Société du Patrimoine Sopabic

Société du Patrimoine Sopabic Société de patrimoine couvrant le secteur du bassin inférieur de la Rouge

Le magasin généralUne chronique de Jocelyne Patry et Colette LégaréDans un village, le magasin général est un incontourn...
06/19/2026

Le magasin général

Une chronique de Jocelyne Patry et Colette Légaré

Dans un village, le magasin général est un incontournable! Les gens s’y procurent des marchandises, côtoient leurs concitoyens et échangent des nouvelles. Au fil du temps, les noms de Charbonneau, Gauthier, Paquin y sont associés pour la région. Leurs magasins présentent des traits semblables et typiques…

D’abord à l’extérieur, des poteaux pour attacher les chevaux, puis la porte à clochette annonçant l’arrivée du client et le grand comptoir, derrière lequel règne le maître des lieux. Dans son dos, intégrés au mur, plusieurs caissons de bois qui contiennent du sucre, de la cassonade, des pois, des dattes, des raisins de Corinthe, des fèves, du riz, de la farine, différentes épices (gingembre, cannelle…), du souffre, du salpêtre, etc. Sur le comptoir, une caisse enregistreuse, une balance pour peser les produits, un gros rouleau de papier brun et une bobine de ficelle utilisés pour l’emballage des marchandises. Car la coutume veut que le propriétaire serve la clientèle. Il n’est pas question de libre-service.

Le villageois, l’habitant ou la ménagère peut s’y présenter pour différents achats. Selon leurs moyens, ils paient comptant ou font marquer, c’est-à-dire qu’ils achètent à crédit. À leur disposition une grande variété de produits allant des vêtements masculins pour le travail à la ferme aux tissus à la mode pour la couturière, des cannes à pêche en bambou aux munitions pour les fusils de chasse, toutes sortes d’ustensiles et de chaudrons et des produits alimentaires en vrac dont le sucre, la mélasse, la levure, les bonbons et les biscuits.

Le tabac n’est pas en reste, le tabac à pipe en feuille est vendu au magasin. On y retrouve plusieurs sortes : Grand- Rouge fort, Petit-Rouge, Petit Canadien et tabac de Curé. Il ne faut pas oublier la production locale. Chaque année, il y a un concours de dégustation de tabac chez les cultivateurs et le gagnant a le privilège de faire vendre son tabac au magasin général pour une année. La vente de diverses sortes de tabac, y compris la production locale, s’élève à plus de mille livres par année.

Mais le magasin général fait aussi office de lieu de rencontre. Si le jour est consacré aux achats, le soir, les anciens s’y rassemblent pour fumer la pipe, jouer aux cartes ou aux dames, se raconter les derniers potins et discuter d’actualité et de politique tout en ne refusant jamais un verre de p’tit caribou!
Le magasin général est le cœur du village et rythme la vie de la communauté.

Saint-Jovite-Station, un village dans un village Une chronique de Jocelyne Patry et Colette LégaréDès 1864, des pionnier...
06/12/2026

Saint-Jovite-Station, un village dans un village

Une chronique de Jocelyne Patry et Colette Légaré

Dès 1864, des pionniers s’établissent un peu partout sur le territoire du canton de Salaberry. Des maisons et des fermes se concentrent déjà en village sur les terres du Grand-Brûlé vers 1875 et la paroisse Saint-Jovite est officiellement créée en 1879.
Quand le train entre en gare pour la première fois, l’arrêt ne se situe pas au cœur de ce village et, comme le veut la tradition, le mot Station est ajouté pour dénommer le nouveau secteur. Saint-Jovite-Station naît donc avec l’arrivée du service ferroviaire en 1893. Le 26 octobre, au moment de l’inauguration officielle du trajet du chemin de fer jusqu’à la Chute-aux-Iroquois (Labelle), le gérant Graham et les ingénieurs de la compagnie forestière Perley envisagent un projet de bureaux et de résidences près de la gare.
Dès cette année-là, en effet, la compagnie installe ses quartiers généraux à proximité et assure, en cette fin de siècle, une expansion rapide de Saint-Jovite-Station. La résidence du directeur et quelques autres habitations prévues pour ses dirigeants américains, protestants et anglophones, y sont regroupées et forment le noyau initial de ce site.
Lorsque le directeur de la Perley, Dawson Beattie, veut épouser Agnes Westgate, celle-ci refuse d’élever sa famille dans un endroit où il n’y a pas de temple de sa confession religieuse, soit la United Church. Elle accepterait de s’exiler à Saint-Jovite-Station à la condition d’avoir une église et une école. Le président de la Perley consent alors à fournir le bois nécessaire à leur construction, en contrepartie, la future épouse doit trouver le father qui sera responsable du culte.

