08/18/2026
𝘋𝘦𝘶𝘹 𝘧𝘦𝘮𝘮𝘦𝘴 𝘵𝘶é𝘦𝘴 𝘦𝘯 48 𝘩𝘦𝘶𝘳𝘦𝘴 à 𝘔𝘰𝘯𝘵𝘳é𝘢𝘭 : 𝘱𝘳é𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳 𝘢𝘷𝘢𝘯𝘵 𝘲𝘶’𝘪𝘭 𝘴𝘰𝘪𝘵 𝘵𝘳𝘰𝘱 𝘵𝘢𝘳𝘥
En seulement 48 heures, deux femmes ont été violemment assassinées dans le quartier Saint-Michel, à Montréal. L’un de ces drames est traité comme un féminicide conjugal présumé, alors que l’enquête se poursuit concernant le second meurtre. Ces événements exigent une réponse collective, urgente et responsable. (TVA Nouvelles)
Parlons Entre Hommes (PEH) condamne sans réserve toutes les formes de violence envers les femmes. Nous offrons nos sincères condoléances aux familles, aux enfants et aux proches des victimes.
Soyons très clairs : la détresse psychologique, les traumatismes, la jalousie ou les difficultés conjugales ne justifient jamais la violence. La responsabilité appartient toujours à celui qui choisit de menacer, de contrôler ou de passer à l’acte. Soutenir la santé mentale des hommes ne doit jamais servir à excuser un agresseur ni à minimiser les féminicides.
Cependant, condamner après le drame ne suffit plus. Il faut aussi intervenir avant l’escalade.
Trop d’hommes vivent encore leurs crises dans le silence, la honte, l’isolement ou le déni. Certains ne demandent de l’aide qu’une fois arrivés au point de rupture. D’autres ne savent pas vers quelle ressource se tourner ou ne se reconnaissent pas dans les services existants. C’est précisément dans cet espace de prévention que PEH veut agir — en complémentarité avec les maisons d’hébergement pour femmes, les organismes spécialisés en violence conjugale, les services policiers et le réseau de la santé.
Le plan concret de PEH
PEH souhaite déployer un continuum de prévention destiné aux hommes vulnérables ou présentant des comportements préoccupants :
* Une porte d’entrée rapide et confidentielle permettant aux hommes de demander de l’aide avant une crise ou un passage à l’acte.
* Une évaluation des risques et une orientation immédiate vers les services spécialisés, particulièrement lorsqu’une femme ou des enfants pourraient être en danger.
* Des groupes de parole encadrés portant sur la gestion des émotions, la colère, la jalousie, le contrôle, la séparation, le rejet et la responsabilisation.
* Un accompagnement individuel en santé mentale, en relation d’aide et en gestion de crise.
* Des ateliers sur les relations saines, le consentement, la communication non violente, la coparentalité et la prévention de la violence conjugale.
* Un soutien particulier pendant les périodes à risque, notamment une séparation, une perte de garde, un deuil, une crise financière ou une détresse suicidaire.
* Le projet de Refuge temporaire pour hommes en détresse psychologique : un lieu sécuritaire de stabilisation de courte durée, loin du domicile familial, avec encadrement professionnel et plan de suivi.
* Un protocole de collaboration avec les ressources pour femmes, les organismes spécialisés pour hommes ayant des comportements violents, le SPVM et les services psychosociaux.
* Des activités de sensibilisation auprès des garçons et des jeunes hommes afin d’enseigner tôt la responsabilité émotionnelle, le respect et la résolution pacifique des conflits.
* Un suivi après la crise pour réduire les risques de récidive et favoriser une réintégration responsable dans la famille et la communauté.
Protéger les femmes et intervenir auprès des hommes ne sont pas deux causes opposées. Ce sont deux dimensions essentielles d’une même stratégie de prévention. Aider un homme à reconnaître sa dangerosité, à quitter temporairement une situation explosive et à recevoir un encadrement spécialisé peut contribuer à protéger une femme, des enfants et toute une famille.
Nous demandons aux gouvernements fédéral et provincial de financer durablement les organismes communautaires capables d’agir en première ligne. PEH est prêt à collaborer, mais une mission aussi importante ne peut pas reposer uniquement sur le bénévolat et les ressources limitées.
Il faut financer la prévention avant de devoir financer les conséquences.
Une femme ne devrait jamais perdre la vie parce qu’un homme n’a pas demandé de l’aide, a refusé de se responsabiliser ou n’a pas été intercepté à temps.
Parler. Intervenir. Responsabiliser. Protéger. Avant qu’il soit trop t**d.
En situation de danger immédiat, composez le 911. Pour obtenir de l’aide liée à la violence conjugale, communiquez avec SOS violence conjugale : 1 800 363-9010, accessible 24 h sur 24.
À peine 48 heures après un horrible meurtre conjugal survenu dans le quartier Saint-Michel, un autre drame s’est produit dans le même secteur.