04/05/2026
Défis sanitaires dans l'espace CEDEAO
TRADIPRATICIENS, LEADERS D'OPINION, RELIGIEUX: DES PILIERS FORTS DE L'ENGAGEMENT COMMUNAUTAIRE
✓ Basile Badjito plaide, à Freetown, pour leur implication active à tous les niveaux des ripostes contre les pathologies récurrentes...........................
Jules Léandre Kiti..................................
A l'issue de la 27ème session de l'Assemblée des Ministres de la santé de l'espace CEDEAO, tenue du 20 au 25 avril 2026 dans la capitale sierra-léonaise, une grosse ambition a été affichée par les États de la sous-région : éliminer le paludisme dans toute la région de la CEDEAO au cours de la prochaine décennie.
Au registre des points clés de la nouvelle gouvernance sanitaire préconisée, susceptible de booster le processus d'atteinte de cet objectif, il est cité, en pole position, "l'innovation locale" et "l'engagement communautaire". Le phytothérapeute béninois Basile Badjito, expert international en médecine africaine, a fortement plaidé pour l'implication effective des tradipraticiens à toutes les phases des ripostes sanitaires. Aux praticiens de la médecine traditionnelle, premier recours de plus de 80 % des populations locales, il ajoute les dignitaires religieux et les leaders d'opinion. Il a tenu à faire entendre la voix de ces acteurs devant les décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, experts régionaux, réunis à Freetown. « Dans la lutte contre toutes les affections, que ce soient le paludisme, le Sida, la tuberculose, la rougeole, la fièvre de Lassa ou encore la COVID-19, tradipraticiens, leaders d'opinion et religieux doivent être associés parce qu'ils ont un rôle très important », a affirmé Basile Badjito. Il renchérit en avançant : « Nous, nous mangeons au quotidien avec les populations, nous dormons avec les populations. Elles nous font confiance. Nous sommes leurs premiers recours en matière de santé. S'agissant des opérations de vaccination, par exemple, les populations se réfèrent à nous pour savoir la conduite à tenir. Si jamais le tradipraticien, le dignitaire religieux, le leader d'opinion répond "ah, cette affaire de vaccination, il faut s'en méfier", c'est foutu pour la campagne. »
M. Badjito est davantage renforcé dans sa conviction par la résolution 3 prise lors des assises de Freetown, qui porte sur "la réforme de la santé communautaire". Ici, l'engagement communautaire est une condition pour la réussite des opérations.
La proximité avec les populations, un atout considérable
Qualifiant la nouvelle politique régionale de santé communautaire de « tournant décisif », le Directeur Général de l'Organisation Ouest-Africaine de la Santé a exhorté les États de la CEDEAO à « passer d'un modèle curatif hospitalier à un modèle de proximité ancré dans les familles ». Il est clair que la concrétisation de cette approche salutaire dans la gouvernance sanitaire nécessite forcément l'implication en amont et en aval de ces acteurs porteurs d'une influence remarquable sur les réactions des populations face aux politiques publiques. « Pour éradiquer complètement tous ces fléaux sanitaires, surtout le paludisme, il est plus qu'indispensable d'associer étroitement les tradipraticiens, les religieux et autres leaders d'opinion..., afin de réussir la sensibilisation touchant toutes les couches de la population », a martelé l'expert Basile Badjito. Il a marqué de ses contributions pertinentes les travaux techniques menés par les experts, ainsi que les échanges lors des travaux de la conférence des Ministres de la santé de tous les pays de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
J.LK