Finalement, c’est le ministre d’Arundel, de même confession que mademoiselle Westgate, qui se laisse convaincre de venir présider aux offices. En 1905, dans cette église récemment bâtie par Joseph VanChesteing, Dawson Beattie unit sa destinée à Agnes Westgate et le couple s’installe à Saint-Jovite-Station.

L’école et la salle communautaire pour les loisirs sont construites dans les mêmes années. Mais c’est grâce à la compagnie Riordon qui remplace la Perley en 1912 que le village protestant est de mieux en mieux desservi.

À ce moment, plusieurs commerces font leur apparition. Robert Godfrey Brown ouvre un magasin général et est responsable du bureau de poste. Vers 1915, il le vend à Thomas Watchorn qui y travaille jusqu’en 1943. Cette année-là, Donat et Valentine Boivin en deviennent les propriétaires et s’en occupent jusqu’à leur retraite. Le bâtiment du restaurant Le Rusé Renard occupe l’emplacement de ce magasin général mais n’est pas situé dans l’édifice d’origine car celui-ci a été détruit par un incendie.
Vers 1909, William Duncan vient s’y établir avec sa famille. Il devient le forgeron attitré des compagnies forestières mais sa forge sert aussi à ferrer les chevaux des habitants des environs. L’année suivante, Une banque est installée près de « l’office » pour répondre exclusivement aux besoins de la compagnie.

En 1925, la compagnie Canadian International Paper (CIP) succède à la Riordon. Elle occupe les mêmes installations que ces prédécesseurs. Elle fait venir des professionnels pour Saint-Jovite-Station dont un serrurier, Aldéric Cadieux, qui s’établit sur la rue Beattie. Le Petit Château, connu également sous le nom d’hôtel Côté, loge dans le même quartier. Malheureusement, un incendie le détruit le 4 mars 1968.

Saint-Jovite-Station est un village dans un village et la petite colonie anglaise y vit repliée sur elle-même, à l’écart des autres habitants. Tout les sépare : la langue, la culture, la religion et le statut social. Pour commémorer cette particularité, l’endroit, nommé Beattie-des-Pins, est identifié depuis 1992 comme site du patrimoine par la ville de Mont-Tremblant (Saint-Jovite, à l’époque). On reconnaît de cette façon, l’intérêt historique du lieu ainsi que la valeur architecturale de ses résidences privées de style américain.

LE CURÉ DESLAURIERS ET LE MONT-TREMBLANT LODGEUne chronique de Jocelyne PatryEn poste dans la paroisse Sacré-Cœur-de-Jés...
06/05/2026

LE CURÉ DESLAURIERS ET LE MONT-TREMBLANT LODGE

Une chronique de Jocelyne Patry

En poste dans la paroisse Sacré-Cœur-de-Jésus depuis 1929, le curé Charles-Hector Deslauriers s’active énergiquement auprès de ses paroissiens afin de contrer chômage, misère et détresse engendrés par la Grande Crise. Lorsqu’il rencontre en 1938, Joe Ryan qui envisage sérieusement le développement d’une station de ski sur la « montagne tremblante », il en perçoit tout de suite le potentiel touristique et les perspectives de travail pour ses gens.
Les démarches auprès du gouvernement provincial s’éternisent car le premier ministre Duplessis voit d’un mauvais œil ce riche américain voulant se bâtir « un terrain de jeu » et lui demandant, de surcroit, de céder une partie du parc national pour le réaliser. À une rencontre avec ce dernier, Joe Ryan se présente accompagné du curé Deslauriers. Celui-ci plaide l’apport incontestable de centaines d’emplois pour la population francophone du lieu et l’élan de développement que suscitera une telle entreprise. L’affaire est conclue.
Déjà cinquante hommes s’acharnent au défrichement des pistes et 150 autres à la construction de la station de ski, ce qui permet une ouverture du Mont-Tremblant Lodge en février 1939. Pour le curé Deslauriers, sa paroisse, et sa municipalité dès 1940, ont maintenant un avenir.
Depuis le dénouement de l’impasse grâce à son aide, Joe et Mary Ryan manifestent une grande confiance au curé Deslauriers. Ils lui confient les offices à la chapelle Saint-Bernard construite au pied de la montagne. Après la messe dominicale, le Father bénit, en français et en anglais, les skieurs rassemblés afin de les préserver des accidents. Mais là ne s’arrête pas sa tâche, veillant toujours à la priorité d’emploi pour les gens du village, il devient le médiateur entre le personnel et les propriétaires.
Pour le curé Deslauriers, l’avènement de la station s’inscrit dans un prolongement de son action, après avoir été témoin des descentes des côtes du village sur des skis rudimentaires, après avoir fondé un club de ski en 1934, le Mont Tremblant Ski Club, pour améliorer les conditions, après avoir installé une rampe de saut de 30 mètres atterrissant sur le lac Moore et créer des compétitions inter-villages. Pour lui, tous les jeunes devraient maintenant avoir l’occasion de faire du ski. Il offre donc au moins une journée de ski par année aux élèves de l’école du village. Une journée attendue avec grand plaisir même si tous ne sont pas talentueux. Pour ceux-ci, il organise et parraine pendant plusieurs années des compétitions dont la course Taschereau pour les jeunes.
Visionnaire, le curé Deslauriers a su tirer parti pour l’ensemble de sa population d’un projet novateur pour l’époque : le développement d’un centre de ski au cœur de sa paroisse.

