Center for Research-Action on Race Relations (CRARR)

Center for Research-Action on Race Relations (CRARR) Organisme OSBL de soutien aux victimes de discrimination et de violence, et de promotion des droits. N.B.

Notre page vise à informer et à encourager des échanges. Les commentaires haineux, dégradants et discriminatoires ne sont pas acceptés. ***For English See Below***

CRARR est un organisme bilingue de défense des droits de la personne. Fondé en 1983 à Montréal, Québec, à la suite de la première enquête publique sur le racisme au Québec (dans l’industrie du taxi montréalais) et de l’adoption de la

Charte canadienne des droits et libertés, le CRARR a été mis sur pied par un groupe d’intellectuels, d'activistes communautaires et d’avocats issus de différentes origines ethnoraciales et linguistiques. Leur but était de promouvoir des changements institutionnels, en faveur de l’égalité pour tous, par le biais d'interventions basées sur des données en sciences sociales, des analyses critiques sur le plan juridique et des récits recueillis au sein de la communauté.

-ENGLISH-

CRARR is Montreal based bilingual civil rights group. The organization was founded in 1983 in Montreal, Quebec, Canada and while it has expanded the reach of its work to other parts of Canada, it maintains its base in Montreal. Created in the aftermath of the first public inquiry into racism in Quebec (in the Montreal taxi industry) and the adoption of the Canadian Charter of Rights and Freedoms, CRARR was founded by a group of dedicated intellectuals, community activists and legal professionals from different ethnoracial and linguistic backgrounds with the goal to advocate for institutional change within the framework of equality for all, based on social science evidence, critical legal analysis and community narratives.

Après avoir formulé la demande de rencontrer le directeur du SPVM dans les 48 heures suivant leur conférence de presse d...
06/18/2026

Après avoir formulé la demande de rencontrer le directeur du SPVM dans les 48 heures suivant leur conférence de presse du lundi dernier, les dirigeants du Regroupement des intervenants et intervenantes d'origine haïtienne (RIIOH) ont obtenu une réunion avec le directeur Fady Dagher hier, à Montréal-Nord.

Outre les échanges francs mais constructifs, le RIIOH a présenté au directeur plusieurs recommandations bien réfléchies quant aux pistes de solution à court terme et à long terme, qui vont au coeur des facteurs systémiques de la situation à Montréal-Nord et qui visent à répondre à des besoins concrets des résidents, des travailleurs et des commerçants de cet arrondissement.

Le CRARR y était invité à titre de partenaire du RIIOH.

Lundi dernier, le CRARR s'est joint au Regroupement des intervenants et intervenantes d'origine haïtienne (RIIOH) lors d...
06/18/2026

Lundi dernier, le CRARR s'est joint au Regroupement des intervenants et intervenantes d'origine haïtienne (RIIOH) lors de la conférence de presse tenue à Montréal-Nord pour réagir aux révélations choquantes du directeur du SPVM.

Depuis longtemps, le CRARR maintient des liens de coopération étroite avec le RIIOH et ses membres qui livrent depuis des décennies, des services de proximité importants aux résidents de Montréal-Nord, notamment les familles et les jeunes noirs, arabes et d'autres origines. Malgré l'insuffisance des ressources gouvernementales favorisant le développement économique et social, et le manque de reconnaissance officielle de leur importance sur le terrain, ces organismes communautaires font un travail essentiel pour l'ensemble de l'arrondissement.

Voici les extraits de la déclaration du RIIOH lors de la conférence de presse :

Le Regroupement des intervenants et intervenantes d’origine haïtienne (RIIOH) exprime sa profonde indignation et ses préoccupations à la suite des révélations concernant des allégations de gestes racistes et haineux impliquant des policiers du poste 39 à Montréal-Nord.

Dans un esprit de dialogue, mais également de responsabilité institutionnelle, le RIIOH demande qu’une rencontre soit tenue dans le plus bref délai avec le directeur du SPVM en vue de lui présenter une série de recommandations visant à rétablir la confiance entre le service de police et les communautés.

