07/02/2026
🔴PHILO-ENFANT – 5ᵉ Édition
La cinquième séance du programme de Philosophie pour Enfants (PHILO-ENFANT) s’est tenue le vendredi 06 février 2026, de 18h à 19h, au Collège Catholique Notre-Dame d’Attakê. Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet PHILO-ENFANT, initié et promu au Bénin par le Père TECHOU Roland , dont l’engagement constant en faveur de l’éducation intégrale et de la formation de l’esprit critique des jeunes demeure un pilier fondamental du programme.
La séance a été organisée par le Père DJANTA Jules au sein de son établissement, témoignant une fois de plus de son soutien actif à l’enracinement de la philosophie dès le plus jeune âge.
L’animation a été assurée par Altesse Salt-Viger MENSAH , professeur de philosophie, assisté de Juste HOUNSA et Jospin SAME , également professeurs de philosophie. Le thème retenu, au cœur de l’expérience humaine et particulièrement accessible aux apprenants, était : « Pourquoi faut-il demander pardon ? »
Dès l’entame, il convient de souligner la qualité de l’animation. À travers une approche pédagogique fondée sur une situation déclencheuse (une courte histoire), l’animateur a su capter l’attention des apprenants et instaurer un climat de confiance favorable à la libre expression. Les questions jaillissaient et alimentaient de manière vive et soutenue les échanges.
Parmi les interventions les plus marquantes, Richard conçoit le pardon comme une excuse accordée après une faute commise. Pour appuyer cette position, Michkath estime que pardonner consiste à ne plus garder rancune. Précieux, pour sa part, enrichit le débat en affirmant que pardonner, c’est donner une seconde chance.
De son côté, Bachabi soutient qu’il est nécessaire de pardonner, mais aussi de prendre ses distances afin d’éviter de subir à nouveau les mêmes offenses. Emiliano réagit vivement en affirmant qu’il faut pardonner malgré la faute, car le pardon conduit à la paix. Il illustre son propos par une référence religieuse, selon laquelle Dieu pardonne à l’homme, et l’homme doit en faire de même. Il va jusqu’à qualifier la « prise de distance » évoquée par Bachabi d’attitude hypocrite, estimant que l’hypocrisie est un grand ennemi de la paix.
Cette intervention suscite une réaction immédiate de Bachabi , qui précise que la répétition des fautes peut légitimement conduire à une prise de distance. Emiliano reprend alors la parole pour défendre l’idée d’un pardon illimité, en s’appuyant sur les torts souvent commis par les enfants à l’égard de leurs parents, lesquels continuent pourtant à pardonner. En réponse, Bachabi affirme que les fautes des enfants envers leurs parents seraient les conséquences des fautes de ces derniers envers leurs propres parents. Il met ainsi l’accent sur la loi de cause à effet et conclut que le pardon consiste à « verser de l’eau sur le dos du canard ». Malheureusement, le temps imparti nous a contraints à interrompre la séance, bien que les échanges demeuraient riches et prometteurs. Le travail se poursuivra lors des prochaines rencontres. La séance s’est achevée dans une atmosphère de satisfaction générale, mêlée d’une certaine déception liée à la brièveté du temps. Elle confirme néanmoins la pertinence du projet porté par le Père TECHOU Roland ainsi que l’engagement indéfectible du Père DJANTA Jules à offrir aux enfants un véritable espace de réflexion, de dialogue et de formation à une citoyenneté réfléchie, avec une originalité béninoise assumée.
_Juste HOUNSA_