Le curé Deslauriers bénissant les skieurs devant la chapelle Saint-Bernard.
Fonds P37 SOPABIC
Le curé Deslauriers et Mary Ryan photographiés devant le Chalet des Voyageurs au Mont-Tremblant. Photo : Ray Pepin Fonds P37 SOPABIC

Amusez-vous!
06/01/2026

Amusez-vous!

La pêche d’hier à aujourd’huiUne chronique de Louise RoyerLa pêche est sportive et règlementée. Il faut un permis, respe...
05/29/2026

La pêche d’hier à aujourd’hui

Une chronique de Louise Royer

La pêche est sportive et règlementée. Il faut un permis, respecter la date d’ouverture, la taille et le nombre de poissons. Au temps de la colonisation, c’était un moyen de survie, sans règlements ni matériels sophistiqués. Une branche d’arbre, une corde, un hameçon et voilà le souper!

Mon grand-père racontait que les gens mettaient des lignes dormantes à la noirceur et les relevaient le matin en espérant ne pas voir le garde-pêche. Un autre souvenir est de ramer dans une verchère en bois de 24 pieds pendant que mon grand-papa nous dirigeait vers les bonnes fosses en pêchant à la traîne. En famille, les soirs d’été, partir sur le Lac-Tremblant au coucher du soleil et pêcher à l’entrée de la rivière Cachée, remplir le fond de la chaloupe de crapets-soleil, barbottes et perchaudes, Dieu merci, les achigans n’avaient pas envahi le lac. Nous revenions à la noirceur, transis, on se préparait pour la nuit, grand-maman arrangeait les poissons et faisait une friture qu’on mangeait avant de se coucher.

L’augmentation de la population autour des lacs, l’intérêt pour la pêche sportive et les excès ont mené à une baisse du nombre de poissons. Dès 1905, le gouvernement a créé une pisciculture à Mont-Tremblant. En 1933, elle fut transférée sur le site de Saint-Faustin, plusieurs l’ont fréquenté les fins de semaine avec un pique-nique. On se souvient des bassins où l’on nourrissait les truites et l’aquarium intérieur avec les poissons difformes. Simultanément, des piscicultures privées ont vu le jour et permettent aux gens d’ensemencer leurs lacs.

À Mont-Tremblant, Bruno St-Jean a ouvert une pisciculture en 1973. Actuellement Pisciculture Mont-Tremblant inc. produit la plus grande quantité de truites au Québec, sur le plus petit terrain! Ils produisent 80 tonnes soit 340 000 truites annuellement, essentiellement pour l’ensemencement. Karl Nolin y travaille depuis 25 ans et en est devenu le propriétaire. Karl souligne l’amélioration des techniques d’élevage et la diminution des pertes de l’alevin jusqu’à la mise à l’eau. Parmi les améliorations, la qualité supérieure de la moulée est un facteur déterminant. Au Québec, nous sommes très performants au niveau de la croissance du poisson, l’amélioration de la qualité des rejets, mais en re**rd au niveau de la production. Ici on produit 1200 tonnes et en Ontario 6 000 tonnes. Le grand défi pour accroître la production est d'être aux normes environnementales québécoises, les plus sévères au monde. Les piscicultures sont la réponse à la diminution du nombre de poissons en nature et l’augmentation du nombre de pêcheurs.

La pêche est ouverte! Profitez-en! C’est tellement agréable de mettre sa ligne à l’eau et d’avoir la surprise de ce qu’il y aura au bout du fil.

