07/02/2026
ANTI-CHOIX... POUR LES HOMMES. Le journal La Presse rapporte qu'un homme poursuit un centre de fertilité. Il allègue que la clinique ne s’est pas assurée de son consentement avant d’implanter l’embryon que lui et son ex-épouse avaient fait congeler lorsqu'ils étaient en couple. La signature de l'homme aurait été falsifiée par son exconjointe sur le formulaire de consentement de la clinique. Il devient donc père contre son gré. En effet, « même si l’homme n’a pas consenti au transfert d’embryon, sa filiation demeure » et il « ne
pourra pas s’en soustraire. Il aura en effet les responsabilités et obligations qui en découlent, dont l’obligation alimentaire ».
Cela illustre la posture anti-choix du droit québécois. C'est une injustice sexiste qu'il faut nommer. La parentalité imposée a des conséquences graves pour les hommes et l'article le décrit bien : détresse psychologique, colère, perte du contrôle de décisions fondamentales concernant leur vie, leur futur et leur choix d'avoir ou non un (autre) enfant. On instrumentalise leur corps et leur force de travail. On utilise leur sperme à des fins non-consenties, et ils devront assumer de la garde partagée, des frais ou des pensions alimentaires à même leur salaire.
AutonHommie reçoit chaque années des hommes qu'on a forcé à devenir pères sans leur consentement (dans des situations autres que mentionnées dans La Presse). C'est pourquoi nous profitons de cet article pour aborder le sujet délicat. En général, les hommes ont à coeur de prendre soin de l'enfant, mais ils sont bouleversés, amers, tristes ou en colère. Toutes ces émotions sont valides.
LA SOLUTION? Offrir aux hommes un droit de retrait à la filiation. Si un tel droit existait, les hommes comme celui mentionné dans l'article pourrait obtenir le statut d'un « donneur de sperme » seulement, et ne pas avoir de droits ni obligations en lien avec l'enfant à naître ou la mère.
ATTENTION! Certaines personnes pourraient spontanément arguer que le père « avait juste à y penser avant »; ce genre d’argument appartient à la rhétorique anti-choix (« pro-vie »), que ne soutient pas AutonHommie puisqu’elle manque d’empathie et empêche l’autodétermination des hommes en lien avec leur parentalité. De la même manière, faire allusion aux conséquences sur l’enfant à naitre ou sur la mère à la suite d’un retrait de paternité n’est pas équitable puisque, dans la perspective pro-choix, on ne pose pas cette question lorsqu’une femme souhaite interrompre sa grossesse : les conséquences sur le fœtus et le père n’entrent pas en ligne de compte. Et c'est tant mieux pour le droit des femmes à l'autodétermination! Les hommes devraient obtenir un privilège similaire, tout simplement.
En bref, il faudrait que tous les adultes puissent consentir à leur parentalité, sans distinction de genre ou de sexe. En espérant que la société québécoise et nos élu.es se pencheront sur cette question plus tôt que t**d. 🤞