06/18/2026
📢 La Coalition montréalaise des Tables de quartier souligne que son directeur figure parmi les signataires de cette lettre d’opinion publiée aujourd’hui dans Le Devoir, qui appelle à placer l’équité et la solidarité au cœur de l’adaptation aux changements climatiques.
✍️ Nous sommes fièr.e.s de contribuer à cette réflexion collective sur une transition climatique qui renforce à la fois la résilience de nos communautés et la justice sociale.
A lire ci-dessous ou sur le site internet du Devoir 👇
« À l’invitation de la première ministre Christine Fréchette, le milieu municipal s’est réuni le 16 juin dans le cadre des États généraux sur le coût et le financement des infrastructures municipales. Face aux changements climatiques, les préoccupations quant à l’entretien, la réfection et l’adaptation de nos infrastructures grises sont d’autant plus grandes, et avec raison.
Toutefois, l’adaptation aux changements climatiques ne se résume pas qu’au béton. Elle repose aussi sur quelque chose de moins visible, mais de tout aussi essentiel : la force de nos liens de proximité et nos solidarités locales. Pour cela, nos infrastructures sociales — nos bibliothèques, nos réseaux d’entraide entre voisins, nos centres communautaires, nos services de proximité, nos parcs — doivent être traitées sur le même pied que nos infrastructures physiques.
Malheureusement, bien que l’on reconnaisse l’importance des infrastructures sociales pour la vie communautaire, leur rôle en tant que lieux essentiels de notre résilience climatique collective est moins bien reconnu.
Par exemple, les bibliothèques donnent accès à plusieurs volets de la culture gratuitement, mais ce sont aussi des lieux où se rafraîchir en été. Il en va de même pour les centres communautaires, qui sont hôtes de plusieurs événements rassembleurs, mais qui servent aussi de refuges lors d’un épisode de verglas. Les espaces publics, tels que les parcs, sont des lieux de rencontre du quotidien qui permettent de tisser des liens, mais qui servent aussi d’îlots de fraîcheur pendant les vagues de chaleur estivale. Quant à eux, les organismes communautaires sont des réseaux essentiels de solidarité et de soutien social qui ont une connaissance fine des vulnérabilités d’un secteur. En temps de crise, ils sont des acteurs clés pour rejoindre les populations les plus à risque.
Lors de catastrophes naturelles, les communautés tissées serrées ont un avantage. Pensons à une voisine qui prend des nouvelles d’une personne âgée durant une canicule, aux voisins qui partagent outils et matériaux après une inondation, ou encore aux commerces de quartier qui deviennent des points d’entraide. Nos solidarités locales — et donc les lieux, initiatives et organismes qui les soutiennent — sont des éléments centraux de l’adaptation aux changements climatiques.
Bien qu’une société plus solidaire soit aussi une société plus résiliente, la solidarité ne s’impose pas, elle se construit. Pour se construire, la solidarité doit pouvoir bénéficier d’investissements publics significatifs. C’est pourquoi nous affirmons que l’adaptation aux changements climatiques doit inclure un véritable projet collectif qui considère pleinement le volet social de l’adaptation. De plus, les changements climatiques affectent davantage les populations en situation de vulnérabilité. Les politiques climatiques qui ignorent cette réalité risquent d’accentuer les inégalités. C’est pourquoi nous plaidons qu’il est essentiel de faire de l’équité un principe central de l’action climatique.
L’action climatique est un devoir, mais aussi une occasion de réduire les inégalités. Bien que la fréquence et l’intensité des événements météorologiques extrêmes posent un sentiment d’urgence par rapport à l’adaptation, n’oublions pas qu’il est nécessaire d’agir simultanément en mitigation. Réduire nos émissions de gaz à effet de serre permet d’améliorer la santé environnementale en agissant à la fois sur la santé de l’ensemble des populations et sur la réduction des coûts financiers et humains sur notre système de santé.
Nous unissons aujourd’hui nos voix pour remettre au cœur des discussions l’importance de la force de nos liens de proximité et de nos solidarités locales dans un contexte de changement climatique.
À ce propos, près de 400 professionnels et professionnelles se réunissent aujourd’hui au marché Bonsecours dans le cadre du Rendez-vous Collectivités viables 2026, sur le thème de l’adaptation pour des communautés résilientes. Il est essentiel de multiplier les lieux d’échange, mais surtout d’enclencher des solutions concrètes. »