20/08/2026
À 𝘓𝘈 𝘙𝘌𝘕𝘊𝘖𝘕𝘛𝘙𝘌 𝘋’𝘈𝘕𝘎È𝘓𝘌 𝘉𝘈𝘚𝘚𝘖𝘓É-𝘖𝘜É𝘋𝘙𝘈𝘖𝘎𝘖, 𝘌́𝘤𝘳𝘪𝘷𝘢𝘪𝘯𝘦, 𝘱𝘰é𝘵𝘦𝘴𝘴𝘦, 𝘫𝘰𝘶𝘳𝘯𝘢𝘭𝘪𝘴𝘵𝘦, é𝘥𝘪𝘵𝘳𝘪𝘤𝘦 𝘦𝘵 𝘧𝘦𝘮𝘮𝘦 𝘱𝘭𝘶𝘳𝘪𝘦𝘭𝘭𝘦
𝘋𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦 𝘤𝘢𝘥𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘴𝘢 𝘮𝘪𝘴𝘴𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘦 𝘱𝘳𝘰𝘮𝘰𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘶 𝘭𝘪𝘷𝘳𝘦, 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘭𝘦𝘤𝘵𝘶𝘳𝘦 𝘦𝘵 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘭𝘪𝘵𝘵é𝘳𝘢𝘵𝘶𝘳𝘦 𝘢𝘧𝘳𝘪𝘤𝘢𝘪𝘯𝘦, 𝘈𝘋𝘈𝘓𝘌 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘱𝘳𝘰𝘱𝘰𝘴𝘦 𝘥𝘦 𝘥é𝘤𝘰𝘶𝘷𝘳𝘪𝘳 𝘰𝘶 𝘳𝘦𝘥é𝘤𝘰𝘶𝘷𝘳𝘪𝘳 𝘭𝘦 𝘱𝘢𝘳𝘤𝘰𝘶𝘳𝘴 𝘦𝘵 𝘭𝘢 𝘱𝘦𝘯𝘴é𝘦 𝘥’𝘈𝘯𝘨è𝘭𝘦 𝘉𝘢𝘴𝘴𝘰𝘭é-𝘖𝘶é𝘦𝘥𝘳𝘢𝘰𝘨𝘰, 𝘧𝘪𝘨𝘶𝘳𝘦 𝘮𝘢𝘫𝘦𝘶𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘭𝘪𝘵𝘵é𝘳𝘢𝘵𝘶𝘳𝘦 𝘢𝘧𝘳𝘪𝘤𝘢𝘪𝘯𝘦. 𝘊𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘪𝘯𝘵𝘦𝘳𝘷𝘪𝘦𝘸, 𝘳é𝘢𝘭𝘪𝘴é𝘦 𝘱𝘢𝘳 𝘛𝘪𝘦𝘨𝘰 𝘛𝘪𝘦𝘮𝘵𝘰𝘳é 𝘦𝘵 𝘱𝘶𝘣𝘭𝘪é𝘦 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦 𝘮𝘢𝘨𝘢𝘻𝘪𝘯𝘦 𝘈𝘮𝘪𝘯𝘢, 𝘯°454 𝘥𝘦 𝘧é𝘷𝘳𝘪𝘦𝘳 2008, 𝘳𝘦𝘷𝘪𝘦𝘯𝘵 𝘴𝘶𝘳 𝘴𝘰𝘯 𝘱𝘢𝘳𝘤𝘰𝘶𝘳𝘴 𝘥’é𝘤𝘳𝘪𝘷𝘢𝘪𝘯𝘦, 𝘥𝘦 𝘱𝘰é𝘵𝘦𝘴𝘴𝘦, 𝘥𝘦 𝘫𝘰𝘶𝘳𝘯𝘢𝘭𝘪𝘴𝘵𝘦, 𝘥’é𝘥𝘪𝘵𝘳𝘪𝘤𝘦 𝘦𝘵 𝘥𝘦 𝘤𝘩𝘦𝘳𝘤𝘩𝘦𝘶𝘳𝘦, 𝘢𝘪𝘯𝘴𝘪 𝘲𝘶𝘦 𝘴𝘶𝘳 𝘴𝘢 𝘷𝘪𝘴𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘭𝘪𝘵𝘵é𝘳𝘢𝘵𝘶𝘳𝘦 𝘢𝘧𝘳𝘪𝘤𝘢𝘪𝘯𝘦, 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘤𝘳é𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘧é𝘮𝘪𝘯𝘪𝘯𝘦 𝘦𝘵 𝘥𝘦 𝘭’𝘦𝘯𝘨𝘢𝘨𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘤𝘶𝘭𝘵𝘶𝘳𝘦𝘭.
