Un regroupement citoyen pour la nécessaire création d’une voix
forte en faveur d’un système entièrement public de santé et de
services sociaux dans les Laurentides. Nous sommes des citoyen-nes de plusieurs MRC de la région des
Laurentides, en provenance de divers horizons sociaux et politiques,
outré-es par l’état déplorable du système public de santé. Que ce soit par l’état vétuste des
installations ou par un manque criant de main-d’œuvre, ces années de négligence
gouvernementale nous mènent à ce constat : les droits fondamentaux des citoyens à la
santé et à la dignité sont bafoués. Notre regroupement se mobilise autour de trois objectifs :
1) Un financement juste et équitable pour les Laurentides en santé et services
sociaux
Depuis plusieurs années déjà, des individus et des organismes revendiquent des
investissements importants pour remettre en bon état des infrastructures déficientes,
notamment les hôpitaux de la région. Malgré deux motions adoptées à l’unanimité à
l’Assemblée nationale1
, ces demandes restent toujours sans réponse. Actuellement, notre
région reçoit un pourcentage de financement en deçà de son poids démographique2 Notre
spécificité touristique fait en sorte que nous traitons aussi bon nombre de blessé-es qui ne
sont que de passage (villégiateurs, skieurs, excursionnistes), ce qui engorge, sans
dédommagement, nos installations et font grimper les taux d’occupation dans les
urgences.
2) Une décentralisation du système de santé
Nous sommes d’avis que la réforme proposée à travers le projet de loi 15, présentement à
l’étude, n’apportera pas les solutions adéquates aux problèmes du terrain. En effet, loin de se rapprocher des actrices et des acteurs qui assurent tous les jours les
soins aux patient-es, ce projet de loi parachèvera la centralisation des prises de décisions
et du pouvoir. La vision du projet de loi 15 prolonge la vision de la réforme Barette
éloignant encore plus les gens du terrain de leur implication dans les solutions. Il en ressort
une perte du sentiment d’appartenance pour les travailleurs et une perte de sens au travail.
1 La dernière en lice date du 11 mai 2022. Elle a été adoptée à l’unanimité par les parlementaires.
2 Nous représentons 7,9% de la population et recevons 4.5% du financement en santé. Dans l’état actuel du système, certain-es ont déjà du mal à rejoindre leur responsable de
département puisque ce responsable doit couvrir un large territoire et plusieurs
installations. La réforme Dubé accentuerait davantage ce problème. Les actrices et acteurs du terrain demandent une décentralisation et une proximité des
prises de décisions pour répondre aux spécificités du terrain. Le projet de loi 15 va à
l’encontre de l’efficacité dont il se targue en poursuivant la logique de la déshumanisation
des soins.
3) Un régime public solide, pour tous et toutes
Le projet de loi 15, qui ouvrirait encore plus grande la porte au privé, détournerait non
seulement les effectifs du système public, qui couvrent à peine les besoins actuels en soins,
mais consoliderait davantage un système à deux vitesses dans la province. On observe
déjà cette tendance dans les Laurentides : plutôt que d’investir dans nos infrastructures
publiques, le gouvernement autorise le financement de cliniques privées, et de mini-
hôpitaux accueillant de plus en plus de citoyen-nes avec leur carte de la RAMQ. Le privé
n’est pas la solution. Il fait en sorte que pour dégager une marge de profits, les
contribuables paient plus cher pour leurs soins. Pensons aux exemples de la clinique de
chirurgie orthopédique à Saint-Jérôme, à la clinique pédiatrique de Saint-Eustache, ou à
la clinique de l’œil à Boisbriand. Nous voulons que le financement public soit réellement
investi dans le système public de santé pour honorer le contrat social qui a fait du Québec
un endroit où la grosseur du portefeuille n’a pas d’incidence sur la qualité des soins reçus. Chaque semaine nous apporte son lot de situations aberrantes d’accès aux soins, certaines
médiatisées dans la presse nationale, dans lesquelles se retrouvent souvent des personnes
vulnérables ; références de patient-es dans les cliniques de soins privés, soins prodigués
dans d’autres provinces faute de disponibilités, attente aux portes de l’urgence en
attendant une place libre, etc. Cela nous confronte au fait que l’accès et la qualité de
services en santé et soutien social deviennent dans les faits de plus en plus difficiles à
obtenir. Les élu-es se doivent de changer la situation.