Des enfants dont l’âge varie entre 6 et 16 ans dans la rue s’observent ces derniers jours dans les quartiers et au centre-ville de Bujumbura. Ces derniers parlent de mauvais traitements subis, de parents séparés, d’exode rural, de décès de leurs mamans, de précarité alimentaire dans leurs familles, …
La plupart de ces enfants en situation de rue, affirment qu’ils ont décidé d’investir les rues d
e Bujumbura pour chercher un léger mieux, mais ils se sont vite retrouvés dans la rue. Selon les défenseurs des droits des enfants interrogés, leur nombre ne cesse d’augmenter. L’hygiène qui laisse à désirer est leur premier signe caractéristique. Leurs habits sales, en haillons sentent l’urine et des mouches par essaim, sont devenues leurs compagnons d’infortune, elles les suivent partout. Comme ils en témoignent, des maisons ou des véhicules abandonnées, des gros arbres, au bord de routes, … leur servent d’abris. Pour survivre, ils affirment qu’ils fouillent dans les poubelles des restes de nourriture :
« Chaque jour, nous cherchons les restes de nourriture dans les déchets ménagers »,
racontent trois enfants rencontrés dans la zone Buyenzi tout près d’un restaurant. Ces derniers affirment en outre vendre de la ferraille.
« Pour avoir des moyens de subsistance, nous collectons des morceaux de fer ou d’acier inutilisables et nous les vendons aux ferrailleurs qui nous donnent 400 BIF le kilo ». Pendant les heures de repos, ils disent se rabattre sur des morceaux de carton et des sacs de ciment ou de sucre.
« Nous nous couchons sur des cartons. Il y a même des fois où nous dormons à même le sol. Les sacs nous servent de moustiquaires et nous protègent contre le froid pendant la nuit »,
font-ils savoir, l’air désespéré. Un tenancier d’un magasin de pneus rencontré à la 7ème avenue de la zone Buyenzi indique que ces enfants se livrent à quelques vols des rétroviseurs, dévissent ou tout autre objet léger qu’ils peuvent facilement arracher sur desi véhicules. Ce que confirment la plupart des chauffeurs interrogés. Sur la chaussée du Peuple Murundi, trois enfants se trouvent devant le portail de l’hôtel Ego. Une sentinelle est en train de leur servir de l’eau à boire. Sans chaussures, ils ont de blessures infectées aux orteils.