𝘈𝘯𝘨è𝘭𝘦 𝘉𝘢𝘴𝘴𝘰𝘭é-𝘖𝘶é𝘥𝘳𝘢𝘰𝘨𝘰 𝘦𝘴𝘵 𝘶𝘯𝘦 𝘧𝘦𝘮𝘮𝘦 𝘢𝘶𝘹 𝘮𝘶𝘭𝘵𝘪𝘱𝘭𝘦𝘴 𝘦𝘯𝘨𝘢𝘨𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵𝘴. 𝘗𝘰é𝘵𝘦𝘴𝘴𝘦, 𝘯𝘰𝘶𝘷𝘦𝘭𝘭𝘪𝘴𝘵𝘦, 𝘫𝘰𝘶𝘳𝘯𝘢𝘭𝘪𝘴𝘵𝘦, 𝘤𝘩𝘦𝘳𝘤𝘩𝘦𝘶𝘳𝘦, 𝘦𝘯𝘴𝘦𝘪𝘨𝘯𝘢𝘯𝘵𝘦 𝘦𝘵 é𝘥𝘪𝘵𝘳𝘪𝘤𝘦, 𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘦𝘴𝘵 𝘵𝘪𝘵𝘶𝘭𝘢𝘪𝘳𝘦 𝘥’𝘶𝘯𝘦 𝘔𝘢î𝘵𝘳𝘪𝘴𝘦 è𝘴 𝘓𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭’𝘜𝘯𝘪𝘷𝘦𝘳𝘴𝘪𝘵é 𝘥𝘦 𝘖𝘶𝘢𝘨𝘢𝘥𝘰𝘶𝘨𝘰𝘶, 𝘥’𝘶𝘯 𝘋𝘰𝘤𝘵𝘰𝘳𝘢𝘵 𝘦𝘯 𝘓𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭’𝘜𝘯𝘪𝘷𝘦𝘳𝘴𝘪𝘵é 𝘥’𝘖𝘵𝘵𝘢𝘸𝘢 𝘦𝘵 𝘥’𝘶𝘯 𝘋𝘪𝘱𝘭ô𝘮𝘦 𝘥𝘦 𝘑𝘰𝘶𝘳𝘯𝘢𝘭𝘪𝘴𝘮𝘦 𝘥𝘦 𝘭’𝘜𝘯𝘪𝘷𝘦𝘳𝘴𝘪𝘵é 𝘥𝘦 𝘔𝘰𝘯𝘵𝘳é𝘢𝘭. 𝘖𝘳𝘪𝘨𝘪𝘯𝘢𝘪𝘳𝘦 𝘥𝘶 𝘉𝘶𝘳𝘬𝘪𝘯𝘢 𝘍𝘢𝘴𝘰, 𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘢 𝘱𝘢𝘴𝘴é 𝘴𝘰𝘯 𝘦𝘯𝘧𝘢𝘯𝘤𝘦 𝘦𝘵 𝘴𝘢 𝘫𝘦𝘶𝘯𝘦𝘴𝘴𝘦 à 𝘈𝘣𝘪𝘥𝘫𝘢𝘯, 𝘢𝘷𝘢𝘯𝘵 𝘥𝘦 𝘱𝘰𝘶𝘳𝘴𝘶𝘪𝘷𝘳𝘦 𝘴𝘦𝘴 é𝘵𝘶𝘥𝘦𝘴 𝘢𝘶 𝘉𝘶𝘳𝘬𝘪𝘯𝘢 𝘍𝘢𝘴𝘰 𝘦𝘵 𝘢𝘶 𝘊𝘢𝘯𝘢𝘥𝘢. 𝘌𝘭𝘭𝘦 𝘢 𝘦𝘯𝘴𝘦𝘪𝘨𝘯é 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘤𝘦𝘴 𝘥𝘦𝘶𝘹 𝘱𝘢𝘺𝘴 𝘦𝘵 𝘢 𝘴𝘶 𝘤𝘰𝘮𝘣𝘪𝘯𝘦𝘳 𝘴𝘰𝘯 𝘮é𝘵𝘪𝘦𝘳 𝘥’𝘦𝘯𝘴𝘦𝘪𝘨𝘯𝘢𝘯𝘵𝘦 𝘢𝘷𝘦𝘤 𝘴𝘦𝘴 𝘢𝘤𝘵𝘪𝘷𝘪𝘵é𝘴 𝘥𝘦 𝘫𝘰𝘶𝘳𝘯𝘢𝘭𝘪𝘴𝘵𝘦, 𝘥𝘦 𝘱𝘰é𝘵𝘦𝘴𝘴𝘦 𝘦𝘵 𝘥𝘦 𝘤𝘩𝘦𝘳𝘤𝘩𝘦𝘶𝘳𝘦. 𝘚𝘰𝘯 𝘪𝘯𝘵é𝘳ê𝘵 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘭𝘢 𝘭𝘪𝘵𝘵é𝘳𝘢𝘵𝘶𝘳𝘦 𝘧é𝘮𝘪𝘯𝘪𝘯𝘦 𝘢𝘧𝘳𝘪𝘤𝘢𝘪𝘯𝘦 𝘦𝘵 𝘭𝘢 𝘱𝘰é𝘴𝘪𝘦 𝘰𝘤𝘤𝘶𝘱𝘦 𝘶𝘯𝘦 𝘱𝘭𝘢𝘤𝘦 𝘪𝘮𝘱𝘰𝘳𝘵𝘢𝘯𝘵𝘦 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘴𝘰𝘯 𝘱𝘢𝘳𝘤𝘰𝘶𝘳𝘴. 