08/24/2026
Féminicides au Québec: «refus de la séparation» et «menaces», parmi les signes à ne pas ignorer
AGENCE QMI, 20 août 2026
Face à la montée des féminicides au Québec, une intervenante spécialisée en violence conjugale explique les mécanismes qui poussent un homme à commettre l’irréparable, et identifie les signaux d’alarme à ne pas ignorer.
Le constat est brutal : dans plus de 80 % des féminicides, des signes précurseurs étaient présents, selon Geneviève Landry, présidente d’À cœur d’hommes et directrice générale d’Entraide pour hommes.
« C’est possible de pouvoir les prévenir quand on est capable vraiment de détecter les signes précurseurs d’un féminicide », a-t-elle déclaré en entrevue à Qub radio et télé diffusé simultanément au 99,5 FM Montréal, jeudi.
Le déclencheur le plus fréquent n’est autre que le refus de la séparation, selon celle qui œuvre dans ce domaine depuis 30 ans. « L’élément principal qui déclenche des idées de vengeance, des idées d’homicide, c’est le refus de la séparation. C’est vraiment ce qu’on voit dans la majorité des cas. »
Ces hommes, déjà inscrits dans une dynamique de contrôle et de jalousie, basculent progressivement. Ils objectivent leur partenaire, la réduisent à un objet, et s’enfoncent dans une spirale de rage, explique Mme Landry.
« À un moment donné, il est tellement pris dans son obsession que de la tuer devient la seule solution et il finit par croire que c’est ça qui est la vérité et c’est ça qu’il doit accomplir. »
Des ressources existent
À l’Entraide pour hommes, une collaboration avec le service de police Richelieu-Saint-Laurent permet de contacter les auteurs de violence dans les 48 à 72 heures suivant leur arrestation.
Résultat : 70 % acceptent de parler. « Je savais même pas que ça existait, fait que j’aurais même pas été vers vous », témoignent certains d’entre eux.
Les conditions judiciaires seules ne suffisent pas. « Des conditions judiciaires, ça enlève pas la rage, ça enlève pas la colère, ça enlève pas les idées de vengeance. » C’est pourquoi l’accompagnement psychosocial est indispensable, et urgent, selon Geneviève Landry.
Pour l’entourage, les signaux d’alarme sont clairs : harcèlement après la rupture, agressivité soudaine, menaces de su***de ou de vengeance, et discours déshumanisant envers l’ex-partenaire.