Pour le RIIOH, ces révélations sont graves, révoltantes et inacceptables. Elles viennent confirmer ce que des citoyens, des familles, des jeunes, des intervenants et des organismes communautaires de Montréal-Nord dénoncent depuis des années : l’existence de comportements discriminatoires et de pratiques qui ont contribué à pénaliser de manière injustifiable un grand nombre de résident-e-s, notamment ceux et celles des communautés noires et arabes.

Ces questions soulèvent également des questions d’imputabilité, de transparence et de gouvernance quant aux rôles et responsabilités du SPVM à Montréal-Nord.

Pendant trop longtemps, les témoignages de personnes affirmant avoir été victimes de profilage racial, de discrimination ou de traitements différenciés, et de violence, ont été minimisés, remis en question ou ignorés.

Le RIIOH refuse que cette affaire soit réduite à quelques gestes isolés. Les événements rapportés soulèvent des questions systémiques importantes qui interpellent l’ensemble des institutions concernées et exigent une réflexion sérieuse sur les moyens à mettre en œuvre pour prévenir de telles situations.

Le RIIOH salue le courage et le leadership du directeur du SPVM, Fady Dagher, ainsi que celui des policiers et policières qui ont eu le courage de dénoncer ces situations à l’interne.

Le RIIOH estime que la gravité de la situation exige des actions rapides, concrètes et durables. La population de Montréal-Nord est en droit d’attendre des engagements clairs et des mesures qui permettront d'éviter que de telles situations ne se reproduisent.

Au-delà des personnes directement visées, c’est toute une communauté de plus de 90 000 personnes qui se sent aujourd’hui blessée, humiliée et ébranlée. Les citoyens de Montréal-Nord ont droit au respect, à la dignité et à un traitement équitable dans leurs interactions avec les institutions publiques, incluant la police.

Le RIIOH réitère son engagement à défendre les droits des communautés noires et racisées, à lutter contre le racisme sous toutes ses formes et à contribuer à la construction d'une ville et d’une société plus justes, plus inclusives et plus équitables.

La communauté de Montréal-Nord mérite d’être entendue, consultée et respectée. Elle mérite d’être respectée. Elle mérite de pouvoir compter sur des institutions dignes de sa confiance.

Camille PayantJeudi, 18 juin 2026 11:23MISE À JOUR Jeudi, 18 juin 2026 11:23Un homme qui a menacé de mort le chef du Par...
06/18/2026

Camille Payant
Jeudi, 18 juin 2026 11:23

MISE À JOUR Jeudi, 18 juin 2026 11:23

Un homme qui a menacé de mort le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, dans un courriel aux propos « complotistes » et « anti-immigration » s’en sort finalement avec des travaux communautaires.

« Les politiciens doivent pouvoir exercer leur rôle à l’abri de toute menace », a rappelé la juge Sonia Mastro Matteo, jeudi matin, au palais de justice de Montréal.

Elle a ensuite condamné Philippe Clément-Laberge à effectuer 150 heures de travaux communautaires dans le cadre de sa probation de trois ans.

Si la Couronne réclamait 30 jours de prison discontinus, la magistrate ne pouvait « ignorer l’état mental de M. Clément-Laberge lors des événements » dans son analyse. Une évaluation psychiatrique avait tout de même conclu que l’homme de 43 ans était criminellement responsable de ses gestes.

« S’il avait bénéficié d’un suivi thérapeutique, s’il avait été sous traitement pharmacologique, s’il n’avait pas été aussi isolé, M. Clément-Laberge n’aurait probablement pas agi de la même façon », a noté la juge Mastro Matteo.

Antisémite et anti-immigration

L’automne dernier, l’accusé de 43 ans avait admis avoir tenu des propos « complotistes anti-immigration et antisémites » dans un courriel envoyé à l’adresse professionnelle de Paul St-Pierre Plamondon en mars 2024.

Dans sa missive, il demandait à PSPP de réclamer le départ des personnes juives du Québec.

C’est la directrice du bureau de circonscription du député de Camille-Laurin, à Montréal, qui a découvert le message et alerté les autorités.

