04/22/2025
Une humanité qui recule
Je marche dans ce monde avec la certitude d’être moi-même, une femme , entière et légitime. Pourtant, chaque jour, la réalité me rappelle que mon existence reste une bataille. Pas une bataille pour exister—car j’existe et existerai toujours—mais une bataille contre l’intolérance grandissante, cette marée qui semble vouloir nous engloutir, nous réduire au silence, nous effacer.
Pourquoi tant de haine envers nous ? Cette question me hante, résonne en moi comme un cri étouffé dans une société qui se prétend évoluée, mais qui cherche à nous enfermer dans des cases qu’elle juge immuables. Aux États-Unis, la vague conservatrice prend des mesures de plus en plus violentes contre la communauté LGBTQ+, et particulièrement contre les femmes trans. Les décrets présidentiels s’enchaînent, non pas pour nous protéger, mais pour nous fragiliser, nous exclure, nous désigner comme une menace alors que nous ne cherchons qu’à vivre, simplement.
En Grande-Bretagne, les décisions juridiques censées défendre les femmes biologiques deviennent un outil détourné pour restreindre encore davantage les droits des femmes trans. Peu à peu, on nous refuse l’accès aux espaces publics réservés aux femmes, comme les toilettes ou les vestiaires, créant une frontière invisible entre "elles" et "nous", comme si nous étions étrangères dans notre propre identité. Comme si notre féminité était toujours remise en question, jamais digne d’être reconnue.
Mais faut-il rappeler que ce recul n’est pas isolé ? Partout dans le monde, la haine progresse. Les minorités sont ciblées, harcelées, expulsées des discours de justice et d’égalité. Il semble que nous soyons dans une ère où l’on préfère diviser plutôt qu’unir, effacer plutôt qu’accepter. Pourtant, l’humanité ne devrait pas se définir par la peur et la répression. Elle devrait être portée par l’évolution, par le respect de chacun, par la reconnaissance de la beauté et de la diversité qui nous composent.
Je veux croire en un avenir où nous avancerons, où nous cesserons de revivre les injustices du passé, où les droits des personnes trans et LGBTQ+ cesseront d’être un champ de bataille. Mais aujourd’hui, je ressens la peur, cette peur sourde qui s’installe dans nos esprits, car nous ne sommes pas seules à la ressentir. La violence des mots, des lois, des actes nous frappe de plein fouet, et il devient difficile de ne pas se demander : que restera-t-il de nous si nous ne nous relevons pas, ensemble ?
Katheryne Pierce