26/12/2025
𝗦𝗲́𝗰𝘂𝗿𝗶𝘁𝗲́ 𝗻𝘂𝗺𝗲́𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗲𝘁 𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁𝘀 𝘀𝗲𝘅𝘂𝗲𝗹𝘀
𝐔𝐧 𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮 𝐦𝐚𝐣𝐞𝐮𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐢𝐬𝐭𝐞𝐬
Dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les Violences basées sur le genre (VBG), Le centre ODAS a organisé le vendredi 12 décembre 2025 un webinaire intitulé « Militer en ligne pour nos droits sexuels et reproductifs en toute sécurité, un impératif pour le Mouvement ODAS ! ». Cette rencontre virtuelle a réuni Martha Dimitratou, fondatrice de Repro Uncensored, Fydias Sagbohan, vice-présidente de la FJAD,Fondation des Jeunes Amazones pour le Développement, et Teslanik Houndégnon, gestionnaire du Mouvement ODAS, pour partager expériences et bonnes pratiques sur la sécurité en ligne des activistes.
𝐓𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐠𝐧𝐚𝐠𝐞 𝐞𝐭 𝐫𝐞́𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞𝐬 𝐯𝐢𝐨𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐧𝐮𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬
La rencontre a débuté par le récit poignant d’une victime ayant milité sur le droit à l’avortement sécurisé sur les réseaux sociaux. Elle a subi menaces, insultes et attaques anonymes, illustrant la difficulté unique de la violence numérique : l’agresseur peut rester invisible. Malgré ces épreuves, le soutien d’une jeune bénéficiaire l’a encouragée à poursuivre son engagement. Ce témoignage souligne que la lutte pour les droits sexuels et reproductifs, bien que difficile, a un impact réel et vital sur la vie des femmes et des filles.
Martha Dimitratou a rappelé que ces violences sont systématiques et touchent de nombreux espaces numériques : réseaux sociaux, applications de messagerie et sites communautaires. Harcèlement, doxing, censure de contenus, piratage et attaques juridiques sont autant de menaces auxquelles font face les militantes, particulièrement celles qui défendent les droits sexuels et reproductifs. Selon la fondatrice de Repro Uncensored,, la réponse efficace passe par des stratégies collectives, un dialogue avec les plateformes, la mobilisation de la presse et des investisseurs, ainsi que des pratiques concrètes de sécurité numérique, comme l’usage de Signal, de VPN ou de navigateurs anonymes.
𝐋’𝐞́𝐱𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐅𝐉𝐀𝐃 𝐟𝐚𝐜𝐞 𝐚𝐮𝐱 𝐜𝐲𝐛𝐞𝐫𝐚𝐭𝐭𝐚𝐪𝐮𝐞𝐬
Fydias Sagbohan a partagé le vécu de la FJAD au Bénin, victime en 2022 de cyber-harcèlement, deepfakes, sextorsion et usurpation d’identité. Des faux comptes et des montages diffamatoires ont été diffusés, générant anxiété et vigilance permanente au sein de l’organisation. Grâce à la collecte de preuves et au dépôt de plainte auprès du Centre national d’investigation numérique (CNIN), l’auteur a été condamné à cinq ans de prison en 2023.
Cette expérience montre que les violences numériques ont des conséquences concrètes et sérieuses. La forte communauté de la FJAD a joué un rôle central pour limiter la désinformation et soutenir l’organisation, tandis que la sensibilisation et l’éducation numérique des membres ont permis de prévenir de nouvelles attaques.
Fydias Sagbohan a souligné cependant les limites institutionnelles et la nécessité de reconnaître pleinement la diversité des violences numériques.
𝐋𝐚 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐌𝐨𝐮𝐯𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐎𝐃𝐀𝐒
Face à ces risques, ODAS a élaboré une politique de protection holistique pour ses membres. Teslanik Houndégnon explique que cette démarche repose sur une analyse des besoins individuels et collectifs : soutien psychologique, sécurité numérique, accompagnement juridique, protocoles de gestion de crise, fonds d’urgence et espaces de cohésion.
Cette politique ne recrée pas de dispositifs existants, mais renforce et facilite l’accès aux mécanismes déjà disponibles, grâce à des partenariats nationaux et régionaux. Elle vise à reconnaître les défenseurs du droit à l’avortement comme des acteurs des droits humains à part entière. La sécurité physique, numérique, juridique et émotionnelle constitue le cœur du dispositif, complété par des actions de plaidoyer à différents niveaux pour renforcer la reconnaissance et la protection des militant·es.
𝗩𝗲𝗿𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗮𝗽𝗽𝗿𝗼𝗰𝗵𝗲 𝗰𝗼𝗹𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝘃𝗲 𝗲𝘁 𝗱𝘂𝗿𝗮𝗯𝗹𝗲
Le webinaire a mis en évidence l’importance d’une approche collective et stratégique face aux violences numériques. Les témoignages et retours d’expérience ont montré que, si les attaques sont multiples et coordonnées, la solidarité, la prévention et les outils adaptés permettent de limiter les dommages et de renforcer la résilience des militant·es. Martha Dimitratou, Fydias Sagbohan et Teslanik Houndégnon convergent sur un point : protéger les activistes sur le numérique n’est pas seulement une question de sécurité, mais un impératif pour garantir l’accès aux droits fondamentaux et assurer la continuité du militantisme pour les droits sexuels et reproductifs.
DSSR A La LOUPE, Ipas Afrique Francophone, Wildaf Afrique de l'Ouest, International Planned Parenthood Federation - IPPF, Institut National de la Femme, Association Béninoise de Marketing Social, UNFPA, Partenariat de Ouagadougou