« Si tu ne changes pas ton discours sur l’immigration, je vais m’arranger pour exterminer ta famille », pouvait-on lire dans le courriel.

Grâce à des autorisations judiciaires, la Sûreté du Québec a pu faire le lien entre le message envoyé et l’adresse de l’accusé à Dollard-des-Ormeaux.

Le politicien et ses proches avaient vécu de la « peur et de l’anxiété » pendant plusieurs mois.

« J’aimerais beaucoup pouvoir revenir dans le passé et ne pas avoir commis cette action qui était blessante pour Paul St-Pierre Plamondon ainsi que les gens qu’il aime autour de lui », a-t-il indiqué dans une lettre d’excuses.

Le propriétaire d’une entreprise d’extermination refusait de se faire vacciner pendant la pandémie et avait développé « une pensée conspirationniste ».

Selon la juge Mastro Matteo, « la solitude, l’embourbement dans les théories non fondées ainsi qu’un stress non contrôlé ont amené le contrevenant à agir sur l’impulsion du moment ».

Clément-Laberge est désormais « sur la voie de la réhabilitation », conclut-on dans un rapport. Il ne consomme plus d’alcool ni de cannabis et il prend sa médication.

La juge a refusé de lui interdire de faire référence aux membres de l’Assemblée nationale sur les réseaux sociaux, estimant que cette condition porterait atteinte à sa liberté d’expression.

Le procureur de la Couronne, Me Antonio Parapuf, dit vouloir analyser « à tête reposée s’il y a matière à aller en appel ».

L’an dernier, M. St-Pierre Plamondon avait dénoncé la possible sentence de 150 heures de travaux communautaires à l’époque discutée entre la Couronne et la défense.

A man has been arrested after an alleged hate-motivated assault aboard a Durham Regional Transit bus in Scarborough earl...
06/18/2026

A man has been arrested after an alleged hate-motivated assault aboard a Durham Regional Transit bus in Scarborough earlier this year.

Police say the incident occurred on April 13 in the area of Progress Avenue and Milner Avenue.

The suspect allegedly approached the victim while on the bus and made several derogatory and anti-Muslim comments.

The suspect then assaulted the victim before exiting the bus a short time later, police alleged in a news release.

The incident was captured on video and was posted on social media by the National Council of Canadian Muslims (NCCM).

According to the group, the victim was a woman wearing a hijab, and at one point, the suspect called her a “terrorist.” In the video, a man is heard yelling expletives before getting up and kicking the woman.

On Wednesday, police arrested and charged Thirukumaran Kandasamy, 36, of Toronto, with assault and criminal harassment.

He is scheduled to appear in court later this summer.

The investigation was conducted by the Toronto Police Service’s Hate Crime Unit.

Windows were smashed with stones early Wednesday morning at a mosque in Trois-Rivières in what community leaders describ...
06/18/2026

Windows were smashed with stones early Wednesday morning at a mosque in Trois-Rivières in what community leaders described as an act of intimidation to the entire community.

The attack occurred at the Islamic Cultural Centre of Mauricie, which is a gathering place for Muslim families in the region and hosts religious, educational and community activities.

The incident unfolded around 1:45 a.m., according to Radio-Canada, which cited a member of the mosque who had reviewed surveillance camera footage.

The centre said in a statement that several windows on the building’s main facade were shattered.

“No one should have to wonder if they can practise their faith safely in their own country,” the centre’s board of directors said in the statement. “We demand a full investigation into this incident and that those responsible be identified. We thank the police for their intervention and co-operation.”

The centre urged Quebecers and Canadians to remain united and to condemn attacks against all places of worship, regardless of faith.

“We also call upon all our fellow citizens: Let us remain united in the face of intolerance. Regardless of our origins, beliefs or differences, we share the same streets, the same schools, the same workplaces and the same desire to live in a peaceful and safe society,” the directors added.

“Quebec and Canada were built on the values of respect, freedom, diversity and living together,” the statement said. “We firmly believe that these values are stronger than hatred.”

06/18/2026

A South Shore man wants answers after his racial profiling case was...

