PASC - Projet Accompagnement Solidarité Colombie

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PASC - Projet Accompagnement Solidarité Colombie Le PASC réalise de l'accompagnement auprès des mouvements sociaux et surveille l'agissement des compagnies canadiennes en Colombie.

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Jeux de pouvoir, organisation collective et subversion en temps de catastrophe Août 2026pasc.ca/fr/article/ceci-nest-pas...
08/27/2026

Jeux de pouvoir, organisation collective et subversion en temps de catastrophe

Août 2026

pasc.ca/fr/article/ceci-nest-pas-une-chronique-sur-un-tremblement-de-terre

Vous ne verrez pas ici de photos de décombres et d’immeubles détruits. Vous en avez vu assez, ici en Colombie, et ailleurs dans le monde. Vous savez vous les imaginer.

Oui, lorsqu’on arrive à Pereira, c’est la première chose qu’on voit. Le désastre. Mais peu de temps suffit pour comprendre que l’histoire qu’il faut raconter est tout autre, bien qu’elle émerge au cœur de la catastrophe. Celle d’une solidarité puissante, organisée et dangereuse pour le statu quo.

*

Dans le parc central de la ville, une multitude de tentes forment un refuge temporaire pour les personnes affectées par le séisme. Et pour les autres : bien sûr, on y est bienvenu·e qu’on ait eu une maison ou pas avant les effondrements. Au milieu du refuge, j’entre dans la zone réservée aux volontaires et organisateur·ices, où s’empilent des produits de base en tout genre aux côtés de casseroles géantes et d’une montagne d’aliments prêts à être cuisinés.

L’ensemble des dons et aliments ont été apportés par le voisinage. Le discours ambiant, c’est que si on a la chance de ne pas être victime directe du tremblement de terre, alors on a le devoir moral d’aider d’une manière ou d’une autre.

Une jeune fille me voit prendre quelques photos. Elle m’attrape le bras et s’adresse à moi avec fermeté : « C’est juste la communauté qui est ici. Juste le peuple, organisé. Aucune institution ne nous aide. Écris-le. Raconte-le. C’est important, ce qui se passe. Solo el pueblo salva al pueblo [1]. »

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Pouvoir et incompétence

Trois heures après la catastrophe, l’eau bouillait déjà pour la soupe communautaire. Les organisations sociales ont une capacité de réaction sans comparaison avec celle d’un État bureaucratique. Manuela, d’un collectif éco-féministe de Pereira, m’explique l’origine de cette force : « c’est que nous, on était déjà organisées. On fait tout le temps des soupes communautaires, des activités avec les enfants, avec les adultes, des événements artistiques. On cherche toujours à soulager la faim dans notre pays. »

Elle me parle aussi de l’estallido, la grève nationale de 2021. Toute une génération de militant·es qui a appris à la dure à prendre soin d’elle, sans ou contre l’État : médecine d’urgence, alimentation autogérée, communication rapide, soutien psychologique, etc. Et, au-delà de ces compétences techniques, cette expérience a légué une culture de l’organisation horizontale et spontanée, où chacun·e paraît trouver sa place quasi organiquement, dans la multitude de tâches à réaliser, dans l’urgence.

Cette force collective du peuple s’érige comme antithèse de la réponse de l’État, caractérisée par deux choses : la violence et l’inaptitude. Dès les premiers instants, le président a sans surprise choisi la militarisation, la violence de classe et la distinction. Les quartiers pauvres et les régions abandonnées le sont restés. Comme souvent, l’État en temps de crise a approfondi les injustices déjà présentes.

Manuela poursuit : « La faim a toujours été présente dans ce pays et les entités gouvernementales en ignorent tout. Elles ignorent tout du peuple parce qu’elles ne se mêlent pas à lui, et c’est difficile de voir la faim quand on ne descend pas de sa voiture sauf pour aller faire les courses et payer avec sa carte de crédit. »

Cette déconnexion de l’État bourgeois et sa faiblesse face au pouvoir de la communauté et des liens sociaux se sont manifestées à plusieurs reprises, entre autres, lorsque le président est apparu tout sourire au milieu des décombres ou qu’il a offert des ballons de soccer couverts de propagande à des familles ayant tout perdu. Affronts que les médias traditionnels ont qualifiés d’« erreurs » et attribués à l’inexpérience du gouvernement; humiliations que je serais plutôt portée à appeler « violence de classe ».

