09/16/2026
«On lâchera pas le morceau tant qu’on n’aura pas de gain substantiel»
Nicolas Luppens, chargé de mobilisation et de la vie associative à la Corporation de développement communautaire de la Haute-Yamaska, quelques minutes avant le départ de la délégation granbyenne en direction de la mobilisation nationale du mouvement «Le Communautaire à boutte», à Trois-Rivières, mardi. (Catherine Trudeau/La Voix de l'Est)
«Avec un financement accru, on pourrait vraiment faire des pas de géants pour aider à contrer les grandes crises sociales qu’on vit avec l’itinérance, le manque de logement, le coût de la vie», analyse Nicolas Luppens de la Corporation de développement communautaire de la Haute-Yamaska.
«On voit beaucoup la population s’appauvrir sur notre territoire, davantage d’itinérance. Ce sont des symptômes que le filet social ne s’améliore pas», analyse Nicolas Luppens, chargé de mobilisation et de la vie associative à la Corporation de développement communautaire de la Haute-Yamaska (CDC-HY).
M. Luppens faisait partie d’une délégation de 80 travailleurs du communautaire partie de Granby mardi matin afin de rejoindre Trois-Rivières et participer à une mobilisation nationale en cette période de campagne électorale.
Des organismes de Brome-Missisquoi sont également partis de Cowansville, mardi matin.
Les revendications du communautaire
Un financement accru: le communautaire demande au gouvernement d’augmenter son appui à 130 000 $ par organisme et par an, en moyenne
Un financement à la mission plutôt que par projet, soit la reconnaissance de l’action communautaire autonome
La reconnaissance du communautaire en tant que partenaire stratégique
En faire 50 fois plus
Le mouvement communautaire estrien (ROC Estrie) demande au gouvernement de multiplier sa contribution par 50, soit de la faire passer de 1,2 million à 63,2 millions pour 2026-2027, dans le cadre du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC).
Ce PSOC, principale source de revenus pour ces organisations, ne représente actuellement que 6602 $ par organisme et par an, rappelle la délégation granbyenne par voie de communiqué.
«Lever le drapeau rouge»
Le communautaire peine à retenir ses employés, à cause des piètres conditions de travail qui sont surtout associées au financement précaire des organismes, rappelle M. Luppens, qui a récemment délaissé la direction de la CDC-HY pour revenir plus près du terrain.
Les organismes lèvent le drapeau rouge, dit-il, car ce seront ultimement les services que nous fournissons aux citoyens qui seront impactés s’il n’y a pas un changement de direction.
«On ne lâchera pas le morceau tant qu’on n’aura pas de gain substantiel», assure-t-il.
Paradoxe
La cellule locale Communautaire à boutte Haute-Yamaska rappelle que le gouvernement du Québec a adopté en 2001 la Politique de reconnaissance de l’action communautaire.
«Celle-ci reconnaissait le milieu communautaire comme une contribution essentielle à l’exercice de la citoyenneté et au développement social du Québec», souligne la cellule dans son communiqué.
Ce discours est en porte-à-faux avec le sous-financement chronique et récurrent, déplorent ses porte-paroles.
SOURCE: LA VOIX DE L'EST 15 -09-2026