South Shore man calls for probe into Quebec human rights watchdog for handling of racial profiling complaintMontreal-are...
06/17/2026

South Shore man calls for probe into Quebec human rights watchdog for handling of racial profiling complaint
Montreal-area man wants investigation into human rights commission
“No respect,” said Halisi Giddings, a victim of alleged racial profiling on Montreal’s South Shore who wants an investigation into the Quebec Human Rights and Youth Rights Commission after his complaint file was closed. Gareth Madoc-Jones reports.

Posted June 16, 2026 12:37 pm. Last Updated June 16, 2026 5:52 pm.

A South Shore resident is calling for an investigation into Quebec Human Rights and Youth Rights Commission (CDPDJ) after accusing the watchdog of arbitrarily closing his complaint file about being racially profiled by the Longueuil police (SPAL).

Halisi Giddings, who is Black, says the CDPDJ’s action has denied him “effective protection against discrimination.”

According to Giddings, Longueuil police (SPAL) stopped and fined him without any grounds while he was driving home from a shopping centre in January 2024.

Related:

He filed a racial discrimination and profiling complaint with the CDPDJ against the police with the help of the non-profit civil rights organization Center for Research-Action on Race Relations (CRARR) in March 2025.

CRARR had also filed complaints on behalf of multiple people.

According to CRARR, the CDPDJ closed the files of Giddings’ and those of three other Black men prematurely citing a recent court authorization of a class action filed by another victim of racial profiling against police services in the Greater Montreal area and the Sûreté du Québec.

“Although the individuals had until May 26 to opt out of the class action, the CDPDJ closed their files in late April,” CRARR said in a statement.

“I find that a slap in the face, it’s disrespectful. You’re just gonna close my file, not ask me anything. That’s like, that’s no respect,” said Giddings.

CRARR’s Executive Director Fo Niemi is concerned that there may be more Black individuals beyond Giddings and the three other Black men his organization is assisting who have been denied access to the CDPDJ for racial profiling complaints.

“We don’t know how many files, how many cases have been closed by the Commission because of its interpretation of the law vis-à-vis the class action lawsuit. We know of four Black men but there may be more,” explained Niemi. “There are a lot of people who go to the Commission on their own so it’s important that the Commission say how many files they have closed and more importantly what happened to those files.”

A spokesperson for the CDPDJ Jack Duhaime confirmed to CityNews that 15 cases were closed due to the class action.

“We have recently closed certain individual cases because they involved the same facts as a case that has gone to court—namely, a class-action lawsuit regarding racial profiling during traffic stops,” Duhaime said.

CRARR alleges that the CDPDJ’s decision to close the complaints before the deadline denied the men the opportunity to choose between joining the class action and pursuing individual complaints.

Giddings, who eventually opted out of the class action, says he has been unable to reopen his complaint file with CDPDJ. Other men assisted by CRARR who were automatically included in the class action were also unsuccessful in getting their racial profiling complaints reopened.

“The (CDPDJ’s) decisions runs directly contrary to the interests of victims of ‘Driving While Black,'” Giddings said. “The (CDPDJ) is making it more difficult for victims of racial profiling like me to access justice and protection.”

CRARR says that the CDPDJ considers the class action to automatically include all racialized persons who were subjected to a traffic stop without grounds, after May 22, 2019 by SQ or by one of several police departments, including Montreal, Laval, Quebec City, Longueuil, etc.

According to Quebec’s Charter of Human Rights and Freedoms, the watchdog has to stop its proceedings if someone who has a complaint open with it also decides to launch a legal action.

“The (CDPDJ) will file an amicus curiae brief with the Superior Court in this class-action lawsuit to ensure that the rights set forth in the Charter of Human Rights and Freedoms are upheld,” Duhaime said.

The civil rights group also said that the interpretation by the CDPDJ could result in complaints from other victims being refused by the CDPDJ.

“We are very concerned that the (CDPDJ) is using a class action lawsuit to shut its doors on complainants,” said Niemi. “Victims must have the option to choose between participating in a class action and retaining access to Quebec’s human rights protection system.”

