10/13/2025
« Il existe une ironie qui ne devrait échapper à aucun observateur critique. Des forces étrangères envahissent Haïti pour écraser les gangs mandataires qui ont rempli leur mission : anéantir toute expression populaire de résistance et de mobilisation de masse. Mon séjour et mes recherches en Haïti depuis 1998 montrent que les armes américaines et, principalement, la cocaïne colombienne continuent de se croiser dans ce carrefour caribéen poreux qu'est Haïti. Cette conflagration coloniale a engendré la pire catastrophe humanitaire et en matière de droits humains que cet hémisphère ait connue depuis la révolution historique de 1804, qui a anéanti, au moins momentanément, l'humiliation de la colonisation et de l'esclavage.
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Les politiciens et les gangsters travaillent main dans la main. Aucun des deux ne se lasse de se mettre en avant sur Internet et dans les médias, promettant de renverser l'autre par des déclarations audacieuses et dénuées de tout rapport avec la réalité. En réalité, il existe une relation de codépendance entre les gangsters en cravate et ceux en tongs. Que seraient Barbecue et les autres seigneurs de guerre sans les ports, les pistes d'atterrissage privées, les armes et le trafic de drogue facilités par les oligarques ? Si les masses étaient armées pour se défendre et avaient leur mot à dire, elles organiseraient un bwa kale (Brigades d'autodéfense) et brûleraient vifs les seigneurs de guerre – les tontons macoutes des temps modernes – avec toute leur arrogance, leurs soldats et leur armement américain. C'est ce qui s'est passé en 1986. Les masses haïtiennes, longtemps réprimées, se sont soulevées lors d'un dechoukaj (soulèvement) et ont cherché à se venger des tontons macoutes. C’est la pire crainte des oligarques, des deux côtés de la mer des Caraïbes.
Selon la Clinique internationale des droits humains de la faculté de droit de Harvard et l’Observatoire haïtien des crimes contre l’humanité (OHCCH), les preuves abondent quant à la collusion entre les démagogues et les laquais tournants et les gangs. Zantray News démontre que toutes les visites diplomatiques du Premier ministre Alix Didier Fils Aimé ne sont que des paroles en l’air. Tout en déclarant : « Le Premier ministre est déterminé à débloquer toutes les routes pour permettre à la population de circuler librement », VA continue de contrôler toutes les voies d’entrée et de sortie de Port-au-Prince. Toutes les visites à Washington de Fils Aimé et de Saint-Cyr ne sont que des lamentations. Jake Johnston a récemment publié une étude sur le lobbying du secteur privé haïtien à Washington pour maintenir la manne financière. La kleptocratie ne mordra pas les mains qui la nourrissent. Le capitalisme du désastre est une aubaine pour quelques Haïtiens et une descente silencieuse aux enfers pour la grande majorité.
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« There is an irony that should not be lost on any critical observer. Foreign forces are invading Haiti to crush proxy gang forces that have fulfilled their mission, to wipe out any popular expression of mass resistance and mobilisation. My time and research in Haiti since 1998 shows that U.S. guns and mainly Colombian co***ne continue to meet in the porous Caribbean crossroads that is Haiti. This colonial conflagration has produced the worst human rights and humanitarian disaster this hemisphere has witnessed in the period following the historic 1804 Haitian Revolution which razed away, at least momentarily, the humiliation of colonization and slavery.
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The politicians and the gangsters work hand in glove. Neither entity tires of grandstanding on the internet and in the media, promising to overthrow the other in bold claims that have little to do with reality. The truth is that there is a codependent relationship between the gangsters in ties and the gangsters in flipflops. Who would Barbecue and the other warlords be without the ports, private airstrips, guns and drug trafficking facilitated by the oligarchs? If the masses were armed to defend themselves and had their say, they would organize a bwa kale (Self-Defense Brigades) and burn the war lords — the modern-day tonton macoutes — alive with all of their arrogance, soldiers and U.S. weaponry. This is what happened in 1986. The long-repressed Haitian masses rose up in a dechoukaj (uprising) and sought revenge on the tonton macoutes. This is the worst fear of the oligarchs, on both sides of the Caribbean Sea.
According to Harvard Law School’s International Human Rights Clinic and the Observatoire Haïtien des Crimes contre l’humanité (OHCCH), there is an abundance of proof that the rotating demagogues and lackeys are in cahoots with the gangs. Zantray News shows how all of Prime Minister Alix Didier Fils Aimé’s diplomatic visits are just strong words. While declaring “The Prime Minister is determined to unblock all roads to allow the population to move freely,” VA continues to control all routes in and out of Port-au-Prince. All of the visits to DC by Fils Aimé and Saint-Cyr amount to nothing but handwringing. Jake Johnston recently published a study of Haiti’s private sector lobbying in Washington to keep the gravy train going. The kleptocracy will not bite the hands that feeds it. Disaster capitalism is a bonanza for a few Haitians and a silent descent into hell for the vast majority. »
http://archive.today/b9MAI