10/09/2026
Le su***de chez les hommes.
C’est un sujet dont on parle de plus en plus. Mais quand on regarde autour de nous, faut comprendre quelque chose d’important.
Pour un jeune homme, l’un des plus grands risques pour sa vie aujourd’hui, c’est le su***de.
Et ça va encore être vrai demain. Après-demain. La semaine prochaine. Le mois prochain. Année après année, décennie après décennie… jusqu’à environ 50 ans.
On aime souvent réduire le su***de chez les hommes à un problème de santé mentale. À un déséquilibre chimique. À quelque chose qu’on pourrait simplement régler avec des médicaments.
Mais les données récentes nous montrent une réalité beaucoup plus complexe.
La majorité des hommes qui ont des pensées suicidaires ne se considèrent même pas comme ayant un problème de santé mentale.
Ils ont peut-être plutôt un problème avec ce qui les entoure.
Des problèmes économiques.
Des problèmes sociaux.
Des traumatismes.
Des expériences de vie qui les ont profondément marqués.
De l’isolement.
De la honte.
Une pression constante de devoir être fort, de ne rien montrer et de tout garder en dedans.
Et c’est là que ça devient difficile à regarder en face.
On veut parler du su***de chez les hommes…
Mais quand on parle des garçons qui ont vécu des abus se***ls, et qui sont beaucoup plus à risque de faire une tentative de su***de plus t**d dans leur vie, on préfère souvent détourner le regard.
On veut parler du problème, mais pas toujours de tout ce qui peut l’avoir créé.
Et si on élargissait encore la discussion?
La santé des hommes.
Les hommes meurent davantage de plusieurs causes, et à pratiquement tous les âges. Ils vivent moins longtemps que les femmes dans tous les pays du monde.
Le professeur Randolph Nesse l’a déjà résumé de façon frappante : si on réussissait à réduire l’écart de mortalité entre les hommes et les femmes, l’impact serait immense — comparable à celui de vaincre certaines des plus grandes maladies auxquelles on fait face.
On parle donc d’un problème d’une ampleur énorme.
Et il est temps d’arrêter de simplement dire aux hommes :
« Parle plus. »
« Va voir ton médecin. »
« Demande de l’aide. »
« Faut pas avoir peur d’en parler. »
Oui.
Il faut parler. Il faut demander de l’aide.
Mais ça ne peut pas être toute la réponse.
Parce qu’à force de ramener le problème uniquement à l’individu, on finit par faire porter aux hommes eux-mêmes toute la responsabilité de leur détresse.
Et c’est peut-être ça, l’éléphant dans la pièce.
Il faut aussi regarder autour de nous.
Nos soins de santé.
Nos services sociaux.
Nos politiques.
Nos communautés.
Nos ressources.
Notre façon d’éduquer nos garçons.
Notre façon de parler de la vulnérabilité masculine.
Et surtout… notre façon d’écouter.
C’est aussi pour ça qu’on marche.
C’est aussi pour ça qu’on parle de Pierrot-Maxime.
Parce que derrière chaque statistique, il y a un homme. Un père. Un fils. Un frère. Un ami. Quelqu’un qui avait une histoire, des blessures, des rêves, des gens qui l’aimaient.
Pierrot-Maxime n’était pas une statistique.
Et si Une Balade pour Pierrot-Maxime et la Prévention du su***de peut contribuer, ne serait-ce qu’un peu, à faire tomber le silence autour de la souffrance des hommes, à ouvrir une conversation ou à faire comprendre à quelqu’un qu’il n’a pas à porter tout ça tout seul…
Alors on va continuer.
Parce que parler peut sauver des vies.
Parce qu’écouter peut sauver des vies.
Et parce qu’un homme qui demande de l’aide n’est pas faible. Il est humain.