MONTREAL — A coalition of Black community groups has joined calls for an independent public inquiry into allegations of ...
06/17/2026

MONTREAL — A coalition of Black community groups has joined calls for an independent public inquiry into allegations of racism within the Montreal police force that have led to 14 officers being reassigned and two others facing potential criminal charges.

Members of the Afro Youth Summit issued the call on Tuesday, joining politicians and community leaders demanding an independent examination of officers assigned to Station 39 in Montréal-Nord, a diverse borough in the city’s northeast end.

Edouard Staco, president of the Afro Youth Summit, says the inquiry should examine not only the Montreal police but also other police forces that have been the subject of court rulings involving racial profiling.

“The transparency is not a threat to our institutions, it is the condition of their credibility,” Staco told reporters.

On Friday, Montreal police leadership said they had dismantled a night patrol unit within Station 39, reassigned 14 officers from public-facing duties, and suspended two others for alleged “discriminatory and racist” behaviour toward citizens. Police Chief Fady Dagher has said case files involving the two suspended officers are with prosecutors who will determine whether to lay criminal charges.

Montreal police chief inspector David Shane promises transparency amid concern about the internal investigation into allegations of racism at Station 39.

La Presse and Radio-Canada reported that among the allegations are that officers cut the hair of racialized citizens to turn it into “trophies.” Dagher has said the reports of haircutting were “part of the allegations.”

The Afro Youth Summit’s calls for a public inquiry are part of increasing pressure on the Quebec government to launch an independent investigation into the allegations.

Montreal’s mayor and the city’s opposition party, as well as the Québec solidaire provincial party, have also called for an independent inquiry, while the Quebec Liberals want provincial police to step in.

Quebec’s domestic security minister, Ian Lafrenière, said Monday he would appoint an observer to oversee the internal investigation being carried out by the Montreal police department. Depending on their conclusions, he said it was also possible that another police force or the province’s police watchdog could be called to investigate.

Arcelle Appolon, executive director of Maison d’Haiti, a Montreal organization serving Black and immigrant communities, said the allegations risk deepening an already fragile relationship between police and racialized people.

“The lack of trust in police authorities probably already existed before the revelations that concern us,” Appolon, whose group is part of the Afro Youth Summit, told the news conference. “The elements revealed only exacerbate that lack of trust.”

This report by The Canadian Press was first published June 16, 2026.

Rima ElkouriLa Presse,17 juin 2026En commentant la crise qui secoue la police à la suite des graves allégations de compo...
06/17/2026

Rima Elkouri
La Presse,17 juin 2026

En commentant la crise qui secoue la police à la suite des graves allégations de comportements racistes à Montréal-Nord, le chef Fady Dagher a fait un parallèle avec le mouvement .

« Lorsque vous commencez à dénoncer et qu’il y a un exemple qui est montré et qu’il y a des conséquences, tout à coup, les gens commencent à parler », a expliqué samedi le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), en disant s’attendre à un tsunami de dénonciations1.

Vrai, on peut voir un certain nombre de similitudes entre les dénonciations des violences sexuelles du mouvement et les dénonciations des violences policières racistes.

Dans les deux cas, on parle d’un problème systémique.

Dans les deux cas, il y a une forte culture du silence et de l’impunité qui permet au problème de perdurer.

Dans les deux cas, les victimes qui osent dénoncer se butent trop souvent à des mythes et des stéréotypes qui font en sorte qu’elles ne sont pas crues.

Dans les deux cas, il y a une confiance rompue qu’il faut rétablir de toute urgence.

Dans les deux cas, on observe une tendance à réduire le problème à des cas isolés.

« Not all men »… « Pas tous les hommes », dit-on en réponse aux dénonciations de violences sexuelles.

« Pas tous les policiers », dit-on en réaction aux dénonciations de violences policières, en reprenant la fameuse métaphore des « pommes pourries ».