*

Dans le parc Olaya, aux côtés des centaines de tentes qui forment le refuge autogéré, s’érigent une dizaine de petits chapiteaux encerclés d’une clôture : les « tentes institutionnelles », à l’intérieur desquelles quelques personnes ayant été officiellement déclarées « sinistrées » reprennent des forces. Arrivées trop peu et trop t**d, leur vue me rappelle sans cesse la violence, mais surtout l’incompétence de l’État colombien. Son désintérêt mais aussi son incapacité profonde à répondre aux besoins de la communauté.

Quatre jours après leur arrivée, sous les premières gouttes de pluie depuis près d’une semaine, on observe au loin les dix chapiteaux, de bonne qualité et résistants aux intempéries, être démontés et emmenés ailleurs. J’imagine que le ridicule de la scène était devenu intolérable.

La pluie s’intensifie. Une averse qui n’offrira aucun répit pendant plus de deux jours. Elle pénètre les centaines de tentes, inonde la cuisine. Les appels à l’aide sur les réseaux sociaux se multiplient. On demande de bâches en plastique, du bois sec. Le campement survit sous les dons récoltés. Il y en a assez pour que, lorsque se présentent des volontaires humanitaires israéliens les mains pleines de vivres, ces derniers sont catégoriquement refusés.

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Subversion, répression

Loin de moi l’idée de romantiser la réponse autogérée, ou de nier les contradictions qui la traversent. Bien que profondément subversive, cette action ne cesse pour autant de se dérouler dans un système injuste. Faute de préparation, elle peut mettre la vie de volontaires en danger, parce que l’expertise technique est souvent captée et ordonnée par l’État. Et puis, bien sûr, alors que toutes les forces capitalistes travaillent à une réouverture la plus rapide possible de l’économie, le mode de production vient conditionner la capacité de la société à maintenir dans le temps une action non rémunérée. Déjà, on entend les sons de cloche de l’usine qui rappelle à l’ouvrage, et on pressent l’abandon imminent des plus vulnérables.

Il est fort possible que cette solidarité organisée soit passagère, oui. Avec un peu de chance et beaucoup de travail, en émergeront de nouvelles formes d’organisation citoyenne qui s’ajouteront aux accumulés du mouvement social. Mais le chemin de cette résistance sera parsemé d’embûches, car, derrière les caméras et les félicitations publiques aux bénévoles, se cachent des pressions répétées pour que la graine semée ne germe pas.

Je pense aux institutions gouvernementales qui, au parc Olaya, entravent le travail de la cuisine communautaire, envoient la police, stigmatisent. Aux militaires accompagnés de soldats israéliens qui viennent s’approprier les sauvetages et expulser les équipes de jeunes volontaires, les traiter de « premières lignes » [3] ou de guérillero·as après que ces derniers aient travaillé plusieurs jours sans relâche dans les décombres. À l’obsession pour la reconstruction. Réédifier des immeubles par-dessus les corps; s’assurer que le retour à la « normalité » se fasse avant même le deuil des familles.

Dans le contexte où la toute-puissance des élites repose depuis quelques décennies sur notre incapacité collective à concevoir qu’un autre monde est réellement possible, chacune des attaques contre l’organisation populaire face à la catastrophe doit être vue pour ce qu’elle est : la réplique défensive d’un État qui perçoit une menace à sa survie dans les pratiques populaires de réponse à la crise.

