21/10/2025
🛑 De Kérékou à aujourd’hui : Le témoignage de Célestine Zanou
▪️ "À l’école de Kérékou, j’ai appris la loyauté"
Ancienne directrice de cabinet du président Mathieu Kérékou, Célestine Zanou partage un témoignage lors d'un entretien sur les années passées aux côtés de l’homme d’État. Entre reconnaissance, loyauté et fierté, elle revient sur son parcours et l’héritage moral laissé par celui qu’elle considère comme une véritable référence.
Reçue sur la télévision canal 3 Bénin, Célestine Zanou se remémore avec émotion son parcours aux côtés de l’ancien président Mathieu Kérékou. Évoquant cette période, elle confie avec fierté :« Aujourd’hui encore, quand on appelle Célestine Zanou, tout de suite chez les Béninois, ce qui leur vient en tête, c’est Mathieu Kérékou. J’en tire une fierté. »
Économiste de formation, elle explique que son entrée à la présidence s’est faite grâce à la reconnaissance de son sérieux et de ses compétences. « J’ai été directrice de cabinet pendant quatre ans », précise-t-elle, avant d’ajouter : « C’est dans son élan de chasseur de têtes que je suis devenue son directeur de cabinet. »
Tout a commencé alors qu’elle travaillait au ministère du Plan, dans le cadre des travaux préparatoires de la Conférence économique nationale. « Je présidais le groupe technique d'appui chargé de préparer ce que nous allions soumettre lors de la Conférence économique nationale du 9 au 16 décembre 1996. À la fin de la conférence, j’ai rédigé les actes », raconte-t-elle.
Ces travaux ont abouti à une remise officielle des actes au président Mathieu Kérékou. « Après la remise, j’ai proposé qu’en tant qu’économiste, on élabore à partir de ces actes un Programme d’Action du Gouvernement (Pag). Le nom Pag, c’est moi qui l’ai trouvé lorsque j’étais directrice de cabinet du Plan », précise-t-elle avec une pointe de satisfaction.
Son professionnalisme attire alors l’attention du ministre Albert Tévoédjrè, qui rend compte de son travail au président. « C’est ainsi que le chef de l’État a voulu me rencontrer. Je lui ai expliqué comment j’allais procéder et il m’a laissée travailler. Je suis restée pour conduire le premier Programme d’Action du Gouvernement (Pag). Et donc, quand on l’a rédigé, il avait toutes les raisons de demander que je sois son directeur de cabinet afin de l’aider à suivre l'exécution du Programme d’Action du Gouvernement (Pag), puisque c’est un régime présidentiel », explique-t-elle.
À la présidence, Célestine Zanou découvre un homme profondément attaché au peuple. « Quand on parle de Kérékou, il faut rappeler qu’il voulait une révolution du peuple. Il a voulu que son directeur de cabinet soit là pour l’aider dans la coordination ». Après plusieurs mois de collaboration, elle est confirmée à ce poste. Plus t**d, elle effectue une mission à l’international pendant dix-huit mois avant d’être rappelée au pays. « On m’a demandé de revenir. J’ai accepté avec un peu de réticence, mais aujourd’hui je reconnais que c’est une bonne expérience », se souvient-elle.
Elle garde un souvenir ému de celui qu’elle appelle « une référence ». « Je ne vais pas dire ce qu’on écrit quand on fait les nécrologies : on dit souvent que les années passent mais la douleur persiste. Moi, je dirai ici que les années passent mais les souvenirs restent vivaces. » Elle décline son état d’âme en deux parties : « Joie et fierté d’avoir été à cette école, l’école que j’appelle Mathieu Kérékou, parce que c’est une référence». Elle confirme également que Mathieu Kérékou est un homme de paix et d’écoute. « Il a recherché la paix, que ce soit de gauche ou de droite. Kérékou est aussi un homme d’écoute, de paix, toujours à la recherche du consensus. C’est cette sagesse que tous les dirigeants devraient comprendre »
À travers son expérience auprès de Mathieu Kérékou, elle rappelle qu’au-delà des fonctions, servir l’État reste avant tout un acte de foi, de loyauté et de dévouement à la nation.
Foumi O.