10/25/2026
25 octobre 1918 – La grippe espagnole frappe les militaires à Lévis
Il y a 108 ans aujourd'hui, le 25 octobre 1918, le soldat Eugène Beaupré, âgé de seulement 21 ans, décède alors que la pandémie de grippe espagnole frappe durement le Québec.
Originaire de la région de Saint-Gérard-Majella (près de L’Ancienne-Lorette, Québec), Eugène Beaupré sert dans l'infanterie canadienne, au sein du 2nd Quebec Regiment, sous le numéro matricule 3284926. Selon les renseignements de son dossier militaire, il aurait été admis le 9 octobre dans un établissement hospitalier militaire de Lévis, où il succombe à la maladie seize jours plus t**d.
À cette époque, Lévis possède une présence militaire beaucoup plus importante qu'on pourrait aujourd'hui l'imaginer. Le camp militaire de Lauzon, aménagé au XIXe siècle dans le secteur de l'actuel parc de la Paix, constitue depuis plusieurs décennies un important lieu d'entraînement pour les unités de milice de la région. Pendant la Première Guerre mondiale, il accueille notamment le Princess Patricia's Canadian Light Infantry ainsi que des volontaires serbes, tout en poursuivant ses activités militaires.
La région dispose également d'infrastructures médicales militaires, notamment l'hôpital militaire de Lauzon. Parmi les médecins militaires mobilisés pendant cette période figure le capitaine Ludovic Lavallée, originaire de Sainte-Louise, dans la Côte-du-Sud, et pratiquant la médecine à La Pocatière. Enrôlé le 2 septembre 1918 dans le Corps médical de l'Armée canadienne, il sert à l'hôpital militaire de Québec durant la pandémie de grippe espagnole. Son parcours témoigne de la contribution des professionnels de la santé de notre région à l'effort de guerre canadien.
À l'automne 1918, la grippe espagnole bouleverse profondément la vie des communautés québécoises. À Lévis, la situation devient particulièrement préoccupante. Le Collège de Lévis doit fermer temporairement ses portes, tandis que les ambulances transportent quotidiennement des malades vers l'Hôtel-Dieu. Les familles sont durement touchées et les décès se multiplient.
Les militaires ne sont pas épargnés. La promiscuité des camps d'entraînement, des casernes et des transports de troupes favorise la propagation rapide de la maladie.
Eugène Beaupré meurt le 25 octobre 1918, seulement 17 jours avant l'Armistice du 11 novembre. Il repose aujourd'hui au cimetière catholique de Saint-Gérard.
Son histoire nous rappelle que les sacrifices de la Première Guerre mondiale ne se limitent pas aux champs de bataille européens. Des militaires canadiens ont également perdu la vie au pays, victimes de maladies ou d'accidents pendant leur service.
Elle nous permet aussi de redécouvrir une page méconnue de notre histoire régionale : celle du camp militaire de Lauzon et des installations militaires qui ont contribué à l'effort de guerre canadien.
Aujourd'hui, nous rendons hommage au soldat Eugène Beaupré et à tous ceux qui ont perdu la vie au service de leur pays.
Nous nous souviendrons d'eux.
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October 25, 1918 – The Spanish Flu Strikes Military Personnel in Lévis
108 years ago today, on October 25, 1918, Private Eugène Beaupré, just 21 years old, died as the Spanish flu pandemic was sweeping across Quebec.
Originally from the Saint-Gérard-Majella area (near L’Ancienne-Lorette, Quebec), Eugène Beaupré served in the Canadian Infantry with the 2nd Quebec Regiment, under service number 3284926. According to information in his military records, he was reportedly admitted to a military medical facility in Lévis on October 9, where he succumbed to the illness sixteen days later.
At the time, Lévis had a much greater military presence than many people might imagine today. Lauzon Military Camp, established in the nineteenth century in the area of what is now Parc de la Paix, had served for decades as an important training ground for militia units from the region. During the First World War, it hosted the Princess Patricia's Canadian Light Infantry as well as Serbian volunteers, while continuing its military training activities.
The region also had military medical facilities, including Lauzon Military Hospital. Among the military physicians mobilized during this period was Captain Ludovic Lavallée, originally from Sainte-Louise in the Côte-du-Sud region, who practised medicine in La Pocatière. Enlisting in the Canadian Army Medical Corps on September 2, 1918, he served at the Military Hospital in Quebec City during the Spanish flu pandemic. His service illustrates the contribution of healthcare professionals from our region to Canada's war effort.
In the autumn of 1918, the Spanish flu profoundly disrupted life in communities throughout Quebec. In Lévis, the situation became particularly concerning. The Collège de Lévis was forced to close temporarily, while ambulances transported patients to the Hôtel-Dieu hospital on a daily basis. Families were severely affected, and the death toll continued to rise.
Military personnel were not spared. Crowded conditions in training camps, barracks, and troop transports contributed to the rapid spread of the disease.
Eugène Beaupré died on October 25, 1918, just 17 days before the Armistice of November 11. He is buried today in the Saint-Gérard Roman Catholic Cemetery.
His story reminds us that the sacrifices of the First World War were not confined to European battlefields. Canadian military personnel also lost their lives at home, victims of illness or accidents while serving their country.
It also allows us to rediscover a lesser-known chapter of our regional history: the story of Lauzon Military Camp and the military facilities that contributed to Canada's war effort.
Today, we honour Private Eugène Beaupré and all those who lost their lives in the service of their country.
We Will Remember Them.