02/11/2026
..."Le projet pilote, baptisé AutSecours, permettra aux familles qui le souhaitent de partager leur adresse de résidence, les spécificités liées à l'état de la personne qui vit avec le TSA, ainsi que les méthodes" ...d'intervention à privilégier.
Anne Marie Lecomte
Publié à 15 h 52 HNE
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Des adolescents aussi jeunes que 12 ou 13 ans sont impliqués dans des actes de violence armée et d'autres crimes à Montréal, un phénomène qui inquiète son service de police, qui a notamment mis sur pied une équipe intervenant auprès des familles.
Procéder à l'arrestation d'un jeune de 14 ans, c'est pas l'fun, a témoigné le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Fady Dagher. Nous ne sommes jamais heureux de ça. Tout de même, il faut le faire, parce que c'est un crime.
La diminution de l'âge des jeunes qui se retrouvent impliqués dans la criminalité est l'un des enjeux qu'ont présentés plusieurs hauts gradés du SPVM mardi, lors d'une conférence de presse faisant le bilan des actions du service de police au cours de la dernière année.
Pas plus t**d qu'il y a quatre ou cinq ans, c'étaient des jeunes de 16 ou 17 ans qui passaient à l'action, comme l'a décrit David Bertrand, responsable de la Direction des services spécialisés au SPVM.
Or, non seulement s'agit-il désormais de tout jeunes adolescents, mais certains d'entre eux vont jusqu'à servir de commanditaires intermédiaires. Autrement dit, ils transmettent à un tiers une commande qu'ils ont reçue.
Et ils commettent parfois leur méfait derrière un écran d'ordinateur, a souligné M. Bertrand.
Sur le terrain, dans des situations de violence exercée à l'encontre de commerçants, par exemple, on a vu des jeunes se blesser gravement, se brûler et rester marqués pour le restant de leur vie, a-t-il expliqué.
Ces jeunes se retrouvent pris dans un engrenage et n'ont pas conscience des conséquences qui viennent au bout. Ils entretiennent la pensée magique qu'ils vont faire de l'argent, mais souvent, l'argent n'est pas au rendez-vous.
Pour les parents qui ignoraient tout de ce qui se tramait, c'est un drame, dit Fady Dagher.
À l'équipe qui procède à l'arrestation du jeune succède une autre, qui intervient auprès de la famille. Nous regardons les frères et les sœurs de l'adolescent arrêté, dit le directeur du SPVM, et leur fournissons de l'aide afin qu'ils ne suivent pas sa trace.
Cette approche, mise sur pied il y a deux ans, fonctionne extrêmement bien, a assuré Fady Dagher.
Au-delà du processus judiciaire, le jeune contrevenant doit aussi être accompagné, insiste le chef de police, pour qui un jeune n'est pas un criminel 24 heures sur 24, il n'est pas né criminel.
Au début du mois, le Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL) avait annoncé une série de mesures pour contrer la hausse préoccupante de la criminalité et de la violence chez les mineurs.
Entre 2021 et 2025, sur le territoire du SPAL, le nombre de mineurs impliqués dans des actes violents a bondi de 42 % par rapport aux années prépandémiques.
L'itinérance, un fléau incroyable
L'itinérance et la santé mentale représentent un autre des grands défis du SPVM. C'est un fléau incroyable, a reconnu Fady Dagher, qui va jusqu'à parler d'un tsunami.
Le visage de ces personnes vulnérables a totalement changé : il y a un plus grand nombre de femmes et de jeunes qui, en raison de difficultés financières, ont basculé dans la rue, dit-il.
Une personne vêtue d'un manteau épais est penchée sur ses effets, à l'extérieur, à proximité d'une tente.
Ça peut être monsieur et madame Tout-le-Monde. Je suis vraiment surpris de voir comment rapidement on a eu des familles qui ont basculé dans la rue.
Une citation deFady Dagher, directeur du SPVM
L'administration nouvellement en poste de la mairesse Soraya Martinez Ferrada a investi plus de 30 millions de dollars pour créer davantage de places en refuge à l'intention des personnes en situation d'itinérance.
La responsabilité de fournir aux personnes vulnérables des ressources appropriées n'est pas uniquement celle de la police. Mais, a expliqué M. Dagher, qui d'autre que la police répond aux appels faits à 2 h du matin parce que quelqu'un est en crise au centre-ville?
Les partenaires de la Ville et du système de santé sont indispensables pour régler ces problèmes-là, a-t-il rappelé. Et la chimie entre nous doit fonctionner 24 heures par jour.
De bonnes nouvelles... malgré tout
Parmi les réalisations du SPVM présentées mardi, la douzaine d'arrestations faites en juin dans le cadre d'Alliance — la plus importante enquête criminelle au Canada — figure en bonne place.
Depuis 2021, la violence armée à Montréal a été réduite de 52 %.
Rappelez-vous qu'en 2021-2022, plusieurs événements, des fusillades, s'étaient produits à Montréal. Pour l'instant, on a une certaine accalmie.
Aussi, des 31 meurtres commis sur le territoire du SPVM l'an dernier, 25 ont été résolus.
De plus, huit meurtres survenus au cours des années précédentes ont été solutionnés en 2025, dont celui de Catherine Daviau, grâce à la généalogie génétique.
La grande région de Montréal est, de toutes les grandes villes du Canada et des États-Unis, celle qui a le taux d'homicide le plus bas, soit 1,16 pour 100 000 habitants.
En dépit de ces nouvelles rassurantes, le sentiment d'insécurité ressenti par beaucoup de Montréalais est bien réel, a reconnu le chef de police. Et la morosité des nouvelles, la polarisation et tout ce qui se passe sur la planète sont autant de facteurs qui viennent assombrir le quotidien des gens, avance-t-il.
Le SPVM a procédé à l'embauche de 939 recrues depuis 3 ans, ce qui lui a permis de renouveler près de 35 % de ses effectifs. Le recrutement va très bien, s'est réjoui mardi Fady Dagher. L'urgence n'est plus présente et l'absentéisme est à la baisse.
Ce nombre appréciable de recrues confère une certaine vulnérabilité au SPVM, reconnaît son directeur, dans la mesure où il importe de les encadrer, d'assurer un suivi et de leur fournir en continu de la formation.
Le SPVM s'est par ailleurs doté d'un nouvel outil d'intervention : un logiciel d'analyse vidéo qui réduit de manière significative le temps requis pour visionner le volume de séquences vidéo et d'images, et identifier rapidement des objets, des vêtements et des accessoires.
Des drones et des opérateurs qualifiés sont aussi mis à la disposition des policiers sur le terrain pour chercher des personnes. Ainsi, l'an dernier, l'utilisation d'un drone et de son imagerie thermique ont permis de retrouver rapidement et de sauver une femme qui était tombée dans les eaux glaciales de la rivière des Prairies.