptes et demande à être officiellement informée des répercussions du projet.
Coûts faramineux, utilité réelle, contraintes techniques, bilan environnemental et versions multiples : le troisième lien accumule les embûches. À force de vouloir à tout prix imposer un tel mastodonte, la question finit par s’imposer d’elle-même : le territoire de Québec est-il seulement taillé pour l’accueillir ?
Le patrimoine mondial n’est pas un simple obstacle bureaucratique à contourner, mais bien un bien commun qu’il incombe de préserver.