12/17/2024
La revanche de Vincent
Je ne pouvait pas laisser tomber si facilement, l’échec est dur le moral, surtout quand tu y croyais.
Donc pour chasser ce nuage gris, quoi de mieux que de réessayer ?
À mois de 48h d’avis, j’annonce à Max que je re-tente le coup, mais différemment.
Le plan ? La première fois la nuit avait été difficile, donc je dors en PM, je part en début de soirée et je serai raisonnablement frais pour la nuit.
Ensuite juste à finir la journée et c’est dans la poche. Facile !?
Je part donc à 16h vendredi le 6 septembre, Maxime n’était pas disponible. Il viendra me rejoindre plus t**d m’encourager.
Je décide de faire ça dans une côte de Lévis près de chez moi, la côte du vieux fort près du Cégep.
Un côte constante juste assez à pic. 320 montés sont à l’horaire. La soirée est belle, tout va bien.
Maxime vient me rejoindre vers 11h30, il prévoit faire un demi Everesting. Il m’accompagnera donc jusqu’au matin.
L’estomac n’est pas top shape, mais les jambes sont bonnes la température est parfaite.
Après 10h de vélo il est 2h du matin et l’horloge du sommeil me rattrape.
Les 2h suivantes sont très difficile, je ne pense qu’au levé du soleil et me dit que mon corps se remettra en route pour sa journée.
Max est d’un très bon support il me permet de passer à travers des creux difficiles.
Jusqu’à 5h30 le moral est très bas, j’ai pris quelques heures de ret**d, ce qui fait que je finirai t**d dans la prochaine nuit. De plus, il annonce de la pluie vers la fin de soirée. Après la nuit très difficile malgré que je n’avais que fait 8h de vélo ne me rassure pas sur le déroulement de la prochaine.
Le soleil fini par se lever, j’ai presque 6800m de fait. Je vais nourrir mon chien chez moi et encore une fois le mal de coeur me reprend, je feel vraiment pas. Je prends quelques minutes et m’assois sur le divan. J’ai les jambes lourdes et l’esprit brisé, pendant plusieurs minutes je me visite des endroits noirs de mon esprit. Après de longues minutes, je ramasse tout le peu de volonté qu’il me reste et retourne rejoindre Max et Gabriel qui est arrivé pendant ce temps.
Max complète sont demi Everesting et retourne chez lui se reposer.
Deux autres très bons supporteurs me rejoignent ont roule à quatre pendant une belle heure et demie, je feels like a million bucks. Le moral est au top, booster par mes amis présent un samedi matin à 7h30, j’ai des amis aussi fou que moi. Mais ça ne dure pas longtemps, 2h après mon dernier creux, je retombe dans un endroit sombre de mon cerveau. Mes amis partent et un autre qui passait par là, prend leur place et me porte compagnie.
À ce stade ci, j’ai pris beaucoup de ret**d, j’ai 18h de fait et je n’ai pas encore complété mon premier Everesting. Pour comparaison mon premier l’an dernier m’avais pris 15h pile. Il annonce de la pluie en soirée et relativement frais, je sais que je ne passerai pas au travers d’une autre nuit aussi difficile surtout seul. Je décide donc de terminer mon premier Everesting et d’aller me coucher. Ça ne sert à rien de continuer à souffrir pour abandonner à 10h le soir. J’aurais été en mesure de continuer, sachant qu’il faut juste pousser au travers des moments sombres et profiter des moments d’éclaircie. Mais sachant que je passerai la nuit seul sous la pluie, j’y vois peu d’intérêt à continuer.
Dan me tient compagnie pour la dernière heure et demie. Je fini finalement de me sortir d’un creux pour les dernières montés. Sachant que ce sont les 3 dernières je décide de tester les jambes pour voir comment après 19h de vélo elles se comportent. Cette information me permet de savoir si mes jambes sont un facteur limitatif dans ce genre de défi et si je les ai entraînées suffisamment. Les montés précédentes ont varié de 190w lorsque j’étais frais, à 140w dans les moments difficiles et environ 165w le reste du temps. Je fais donc les trois dernières avec une intensité progressive. La première à 190w, la deuxième à 225w et la troisième et dernière à 290w. Les jambes ne bronchent pas et tiennent le coup. Pas de crampe ni même de raideur signalant des crampes potentielles. Tenir une puissance over FTP à 290w/4.5w/kg pour 2m20s avec une pointe de 15s à 360w après 19h30 de vélo signifie qu’il m’en restais en masse sous la pé**le.
Les jambes étaient prêtes pour ce genre de défi, si ce n’était pas ça, qu’est-ce qui m’a limité et m’a fait abandonner 2 fois plutôt qu’une. Qu’est-ce qui m’empêche de réussi ?