09/10/2025
*QUAND L’AVEUGLEMENT DEVIENT POLITIQUE, L'INDÉCENCE DEVIENT DISCOURS.*
Par Dr Adam SOUNON KONDE
Jeudi 09 octobre 2025
Ce mercredi 8 octobre 2025, Nous sommes tombés des nues en entendant le gouvernement, à travers son ministre des enseignements maternel et primaire s'auto-satisfaire, avec une légèreté confondante, des conditions de vie et de travail faites aux AME. Il se félicite de l’engouement massif des jeunes pour le recrutement des Aspirants au Métier d’Enseignant. Le ministre a déclaré publiquement que 70 000 candidatures ont été reçues pour seulement 2 319 postes et pour lui, ce serait la preuve éclatante du succès des politiques gouvernementales dans ce dossier tant décrié. Quelle ironie cruelle !
Ce chiffre, loin d’être un motif de triomphe, est un retentissant cri de détresse. Il ne témoigne pas d’un attrait pour des conditions de travail enviables, mais d’un désespoir généralisé. Quand des dizaines de milliers de jeunes diplômés se battent pour un poste payé à peine 100 000 FCFA, c’est que le pays ne leur offre rien d’autre. Rien. Pas d’alternative, pas de perspectives, pas de dignité.
Ce n’est pas une réussite, c’est un aveu d’échec. Un échec structurel, politique, moral. Un échec qui devrait faire rougir de honte ceux qui prétendent gouverner pour la jeunesse. Car derrière chaque dossier déposé, il y a une histoire de sacrifice, de renoncement, de rêves rendus inaccessibles. Cela signifie tout simplement que les jeunes préfèrent accepter l’humiliation salariale parce qu’ils n’ont pas le luxe de choisir ou de refuser. Il y a des familles qui espèrent qu’un maigre revenu suffira à tenir debout. Et il y a un ministre qui ose appeler cela une victoire.
Non, Monsieur le Ministre. Ce n’est pas la preuve que vos conditions sont attrayantes. C’est la preuve que votre gouvernance est en panne vis-à-vis des opportunités à offrir à la jeunesse de notre pays. Et vous voilà, en train de transformer l’espoir en loterie, et l’éducation, socle de toute nation digne, en une solution de survie. C’est la preuve que vous avez échoué à créer un avenir où les jeunes peuvent choisir, et non quémander.
Ce pays mérite mieux que des satisfactions aussi cyniques. Il mérite des dirigeants capables de lire la souffrance derrière les statistiques. Il mérite une politique qui élève, pas qui exploite. Et surtout, il mérite qu’on cesse de maquiller la misère en succès.
*Dr Adam SOUNON KONDE*
Secrétaire à l'Éducation et à la Recherche Scientifique du Parti Les Démocrates