06/04/2026
Un campement qui réapparaît continuellement malgré les démantèlements répétés nous oblige à poser une question essentielle : quelles sont les alternatives réelles actuellement offertes aux personnes en situation d'itinérance qui y survivent?
Dans un contexte où les refuges débordent et où l’accès au logement demeure extrêmement limité, déplacer des personnes d’un endroit à un autre ne fait pas disparaître la crise. Cela déplace surtout la détresse, l’instabilité et les risques.
Les enjeux de cohabitation vécus dans Saint-Roch sont bien réels et méritent d’être pris au sérieux. Mais les réponses mises en place doivent elles aussi être à la hauteur de la réalité humaine vécue sur le terrain.
Une réflexion collective s’impose sur la manière de protéger à la fois la sécurité, la dignité et les droits fondamentaux des personnes qui habitent, fréquentent ou survivent dans l’espace public.
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Quebec
Stéphanie Martin
Jeudi, 28 mai 2026 00:00
Un campement perdure au parc Jean-Paul-L’Allier depuis des semaines et est très visible dans Saint-Roch malgré la politique zéro campement de l’administration Marchand.
Au petit matin, plusieurs personnes en situation d’itinérance rangent matelas et sacs de couchage sur le parvis de la place publique près du parc Jean-Paul-L’Allier, dans Saint-Roch, a constaté Le Journal.
Le campement de fortune, où s’accumulent des objets de toutes sortes, existe depuis plusieurs semaines. Il est démantelé régulièrement, parfois sous supervision policière. Mais il réapparaît constamment, indiquent plusieurs témoins au Journal.
La Ville de Québec est pourtant claire à ce sujet : c’est tolérance zéro pour les campements, et un règlement municipal les proscrit.
« On les démonte, les campements. À Québec, il n’y en a pas. Ce n’est pas toléré », a récemment répété le maire Bruno Marchand, qui expliquait qu’il pouvait y avoir quelques jours de délai après le signalement.
Au quotidien
Au conseil de quartier Saint-Roch, le président Thomas Brady explique que le conseil ne fonctionne plus de son côté par signalements, et parle d’une « situation qu’on vit au quotidien » et « intrinsèque » dans Saint-Roch.
« On collabore maintenant de manière très rapprochée avec l’équipe MULTI et la Ville de Québec avec le plan Saint-Roch 2030. On n’est plus à faire des demandes spécifiques comme par le passé. »
Cette équipe MULTI effectue des patrouilles à pied en assurant une présence soutenue et adaptée auprès d’une clientèle plus vulnérable.
À la Société de développement commercial de Saint-Roch, qui a pignon sur rue juste devant le parc, la directrice, Catherine Pelletier, affirme que le campement, «on le remarque beaucoup».
« La Ville a sa politique zéro campement. On fait des appels. Les campements sont démantelés souvent la journée même. C’est un enjeu délicat. Ce sont des humains qui n’ont pas de toit. On préfère qu’ils soient dans un endroit sécuritaire. Oui, c’est un enjeu qui a été nommé par certains membres. »
Mercredi, le maire Marchand a réagi par déclaration écrite. Les espaces publics « doivent rester accueillants et sécuritaires, pour tout le monde, dit-il. Je m’attends à ce que le SPVQ resserre la vis lorsque l’utilisation de ces espaces cède la place à des activités incompatibles avec une cohabitation saine ».
Enjeu délicat
Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) explique que son rôle est celui de « partenaire » dans les situations où on doit démanteler un campement. « C’est toujours délicat, soutient la porte-parole Laurence Godbout. On assiste la Ville. Avant, il y a toujours une intervention humaine à faire pour référer les gens aux ressources, s’assurer que la personne est correcte. On fait ça de concert avec les intervenants psychosociaux. »
La SDC poursuit de son côté ses efforts pour animer le quartier dans le contexte difficile qui a été amplifié par la pandémie. Elle tiendra d’ailleurs une première édition d’un marché urbain, L’Émergent, qui vise à revitaliser les vitrines des locaux vacants, du 11 au 14 juin.
Campement ?
Pour le SVPQ, il n’est pas obligatoire de constater la présence de tentes ou de cabanes pour considérer qu’un site est un campement. La présence de bâches, de sacs de couchage, de matelas et d’autres objets répond à la définition d’un campement, indique la porte-parole.