La tradition de la fabrication du miel. Une chronique de Colette Légaré, Félix Lapierre et Judith ForgetEn 1908, Joseph ...
05/22/2026

La tradition de la fabrication du miel.

Une chronique de Colette Légaré, Félix Lapierre et Judith Forget

En 1908, Joseph Thibaut s’établissait avec sa famille sur une terre sur la montée Ryan. Il élevait des abeilles. Il vendait le miel liquide ou en gâteaux au magasin général Gauthier, par la suite, magasin Paquin ainsi qu’aux particuliers. Pendant la guerre de 1914, le sucre était rationné, alors on se tournait vers le miel. Les ménagères inventaient toutes sortes de recettes pour dépanner les cuisinières et donner du goût à leur menu.
Son épouse Marie-Louise Brisebois, cultivait son jardin, sur une grande surface pour cultiver ses fleurs et faire butiner les abeilles.
Pratiquement tous les cultivateurs dans les années 40 et 50 possédaient leurs ruches. Pour extraire le miel, ils employaient un extracteur manuel.
Actuellement, la tradition se poursuit à Brébeuf. Félix Lapierre en fait son commerce. Le début de la production débute assez tôt. Dès l’âge de 19 ans, avec son jumeau Samuel, ils découvrent une vieille ruche dans un hangar familial. Fier de ses neveux qui s’intéressent à la fabrication du miel, leur grand-oncle leur offre leur premier essaim, accompagné d’un guide complet des Pères trappistes qui leur enseigne l’apiculture et leur prodigue de nombreux conseils pour réussir l’élevage des abeilles et des reines-abeilles. Le commencement est modeste, une ruche puis 2, 3 et finalement 17. L’apprentissage se continue, l’entreprise se nomme .
En 2009, la décision est prise de transformer le passe-temps d’apiculteur en véritable métier. Félix devient propriétaire de la ferme apicole.
Dans le rucher, Félix utilise un lève-cadre pour dégager les cadres des ruches. Il se sert de l’enfumoir pour calmer les abeilles et revêt une combinaison épaisse ainsi qu’un voile pour éviter de se faire piquer.

Le printemps est toujours une période de surprises et de défis; 20 à 40 % des ruches peuvent être perdues durant l’hiver. Malgré tout, chaque année, les abeilles se multiplient grâce aux bons soins reçus.
Après qu’il a suivi un cours sur l’élevage des reines, la ferme de Félix prend de l’expansion pour atteindre aujourd’hui près de 400 ruches. En 2015, sa conjointe Judith Forget se joint à l’équipe. Ensemble, ils développent l’Api-flex; un emballage écologique lavable et réutilisable à base de chanvre et de coton biologique enduit de cire d’abeille, qui remplace les pellicules de plastique.
Leur miel est non pasteurisé pour en conserver tous les bienfaits et aromes. Sa saveur varie selon la diversité florale et le moment où le nectar est recueilli. Le miel de printemps présente des notes de cerisier, de merisier et de pissenlit; celui d’été des parfums de tilleul, de framboise et de trèfle alors que le miel d’automne est davantage dominé par la verge d’or. Les apiculteurs utilisent aujourd’hui un extracteur moderne fonctionnant à l’électricité.

Le samedi 16 mai dernier, la Société d'histoire de la Chute aux Iroquois célébrerait son 25ème anniversaire. Durant cett...
05/19/2026

Le samedi 16 mai dernier, la Société d'histoire de la Chute aux Iroquois célébrerait son 25ème anniversaire. Durant cette soirée fort agréable, nous avons, entre autre, assisté au dévoilement de la nouvelle affiche du musée. La SOPABIC souhaite une longue vie à sa collègue.

La SOPABIC a présenté hier soir la dernière conférence printanière de la saison. Une cinquantaine de personne se sont pr...
05/14/2026

La SOPABIC a présenté hier soir la dernière conférence printanière de la saison. Une cinquantaine de personne se sont présenté pour en apprendre davantage sur le passé militaire qui s'est tenu dans les Laurentides durant la guerre froide. M.Thibeault nous a partagé ses connaissances sur rôle qu'a joué la base militaire de la Macaza dans la défense contre l'invasion russe par le nord canadien.

L’achalandage soutenu lors de nos 4 conférences nous confirme l'intérêt que vous portez au travail de la SOPABIC. Nous vous en remercions. Notre prochain événement sera l'exposition annuelle à l'automne. Plus de détails suivront à la fin de l'été.

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418, Rue De Saint-Jovite
Mont-Tremblant, QC
J8E2Z9

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