25/09/2026
Instant Témoignage Père Pampille FANOU
La croix que nous portons, les démons ne la supportent pas. Surtout quand la croix est en bois, la réaction est encore plus puissante.
Quand j’étais vicaire du père Dagnon, on lui a emmené une fille qui était, selon le récit, dérangée par Mami Wata. Dans la famille, il y avait un prêtre traditionnel, celui qui faisait les cérémonies, qui a demandé qu’on lui emmène la fille afin qu’il puisse faire la cérémonie. Mais le papa de la fille a dit non : il préférait aller voir le père Dagnon pour l’exorcisme. Alors, le prêtre traditionnel a dit : « C’est ce qu’on va voir. De toutes les façons, quand vous aurez fini avec le père Dagnon, vous reviendrez me voir. Sinon, je ne suis pas le prêtre de Mami Wata dans la famille. »
Le jour de l’exorcisme, ce prêtre traditionnel les a accompagnés. Il a dit qu’il voulait voir comment le prêtre catholique pouvait faire pour neutraliser les effets de Mami Wata sur la vie d’une personne. C’était un dimanche après-midi. Quand ils sont arrivés, le père Dagnon a demandé, avant de commencer, qu’il porte une croix dans la main ou, s’ils n’en avaient pas, qu’il y ait un chapelet. Le prêtre traditionnel a répondu : « Pas question ! Je ne suis pas de votre obédience. Je ne veux même pas toucher à ces choses-là. »
Le père Dagnon n’a plus rien dit. Il a commencé la prière. Au cours de la prière, la fille est tombée. Dès que, selon le récit, le démon est sorti du corps de la fille, le prêtre traditionnel s’est mis à réagir à son tour. Sa main a commencé à tourner sans qu’on puisse l’arrêter. Quand on attrapait sa main, elle pouvait même vous soulever du sol. Le père Dagnon a alors été obligé de laisser la fille et de prier maintenant pour le prêtre traditionnel. Il a prié jusqu’à ce que la main se calme. Et dès que la main s’est calmée, le prêtre traditionnel est sorti directement, sans dire au revoir. Donc, il avait compris…
Vous savez, quand moi même j’étais étudiant à Paris, ils avaient fait venir le troisième magicien d’Europe pour faire des démonstrations. Il faisait toutes sortes de démonstrations. Il vous faisait asseoir sur une chaise et, lorsqu’il prononçait des paroles et faisait des gestes avec son rituel, quelques minutes après, de vieux billets de banque sortaient des mouchoirs, des pigeons apparaissaient, des choses disparaissaient ou bien il brûlait certaines choses. À un moment, il a même fait sortir de nouveaux billets de banque. C’était le franc français à l’époque. Je regardais avec admiration et je me disais : « Qu’on me donne seulement un billet de banque ! »
Donc, quand je regardais l’argent, nos yeux se sont croisés. Il a vu que le jeune homme que je suis était intéressé par les billets. Alors, il est venu me chercher pour me faire asseoir sur sa chaise. Il a commencé son affaire. Moi, j’avais ma croix dans ma poche. À un moment donné, j’ai senti une décharge électrique au niveau de la croix. J’ai bondi de la chaise, mais lui, il a été projeté et est tombé raide par terre.
Quelques minutes après, la police est entrée dans la salle. Ils ont demandé : « Monsieur, qu’est-ce que vous avez fait au magicien pour qu’il tombe ? » J’ai dit : « Mais je n’ai rien fait ! » Ils m’ont demandé alors pourquoi il était tombé. J’ai répondu que je ne le savais pas : « Moi, j’avais juste ma croix dans ma poche et j’ai senti une décharge. C’est pour ça que j’ai bondi de la chaise. Mais lui, je ne sais pas pourquoi il est tombé. »
Ils ont commencé à me poser des questions sur mes papiers, mon origine. J’ai dit que je venais du Bénin. Ils m’ont demandé : « Ah bon ? » Puis ils m’ont fait sortir de la salle parce que le monsieur était fatigué. Il disait que cela ne lui était jamais arrivé. La cérémonie de ce soir-là était donc gâchée, tout simplement parce que j’avais ma croix sur moi.
J’ai compris alors, à travers cette expérience, que lorsqu’il commençait à prononcer ses paroles magiques, il y avait, selon ma compréhension de ce qui s’était passé, un esprit qui entrait dans le corps de celui qui était assis sur la chaise. Et c’est lorsque cet esprit réussissait à entrer dans son corps que les billets et les autres choses qu’il voulait faire sortir apparaissaient. Mais quand cet esprit a voulu entrer dans mon corps, il y a eu une résistance parce que la croix était là. L’esprit l’a été projeté, et moi, j’ai bondi de la chaise pour me retrouver à côté. J’ai compris alors l’importance de la croix.
Elle a l’air de rien. Mais ce n’est pas pour rien que, dans les étapes du baptême des adultes, on a imposé la croix. L’Église ne fait rien au hasard. Portez vos croix : le démon ne la supporte pas.
C’est comme ça qu’un jour, j’ai fini de dire la prière pour les malades et je partais à mon bureau, quand une dame a couru vers moi et m’a giflé promptement. Les traces de ses cinq doigts sont restées. Quand elle a fini de me gifler, elle a pris une position de boxe et m’a dit : « Si tu es garçon, enlève la croix et viens, on va faire un corps à corps. »
Quand j’ai entendu ça, j’ai compris que c’était ma croix qui posait problème. Je ne sais pas comment elle a fait pour savoir que j’avais une croix dans la poche. Mais je lui ai dit : « Bon, je suis un garçon, mais avec la croix. » J’ai sorti la croix et je la lui ai brandie. Elle a tremblé debout, puis elle est tombée.
Et c’est comme ça qu’il y a eu la victoire. Le Christ est toujours victorieux.
Père Pamphile FANOU 🇧🇯