31/07/2026
Une thèse n'est pas nécessairement un « gros papier inutile » Dr Noé K. DOTOU
Ma lecture idéologico-critique de la décision du Capitaine Ibrahim TRAORÉ, si elle est réelle
L’idée du Président du Faso selon laquelle il faudrait désormais privilégier la création concrète, l’innovation et les compétences pratiques au détriment des « longs papiers », des « longues thèses » et des « gros diplômes » part d’un constat compréhensible : l’enseignement supérieur africain ne doit pas produire uniquement des diplômés capables de commenter les problèmes, mais aussi des personnes capables de résoudre des problèmes réels. Sur le plan idéologique, cette orientation peut être interprétée comme une volonté de rompre avec une conception élitiste et bureaucratique du savoir, dans laquelle le diplôme devient parfois une fin en soi. Valoriser la recherche appliquée, l'entrepreneuriat, la technologie et la production locale peut contribuer à rendre l'université davantage connectée aux besoins économiques et sociaux du Burkina Faso.
Mais c'est précisément là que se trouve le danger de la formule.
Opposer la création aux thèses, ou la pratique à la connaissance théorique, constitue une fausse opposition. Une innovation sérieuse naît souvent de travaux théoriques longs, de recherches fondamentales et d'une maîtrise approfondie des connaissances existantes. Une thèse n'est pas nécessairement un « gros papier inutile » : elle peut produire une connaissance nouvelle dont les applications ne sont pas immédiatement visibles.
Il faut donc éviter de tomber dans une idéologie du « concret à tout prix ». Si l'université n'est jugée qu'à l'aune de ce qu'elle produit immédiatement pour l'économie, elle risque de négliger les sciences fondamentales, les sciences humaines, la philosophie, l'histoire et les recherches dont l'utilité apparaît seulement à long terme.
*Le véritable enjeu*
À mon sens, la bonne rupture ne serait donc pas : *« Moins de thèses, plus de créations. »* mais plutôt : *« Des thèses qui produisent du savoir, et un système qui transforme ce savoir en solutions. »*
Au fond, le problème n'est pas l'existence des diplômes. Le problème, bien entendu c'est l'écart entre le diplôme, la connaissance et la capacité à transformer cette connaissance en progrès collectif. Une réforme réellement révolutionnaire de l'enseignement supérieur devrait donc chercher à faire de l'université burkinabè un lieu où l'étudiant peut penser, chercher, expérimenter, fabriquer, entreprendre et résoudre. Elle devrait également créer des passerelles entre laboratoires, entreprises, administrations et communautés.
Enfin, il faut être prudent avec la formulation « tu crées ou tu copies ». Copier n'est pas toujours l'ennemi de l'innovation : dans la science et la technologie, apprendre, reproduire, adapter et améliorer des solutions existantes constitue souvent une étape normale avant l'innovation véritable.
En résumé : l'intuition politique est défendable, mais sa formulation est idéologiquement simplificatrice. Une véritable révolution universitaire ne devrait pas opposer le diplôme à la création ; elle devrait réconcilier le savoir et l'action, la théorie et la pratique, la recherche fondamentale et l'innovation. C'est cette articulation qui permettrait de sortir d'une université qui certifie des connaissances pour construire une université qui produit du savoir et transforme la société.
Dr Noé Kpatagnon DOTOU
Merci Docteur Noé pour l'analyse et les propositions faites.
L'équipe du Présidence du Faso et du Ministère des Affaires Etrangères du Burkina Faso feront le point au Capitaine Ibrahim TRAORÉ pour l'intérêt du pays des Hommes Intègres surtout l'enseignement supérieur.
BF1 TV Burkina 24 Brut RTB Romuald Wadagni Gouvernement du Bénin
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