02/08/2025
Mon handicap psychique lié au deuil de mon enfant.
Je suis X.
J’ai donné naissance à A., un petit garçon adorable, mon tout premier, mon miracle. Mais dès ses premiers souffles, j’ai compris que quelque chose n’allait pas. Sa respiration était rapide, hachée. J’avais peur. Peur pour mon enfant. Peur pour mon cœur.
Les analyses ont révélé une malformation cardiaque. Pourtant, son père et moi étions compatibles. Le cardiologue nous a dit :
Certains enfants naissent ainsi. Ce n’est la faute ni des parents, ni du gynécologue. Mais il peut s’en sortir. Il faudra un traitement, puis une opération. Il y a de l’espoir.
Alors, on s’est accrochés à cet espoir.
Les mois suivants, nous les avons passés entre médicaments, examens, séjours à l’hôpital. Pas de sorties, pas de jeux. Juste l’attente… et les prières.
Je priais jour et nuit, les yeux pleins de larmes mais le cœur rempli de foi. L’évacuation pour l’opération était prévue. Il ne restait qu’une semaine. Une seule.
Ce jour-là , en décembre, il m’a regardée, les yeux noyés de larmes. J’ai serré ses petites mains, embrassé son front, et je lui ai chuchoté :
Nous avons un Dieu, mon amour. Rien ne t’arrivera. Je suis là . Je t’aime très fort.
Il m’a regardée longtemps… puis a fermé les yeux.
Sa respiration s’est faite plus irrégulière. Il était sous assistance respiratoire. J’ai couru chercher le pédiatre. Les infirmières ont accouru, les médecins sont entrés, ressortis… Puis le silence. Puis la nouvelle.
Mon fils n’était plus.
Je n’arrivais pas à y croire. Après l’enterrement, je dressais toujours son lit. Je préparais son petit-déjeuner, comme s’il allait le prendre. Je ne dormais plus. Je parlais toute seule. Quand je voyais un enfant de son âge, je croyais voir le mien.
Je me suis refermée. Éloignée de mes amis, de mes engagements. Les crises ont commencé. Les insomnies. La colère. Le vide. Je sombrais.
C’était un handicap invisible, un handicap psychique. Mon esprit était brisé. Mon cœur, en morceaux.
Heureusement, mon mari a compris qu’il me fallait de l’aide. Il m’a emmenée voir un psychologue. Les premières séances ont été terribles. Parler, revivre, pleurer. Mais c'était le début de la guérison.
Peu à peu, j’ai compris que j’avais le droit de tomber… mais aussi celui de me relever. J’ai appris à vivre avec l’absence. À aimer autrement. Et un jour, cette phrase m’a aidée à faire la paix avec ma douleur :
Je ne peux plus te porter dans mes bras, mais je te porte pour toujours dans mon cœur.
Il me reste encore quelques mois de thérapie, mais je vais mieux. Beaucoup mieux.
Je remercie tous ceux qui ont été là . Merci à mon psychologue. Et un grand merci à Essename, qui m’a écoutée avec le cœur.
C’est un immense soulagement de pouvoir partager mon histoire. Si elle peut aider ne serait-ce qu’une seule personne à comprendre ce qu’est le handicap psychique causé par le deuil, alors cela aura du sens.
Merci. 🙏
NOUS