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Le chef du SPVM, Fady Dagher

Dans le cas qui nous concerne, devant la gravité des actes racistes allégués ayant mené au démantèlement d’une équipe de patrouilleurs montréalais, le gouvernement caquiste concède que l’on ne parle pas de quelques pommes, mais bien d’un panier pourri au complet. Mais ce qui est inquiétant, c’est que l’on refuse encore obstinément d’examiner le sol contaminé du verger. Pas question de reconnaître la nature systémique du problème, répète-t-on.

Pour rétablir la confiance, on n’aura toutefois pas d’autre choix que de sortir du déni comme on l’a fait dans la foulée du mouvement .

Comment ? Comme Yves Boisvert et Fabrice Vil, je crois qu’une enquête publique indépendante s’impose2, 3. C’est aussi l’avis de Massimiliano Mulone, professeur agrégé de criminologie à l’Université de Montréal et coauteur d’un rapport alarmant sur les interpellations policières et le profilage racial au SPVM dont la seule et unique recommandation a été ignorée.

Les problèmes de discrimination raciale dans les pratiques policières ne sont pas circonscrits à quelques individus ou à un quartier. L’enjeu central, c’est la nature systémique du problème. D’où l’utilité de prendre un pas de recul pour analyser la chose en profondeur.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Massimiliano Mulone, professeur agrégé à l’École de criminologie de l’Université de Montréal

« Une commission d’enquête publique qui ne porterait pas juste sur le poste de quartier 39 et sur cette équipe permettrait une transparence. Cela permettrait peut-être aussi de libérer une certaine parole », estime le chercheur. Il rappelle au passage que le quartier qui présente les plus importantes disparités de traitement en matière d’interpellation n’est pas Montréal-Nord, mais bien le Plateau Mont-Royal. Une personne noire y court 15 fois plus de risques de se faire interpeller qu’une personne blanche.

Au-delà de la libération de la parole, ce qui importe surtout, comme avec le mouvement , c’est que cette parole soit enfin entendue et mène à des actions concrètes. Pour avoir couvert l’enquête sur la mort de Fredy Villanueva et ses lendemains tissés de déni, j’avoue avoir été choquée, mais malheureusement pas surprise par les allégations graves rendues publiques vendredi soir. Tous ceux qui subissent du profilage racial eux-mêmes ou en sont témoins n’ont pas été surpris non plus. Tous ceux qui sont au fait de la banalisation des idées d’extrême droite savent que le Québec n’est pas à l’abri de telles dérives.

« Ça fait des années que les gens dénoncent les pratiques policières discriminatoires. Et c’est vrai qu’on n’a pas fait grand-chose. Tout comme on n’a pas fait grand-chose de notre rapport de recherche. Notre recommandation a juste été jetée aux oubliettes », déplore Massimiliano Mulone, qui a cosigné le rapport Interpellations policières et profilage racial rendu public il y a trois ans4.

Dans ce rapport de 285 pages, les chercheurs, au terme de plus de deux ans de recherche, recommandaient en priorité une seule chose au SPVM pour lutter contre les discriminations dans les interventions policières : cesser toute interpellation « qui ne soit pas justifiée par l’enquête d’un crime spécifique ou par le soupçon raisonnable d’une activité illégale »5.

Pourquoi ? Parce que ces interpellations arbitraires produisent des discriminations raciales. Elles ciblent de manière injuste et disproportionnée des minorités racisées.

Les jeunes hommes noirs et arabes de 15 à 34 ans sont particulièrement visés. Cela crée une relation de méfiance et de mépris qui mine la sécurité des communautés visées et décourage ceux qui ont goûté à un tel traitement d’appeler les policiers lorsqu’ils sont en danger. Loin de réduire la criminalité, cela risque au contraire de l’augmenter.

En 2019, la Nouvelle-Écosse a instauré un tel moratoire à la suite d’un rapport de recherche qui faisait le même constat. Au SPVM, bien que les chercheurs estiment, analyse rigoureuse à l’appui, qu’il s’agit de la seule vraie façon de changer les choses, on a rejeté la recommandation faite en 2023. Le chef Fady Dagher avait expliqué vouloir résoudre le problème plutôt qu’annoncer une mesure qu’il estimait « symbolique » – même si les chercheurs ont fait la preuve que l’interpellation sans motif est une pratique discriminatoire dont les conséquences n’ont rien de symbolique. Il continuait de faire le pari qu’il était possible de maintenir la pratique tout en veillant à ce qu’elle soit respectueuse des droits et libertés de toutes les populations.