𝘌𝘭𝘭𝘦 𝘢 𝘯𝘰𝘵𝘢𝘮𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘤𝘰𝘯𝘵𝘳𝘪𝘣𝘶é à 𝘭𝘢 𝘱𝘳𝘰𝘮𝘰𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘦𝘴 𝘷𝘰𝘪𝘹 𝘧é𝘮𝘪𝘯𝘪𝘯𝘦𝘴 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘢 𝘭𝘪𝘵𝘵é𝘳𝘢𝘵𝘶𝘳𝘦 𝘢𝘧𝘳𝘪𝘤𝘢𝘪𝘯𝘦.
𝘌𝘭𝘭𝘦 𝘦𝘴𝘵 é𝘨𝘢𝘭𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘭’𝘢𝘶𝘵𝘦𝘶𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘱𝘭𝘶𝘴𝘪𝘦𝘶𝘳𝘴 𝘰𝘶𝘷𝘳𝘢𝘨𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘱𝘰é𝘴𝘪𝘦, 𝘥𝘰𝘯𝘵 𝘈𝘷𝘦𝘤 𝘵𝘦𝘴 𝘮𝘰𝘵𝘴, 𝘶𝘯 𝘩𝘰𝘮𝘮𝘢𝘨𝘦 𝘢𝘶 𝘫𝘰𝘶𝘳𝘯𝘢𝘭𝘪𝘴𝘵𝘦 𝘣𝘶𝘳𝘬𝘪𝘯𝘢𝘣è 𝘕𝘰𝘳𝘣𝘦𝘳𝘵 𝘡𝘰𝘯𝘨𝘰 𝘦𝘵 à 𝘭𝘢 𝘭𝘪𝘣𝘦𝘳𝘵é 𝘥’𝘦𝘹𝘱𝘳𝘦𝘴𝘴𝘪𝘰𝘯, 𝘲𝘶𝘪 𝘭𝘶𝘪 𝘢 𝘷𝘢𝘭𝘶 𝘦𝘯 2004 𝘭𝘦 𝘱𝘳𝘦𝘴𝘵𝘪𝘨𝘪𝘦𝘶𝘹 𝘱𝘳𝘪𝘹 𝘭𝘪𝘵𝘵é𝘳𝘢𝘪𝘳𝘦 𝘛𝘳𝘪𝘭𝘭𝘪𝘶𝘮 𝘥𝘦 𝘭’𝘖𝘯𝘵𝘢𝘳𝘪𝘰. 𝘚𝘰𝘯 𝘰𝘶𝘷𝘳𝘢𝘨𝘦 𝘓𝘦𝘴 𝘗𝘰𝘳𝘵𝘦𝘶𝘴𝘦𝘴 𝘥’𝘈𝘧𝘳𝘪𝘲𝘶𝘦, 𝘢𝘶𝘲𝘶𝘦𝘭 𝘭’𝘦𝘯𝘵𝘳𝘦𝘵𝘪𝘦𝘯 𝘦𝘴𝘵 𝘯𝘰𝘵𝘢𝘮𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘤𝘰𝘯𝘴𝘢𝘤𝘳é, 𝘳𝘦𝘯𝘥 𝘩𝘰𝘮𝘮𝘢𝘨𝘦 𝘢𝘶𝘹 𝘧𝘦𝘮𝘮𝘦𝘴, 𝘢𝘶𝘹 𝘮è𝘳𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘢𝘶𝘹 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥𝘴-𝘮è𝘳𝘦𝘴 𝘥’𝘈𝘧𝘳𝘪𝘲𝘶𝘦. 𝘈𝘶 𝘥é𝘣𝘶𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘢𝘯𝘯é𝘦𝘴 2000, 𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘢 𝘤𝘳éé 𝘭𝘦𝘴 É𝘥𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘔𝘢𝘭𝘢ï𝘬𝘢, 𝘶𝘯𝘦 𝘮𝘢𝘪𝘴𝘰𝘯 𝘥’é𝘥𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘦𝘴𝘵𝘪𝘯é𝘦 à 𝘱𝘳𝘰𝘮𝘰𝘶𝘷𝘰𝘪𝘳 𝘭𝘢 𝘭𝘪𝘵𝘵é𝘳𝘢𝘵𝘶𝘳𝘦 𝘢𝘧𝘳𝘪𝘤𝘢𝘪𝘯𝘦 𝘦𝘵 à 𝘰𝘧𝘧𝘳𝘪𝘳 𝘶𝘯𝘦 𝘷𝘰𝘪𝘹 𝘢𝘶𝘹 𝘢𝘶𝘵𝘦𝘶𝘳𝘴 𝘥’𝘈𝘧𝘳𝘪𝘲𝘶𝘦 𝘦𝘵 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘥𝘪𝘢𝘴𝘱𝘰𝘳𝘢.
