12/11/2025
Il devient peut-être urgent que nous, citoyens observateurs de la vie politique, prenions un moment pour réfléchir à certaines réalités troublantes.
Avant 2016, jamais dans l’histoire politique de notre pays, on n’avait entendu parler de rejets massifs de dossiers de partis politiques ou de candidats pour cause de “dossiers incomplets”. Les processus électoraux, bien que perfectibles, semblaient au moins respecter une certaine équité procédurale.
Mais depuis l’avènement de la *rupture*, cette pratique semble devenue presque banale, voire institutionnalisée. À chaque rendez-vous électoral, le scénario est le même : des partis ou candidats, curieusement toujours issus de l’opposition, voient leurs dossiers recalés pour des raisons administratives souvent dérisoires.
Alors, que devons-nous comprendre ? Que l’opposition, censée regorger d’hommes et de femmes instruits, responsables et expérimentés, serait subitement devenue un repaire d’intellectuels tarés, comme le disait avec ironie feu le Général Kérékou ? Ou devons-nous plutôt admettre qu’une *main invisible* s’emploie à écarter du jeu démocratique tous ceux dont la voix dérange ou remet en cause le système établi ?
Quand les mêmes erreurs se répètent toujours du même côté, la logique voudrait qu’on s’interroge : s’agit-il vraiment d’erreurs ?
La démocratie ne saurait être une scène où seuls certains acteurs ont le privilège de jouer pendant que les autres sont systématiquement renvoyés en coulisses sous prétexte de “dossier incomplet”. Car à ce rythme, ce n’est plus de compétition électorale qu’il s’agit, mais d’une mise en scène où tout est écrit d’avance.
Il serait peut-être temps que chacun de nous, au-delà des clivages politiques, se pose cette simple question : **quelle démocratie voulons-nous léguer à nos enfants ?**
Une démocratie où le droit s’applique pour tous, ou une démocratie à géométrie variable où le “complet” et “l’incomplet” se décident selon la couleur politique du dossier ?
Les peuples s’endormant sur l’injustice finissent toujours par se réveiller dans laservitude. Et l’histoire, elle, n’oublie jamais ceux qui ont préféré le silence à la vérité.
Sanni M'BOMA : La révolte de l'esclave ✍️✍️✍️