« Ces pratiques peuvent s’avérer profondément subversives pour l’ordre établi […]. La catastrophe met en évidence une tension entre différentes façons d'organiser la vie : d’un côté, la marchandisation de la crise et la défense de la propriété; de l’autre, la coopération, la valeur d’usage et la satisfaction collective des besoins. » (CED-INS)

Rien n’est gagné. Les rapports de force demeurent presque inchangés; le système n’a pas été renversé. Mais c’est une brèche. Et lorsqu’on sait que les désastres ne feront que se multiplier, il faudra savoir préparer ces espaces où l’on organise les rapports sociaux autour des besoins; où chacun·e peut apporter à la construction d’un pouvoir populaire et collectif.

*

On arrive à une intersection tout près du centre des dégâts. Impossible d’entrer dans la zone, nous dit l’équipe de volontaires qui y contrôle les opérations de sauvetage : ils viennent de déclarer un code rouge. L’un d’eux lève le poing en l’air, signifiant que les secouristes essaient d’entendre un signe de vie sous les décombres. Tout le monde cesse de parler. Même pas un chuchotement.

Peu à peu, chacun·e lève aussi le bras. Dans chaque direction, jusqu’à un coin de rue de distance, les passant·es s’immobilisent dès qu’ils repèrent le code et le répliquent pour étendre la zone de silence. Autos, motos, vélos s’arrêtent sans protester. Et ainsi, pendant près de trente minutes, dans ce kilomètre carré du centre-ville d’habitude effervescent, règne un calme absolu, puissant. Cette petite communauté éphémère et silencieuse s’arme de patience et de solidarité dans l’espoir de contribuer à l’effort collectif pour la préservation de la vie.

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Notes
[1] « Seul le peuple sauve le peuple. »
[2] Voir notre précédente chronique « Séisme, fascisme et distinction(s) »
[3] L’appellation « premières lignes » fait référence aux jeunes qui ont combattu directement les forces répressives de l’État colombien pendant la grève nationale de 2021. Elle reprend l’expression utilisée ailleurs, entre autres pendant la révolte de 2019 au Chili.

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🚩¡Las falsas soluciones que se presentan como “verdes” continúan mercantilizando la naturaleza y precarizando la vida y ante ello los sindicatos y el movimiento social se organizan!

📆 Les invitamos a participar en este foro híbrido con el objetivo de problematizar la llamada transición energética impulsada por gobiernos y corporaciones como mecanismo para profundizar el despojo, la explotación y la acumulación.

📊Contaremos con la participación del sindicato de minas de carbón en Alemania, Revierwende, así como con un asesor en materia de clima y energía en el grupo parlamentario Die Linke, un representación de La Unión General de Trabajadoras y Trabajadores de España UGT, representantes del movimiento social y sindical en Colombia y el Colectivo internacionalista Apender Juntos.

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03/24/2026

El sábado 21 de marzo tuvo lugar la audiencia pública del Territorio Campesino Agroalimentario (TECAM) del Cañón de los Ríos Lagunilla y Azufrado.

Durante esta audiencia se presentó el Plan de Vida Digna de la comunidad, recogiendo proyectos en diferentes ejes: defensa del territorio, producción agroalimentaria y economía campesina, identidad y cultura campesina, infraestructuras comunitarias, fortalecimiento organizativo y enfoques transversales (género, derechos humanos, intergeneracional).

Una necesidad urgente para la comunidad es el mejoramiento de las vías, cuyo estado actual perjudica el acceso a servicios de salud y a la educación.

Además de las organizaciones sociales y de derechos humanos presentes, asistieron desde la institucionalidad el Ministerio de Agricultura, la Gobernación del Tolima, el SENA, el alcalde de Villahermosa, la Unidad de Restitución de Tierras, la Agencia Nacional de Tierras, la Agencia de Desarrollo Rural, la Unidad de Planificación Rural Agropecuaria, la Unidad Solidaria y el Observatorio de Paz y Derechos Humanos de la Universidad del Tolima.

Las actividades relacionadas al TECAM se están realizando en un contexto crítico de amenazas paramilitares hacia el ejercicio organizativo en el Tolima. Vemos con preocupación el estado actual de derechos humanos en el departamento.

Ne pas manquer ! Les billets sont déjà en vente ! Quand l'art croise la résistance !
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