05/05/2026
・ À l’occasion de la Journée de la robe rouge, le 5 mai, officiellement reconnue comme la Journée nationale de sensibilisation aux femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées (FFADA2E+) au Canada, nous publions un texte de Mélissa Picard, une femme innue. Cette journée des robes rouges commémore les victimes, soutient les familles et dénonce la violence systémique.
Au Canada, entre 2011 et 2021, parmi l'ensemble des homicides liés au genre, 21 % des victimes féminines étaient autochtones, alors qu'elles ne représentaient que 5 % de la population en 2021 (Statistique Canada).
Extrait du texte de Mélissa Picard ・ « Ce sont elles, je les vois, je les ressens. Je ressens la peur, la douleur et voilà que pendant que j’écris, les émotions m’envahissent. Je pleure ma vie, de rage, d’incompréhension. Je vois ces femmes autochtones toutes belles, assassinées, je vois des sacs de plastique, je vois une rivière… C’est rouge. C’est rouge…
Je pleure allongée sur mon lit. Je suis épuisée. Je ne comprends pas vraiment ce que je viens de vivre. Des mots qui viennent d’une connexion que j’ignore, mais ils sont là, forts et prêts, intenses. Je regarde les lignes que j’ai écrites et c’est comme si j’avais vécu ce sort moi-même, comme si j’y étais. Ça semblait si réel.
Ce qui m’est arrivé ce matin-là, c’est revenu encore et encore. C’était comme si j’étais l’instrument, la plume des âmes passées, qui avaient quelque chose à dénoncer. Mais pourquoi moi ? »
Ce texte a d’abord été publié dans le numéro 20 de la r***e Littoral. Le texte a été repris ici avec l’aimable autorisation de l’autrice et de la r***e.
Grénoc - Groupe de recherche sur l'écriture nord-côtière
Femmes Autochtones du Québec - Quebec Native Women
À l'occasion de la Journée des robes rouges, le 5 mai, officiellement reconnue comme la Journée nationale de sensibilisation aux femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées (FFADA2E+) au Canada, nous publions un texte de Mélissa Picard, une femme innue. Cette...