10/30/2026
Les véhicules automobiles
Une chronique de Jocelyne Patry et Colette Légaré
Quelle est cette « bibitte » bruyante, à odeurs étranges qui avance toute seule? Ces touristes ont-ils une nouvelle « monture »? Sceptiques, apeurés mais fascinés, nos concitoyens en restent pantois… Peut-on vraiment se déplacer avec cet engin?
Comme à chaque époque, la représentation du changement fait peur. Les chevaux sont tellement pratiques et versatiles! Dans les champs comme sur les chemins, ils participent aux labours, au transport du foin, du bois, de l’eau d’érable… conduisent les familles à l’église, chez la parenté, en pique-nique. Et quelle sécurité à la fin d’une soirée de savoir que vos fidèles chevaux vous ramèneront au bercail, quel que soit votre état!
Mais cette nouvelle machine va quand même plus vite et elle ne demande pas d’être nourrie deux fois par jour! Alors l’engouement citadin s’étend peu à peu aux villages et aux campagnes. Car l’automobile promet l’aventure! Aller plus loin, plus vite!
Pourtant avoir sa propre automobile signifie être assez fort pour tourner la manivelle pour la faire démarrer, être assez habile pour remplacer et même réparer les pneus lors des nombreuses crevaisons occasionnées par les clous perdus des fers des chevaux, être assez patient pour respecter les arrêts répétés obligés par la loi à chaque fois que vous croisez une voiture à cheval et être assez musclé pour désembourber votre véhicule sur les routes souvent détrempées pour ne pas dire impraticables!
Le chauffeur privé est le nouveau métier au goût du jour et il relègue au second plan tous les inconvénients cités… dans les cités justement! Dans la région, la plupart des hommes ont attendu que, finalement, le produit et l’infrastructure s’améliorent!
Vers 1925, Paul-Émile Grenon, un homme d’affaire de Saint-Jovite, possède deux garages, un ici, l’autre à Sainte-Agathe, il vend du General Motors… Et l’affaire est simple… si vous êtes progressiste et que vous avez l’argent, vous achetez l’automobile que vous désirez. Vous lui apposez une « licence » que vous avez fabriquée selon les critères et le numéro imposés. Vous êtes prêt à prendre la route. Nul besoin de permis de conduire, vous faites votre apprentissage directement sur la route qui vous ramène du garage à votre maison!
Vers la fin des années 1930, la municipalité bénéficie d’un camion de pompiers et dans les années 1940, déjà plusieurs citoyens possèdent soit un camion, soit une automobile dont Monseigneur Rodolphe Mercure, un don de ses paroissiens, Alcide Forget, Antonio Légaré, Paul-Émile Charbonneau, William Duncan, Jérôme Léonard et Édouard Brisebois.