10/24/2026
Cette semaine, le reportage d'Enquête nous a montré une réalité révoltante : des investisseurs achètent des plex, augmentent drastiquement les loyers et utilisent la peur, la pression ou l'ignorance des droits des locataires pour pousser des gens vulnérables vers la sortie.
Derrière chaque éviction, il y a pourtant une personne. Une aînée qui vit dans son quartier depuis des décennies. Une famille qui peine déjà à joindre les deux bouts. Un travailleur ou une travailleuse qui voit maintenant une part toujours plus importante de son revenu disparaître pour se loger.
Comme secrétaire générale du Conseil régional, je refuse de rester silencieuse devant ces pratiques inhumaines.
Quand on augmente un loyer de façon abusive pour forcer quelqu'un à partir, on ne crée pas simplement un problème de logement. On contribue directement à l'appauvrissement, à l'insécurité alimentaire et, trop souvent, à l'itinérance. Ensuite, on se demande pourquoi les banques alimentaires débordent et pourquoi de plus en plus de personnes peinent à boucler leur budget à la fin du mois.
Trop souvent, la crise du logement est réduite à un débat sur l'immigration. Pourtant, le reportage d'Enquête nous rappelle qu'il faut aussi regarder du côté de la spéculation immobilière, des évictions abusives et des propriétaires qui voient le logement comme un simple véhicule de profit plutôt que comme un besoin essentiel.
J'ai pris connaissance cette semaine des propositions de Paul St-Pierre Plamondon pour lutter contre l'itinérance. Investir dans le logement, la prévention et les services sociaux est essentiel. Mais il faut aussi agir en amont : garder les gens dans leur logement avant qu'ils ne le perdent.
Pourquoi ne pas s'inspirer de juridictions où les propriétaires doivent justifier les hausses importantes de loyer devant les instances compétentes plutôt que de laisser le fardeau aux locataires de contester après coup?
La dame ( sur cette photo) présentée dans le reportage a toute mon admiration. Non pas parce qu'elle est meilleure que les autres personnes qui ont été flouées. Mais parce qu'elle connaissait ses droits. Elle a pu se tenir debout devant son nouveau propriétaire parce qu'elle était informée.
Pour moi, le syndicalisme, c'est exactement ça. Informer. Éduquer. Outiller les gens afin qu'ils connaissent leurs droits et sachent vers qui se tourner lorsqu'ils sont confrontés à l'injustice.
Quand une agente immobilière affirme qu'un locataire impliqué dans des causes sociales ou syndicales risque d'être « plus difficile », j'entends plutôt qu'il sera plus difficile à intimider. Plus difficile à manipuler. Plus difficile à priver de ses droits.
Nous devons collectivement exiger davantage. Des règles claires. Des balises. Une véritable protection du droit au logement. Parce que plusieurs des pratiques exposées cette semaine sont, à toutes fins pratiques, légales.
Parce qu'un logement n'est pas un simple produit financier.
C'est un droit fondamental. Et dans une société qui se dit juste, personne ne devrait perdre sa dignité pour enrichir quelqu'un d'autre.
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Crédit photo :QS