11/03/2026
: 𝗔𝗳𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲́𝗰𝗲̀𝘀 𝗱'𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁𝘂𝗿𝗶𝗲𝗻𝘁𝗲 𝗮𝘂 𝗖𝗛𝗨𝗗 𝗢𝘂𝗲́𝗺𝗲́ 𝘀𝘂𝗶𝘁𝗲 𝗮̀ 𝘂𝗻𝗲 𝗰𝗲́𝘀𝗮𝗿𝗶𝗲𝗻𝗻𝗲 𝗯𝗮̂𝗰𝗹𝗲́𝗲 .
𝗟𝗲 𝘃𝗲𝗿𝗱𝗶𝗰𝘁 𝘃𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝘁𝗼𝗺𝗯𝗲𝗿 !
24 mois de prison dont 12 fermes pour les trois prévenus poursuivis pour homicide involontaire, 5 millions de réparations, 200 mille d'amende, le franc symbolique pour l'INF.
Tel est le verdict prononcé ce mercredi 11 mars 2026 par le tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo dans l'affaire décès d'une parturiente au CHUD Ouémé suite à une césarienne pratiquée le 17 décembre 2025. En cet instant où je vous écris ces mots, j'avoue que mes mains tremblent un peu d'émotions parce que ce fut un combat éprouvant. Les gens ne savent pas toutes les batailles qu'on livrait derrière quand on venait sur les réseaux sociaux vous livrer les détails de cette affaire. Intimidations, accident, des portes fermées...
Mes premières pensées vont à mon ami et frère Marius Godonou dont je mesure toute la peine depuis la survenue de ce drame qui l'a frappé, même s'il garde le sourire en public. Je veux saluer son courage et sa détermination. Malgré les obstacles et intimidations rencontrés qui sont allés jusqu'à une menace de procès contre lui, il a tenu bon, debout. Frère, tu l'as fait ! Je veux remercier aussi tous les amis qu'on a sollicités pour mettre autour de lui une chaîne de solidarité pour le soutenir pour payer les honoraires de son avocat, lui qui avait déjà été si tant éprouvé par les factures à l'hôpital, les cérémonies familiales imposées, la prise en charge correcte de sa fille née le 17 décembre 2025, l'enterrement de son épouse le 24 décembre 2025. Merci pour tout les gars. Mais vous savez que c'est pas fini.
Je veux enfin remercier notre État qui aux premières heures de cette tragédie et de la dénonciation publique qui en est suivie s'est mis en branle pour demander que toute la lumière soit faite sur et autour de cette affaire. Merci à notre système judiciaire qui a permis qu'un signal fort soit donné avec le leitmotiv “la vie des béninois compte”.
Rebecca DOSSOU, comme on le dit chez nous, tu ne dors pas. Que ton âme repose en paix ! Cette victoire, même symbolique sonne comme un avertissement pour tous ces agents de santé qui parlent et traitent mal les patients, ces agents de santé qui par leur insolence et leur manque de conscience professionnelle jettent du discrédit sur une profession si noble et si respectable. Nous savons que votre métier est difficile. Mais ça ne peut pas être un passe-droit pour mépriser et mal faire votre boulot.
Je veux finir par ce propos qui m'a été inspiré d'un film sur lequel je suis tombé l'autre jour, The Morder. “La négligence et les fautes médicales sont omniprésentes dans nos hôpitaux. Et tant que nous fermerons les yeux sur ces erreurs professionnelles qui engendrent des tragédies, et la douleur de ceux qui en souffrent, nous ne réussirons jamais à donner confiance à nos concitoyens qui confient leur vie dans les mains supposées les guérir ou les sauver. Le seul garde-fou dont peuvent bénéficier les victimes et leurs proches, c'est le droit de demander des comptes, devant les tribunaux, sur les circonstances dans lesquelles les patients perdent parfois aussi bêtement la vie. Et pendant longtemps, on a eu l'impression dans ce pays que ça n'existait pas, que le système était gangrené par l'impunité où quand un parent meurt à l'hôpital, même dans des circonstances suspectes, on passait à autre chose comme si de rien était. Même demander des comptes était vu comme un affront fait au corps médical, un crime de lèse-majesté. Ce qui voulait dire que la promesse de l'État de soigner tous les citoyens n'était pas remplie”.
Aujourd'hui, on peut tous se mettre debout comme nous exhorte l'Aube nouvelle pour dire «UNE NOUVELLE ÈRE COMMENCE».
Pour Rebecca d'où qu'elle se trouve et pour toutes les victimes anonymes qui n'ont pas eu droit à un procès pour situer les responsabilités que leur décès ✊
Ganiou Olowonimi Agnide