11/21/2025
Personne ne choisit d’être à l’aide sociale.
Lettre ouverte publiée dans le Devoir samedi par Emmanuel Céré de l'Organisation populaire des droits sociaux
Les mesures annoncées par le ministre Roberge pour sabrer dans les prestations des demandeurs et demandeuses d’asile reposent sur des préjugés dangereux et sur des affirmations non fondées. Son cabinet a dû corriger ses propres chiffres, présentés pour justifier ces coupes, sans pouvoir en expliquer la source.
La réalité est simple : vivre sur l’aide sociale, c’est survivre avec 829 dollars par mois, alors que le loyer moyen d’un 3½ dépasse 1360 dollars au Québec aujourd'hui. Personne ne profite de cette situation. Et pour les personnes demandeuses d’asile, souvent en pleine démarche d’immigration, sans médecin de famille et confrontées à une bureaucratie complexe, l’accès à l’aide sociale est un parcours d’obstacles.
Ce discours, qui laisse entendre que les demandeurs et demandeuses d’asile viendraient ici pour « profiter » de notre filet social, sert surtout à attiser les préjugés. Il détourne l’attention du vrai projet : affaiblir encore davantage l’aide sociale et, plus largement, le filet social qui protège tout le monde.
Ne soyons pas naïfs. Les attaques qui visent aujourd’hui les prestataires issus de l’immigration pourraient demain toucher l’ensemble des personnes qui ont besoin d’une aide publique.
Au Collectif pour un Québec sans pauvreté, nous refusons que le gouvernement utilise les personnes demandeuses d’asile comme boucs émissaires pour justifier un recul des droits. Nous continuerons de défendre un filet social solide, universel et accessible, pour toutes et tous.
«La dernière réforme, effectuée sous la ministre actuelle, Chantal Rouleau, ne laisse aucun doute à cet effet. On tend non seulement à revenir vers un modèle de société sous l’égide de la charité, donc à devoir prouver que l’on est un bon pauvre méritant, mais également à utiliser tous les prétextes et manigances pour refuser l’aide sociale à la population. Ce n’est pas pour rien qu’aucune augmentation importante des prestations n’a été implantée avec la réforme.
Alors, de prétendre que les demandeurs d’asile viennent ici pour notre filet social si débonnaire et inconditionnel, on repassera…
On va se le dire : personne ne choisit d’être à l’aide sociale. D’autant plus que, pour une personne ne maniant pas bien le français, déjà perdue dans les méandres de la bureaucratie de l’immigration, se faire accepter à l’aide sociale relève souvent du chemin de croix.»
Pour lire la lettre au complet 👉https://tr.ee/mMHdBx6Qsq
́fensedesdroits