En dépit des bonnes intentions du chef de police et des efforts louables consentis pour tenter de transformer la culture policière, ce qui s’est passé à Montréal-Nord nous rappelle que ce pari à long terme est visiblement loin d’être gagné. Peut-être le sera-t-il un jour. Mais d’ici là, le SPVM ne peut pas continuer à utiliser un outil qui, à l’heure actuelle, perpétue des pratiques que l’on sait discriminatoires.

« Il ne faut jamais gaspiller une crise », a dit le chef du SPVM.

En attendant l’enquête publique, on ne peut qu’espérer que cette crise serve de levier pour rectifier le tir dès maintenant.

ByLeora SchertzerJune 17, 2026 at 6:06 a.m.Ever since allegations of systemic racism in a Montreal police unit surfaced ...
06/17/2026

By
Leora Schertzer
June 17, 2026 at 6:06 a.m.

Ever since allegations of systemic racism in a Montreal police unit surfaced on Friday, calls for deep-rooted changes to the police force have resounded among racialized communities.

But what, concretely, do these changes look like?

For leaders of the organization Afro Youth Summit, the next step is bringing an end to random police traffic stops — or at least regulating them.

“Just the same way a police officer cannot go into your house without getting a court order. We don’t require that you get a court order, but at least call in the office so that it’s documented. So that if anything happens before, then you can say, ‘Well, why did you stop him? What was it?’ There has to be a motive — a real motive, and not a figment of their imagination,” said Alix Adrien, vice-president of the organization, in an interview Tuesday after a conference held by the Afro Youth Summit.

“It’s way too much power to give a person to be able to stop a car, and just because, well, you fit the description of a suspect.”

The calls for systemic change come after Montreal police (SPVM) Chief Fady Dagher announced Friday that an internal investigation had been launched into claims that officers on a Montreal North patrol team were disproportionately targeting Black and Arab citizens. Two officers from the team have been suspended and 14 others reassigned or relocated pending the investigation.

Officers were alleged to have made racist remarks and, according to allegations reported by La Presse and Radio-Canada, some collected pieces of locks to keep as trophies from people they apprehended.

Allegations of racism in Quebec’s police forces are nothing new: the Supreme Court has been reviewing whether police can constitutionally stop drivers at random since 2024. Joseph-Christopher Luamba first filed the case in Quebec’s Superior Court in 2022. He said he had been stopped by police while driving at least 10 times for seemingly no reason. He said he believes he was racially profiled, and is seeking a rule that declares random traffic stops unconstitutional.

Édouard Staco, president of the Afro Youth Summit, says he also hopes the Supreme Court declares the practice of random stops unconstitutional, which he believes is an important next step toward systemic change in policing.

“Police and authorities have never proven that this tool has prevented any crimes. On the other hand, the evidence of disproportionate impacts on people in Black and racialized communities is clear. So the harm is well-documented. The benefits are not,” Staco said in an interview Tuesday.

Quebec’s justice minister, Simon Jolin-Barrette, previously said that random traffic stops are an important tool for police.

Adrien says the argument that random stops are needed to ensure safety lacks evidence, noting that the stops are often motivated by racial profiling and not exactly “random.”

“We don’t want to ban the ability to stop (people), we just don’t want it to be random. And believe me, most of us have been pulled over by police officers,” he said, adding that there just needs to be another step so the random stops don’t happen “on a whim” and hopefully have a positive long-term impact.

A lawyer specializing in racial profiling cases at the Clinique juridique de St-Michel, Dardia Joseph, said in an interview that the scandal at Station 39 is just the tip of the iceberg of racism in Montreal’s police force. Similarly, she says the Supreme Court hearings are just one small part of the fight against police racism.

“We don’t reverse centuries of centuries or a decade of racial profiling with only just one decision. It’s a systemic problem, and systemic problems need a systemic approach,” Joseph said.

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