𝘊𝘦𝘵 𝘦𝘯𝘵𝘳𝘦𝘵𝘪𝘦𝘯 𝘱𝘦𝘳𝘮𝘦𝘵 𝘢𝘪𝘯𝘴𝘪 𝘥𝘦 𝘳𝘦𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳 𝘴𝘶𝘳 𝘴𝘢 𝘤𝘰𝘯𝘤𝘦𝘱𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘦 𝘭’é𝘤𝘳𝘪𝘵𝘶𝘳𝘦, 𝘴𝘰𝘯 𝘦𝘯𝘨𝘢𝘨𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘱𝘢𝘯𝘢𝘧𝘳𝘪𝘤𝘢𝘯𝘪𝘴𝘵𝘦 𝘦𝘵 𝘴𝘢 𝘷𝘪𝘴𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘱𝘭𝘢𝘤𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘧𝘦𝘮𝘮𝘦𝘴 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘢 𝘭𝘪𝘵𝘵é𝘳𝘢𝘵𝘶𝘳𝘦 𝘦𝘵 𝘭𝘢 𝘴𝘰𝘤𝘪é𝘵é 𝘢𝘧𝘳𝘪𝘤𝘢𝘪𝘯𝘦.
𝟭.𝗣𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 é𝗰𝗿𝗶𝘃𝗲𝘇-𝘃𝗼𝘂𝘀 ?
Angèle Bassolé-Ouédraogo : Pour rester vivante. Pour garder l’espérance. Pour rester debout ! Écrire m’est vital.
𝟮.𝗤𝘂𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗮𝗽𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗹𝗶𝘁𝘁é𝗿𝗮𝘁𝘂𝗿𝗲 à 𝗹’𝗔𝗳𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 ?
Beaucoup plus qu’on ne le pense. L’âme de l’Afrique est sa culture et elle se manifeste, entre autres, par sa littérature. Tant que nos décideurs politiques n’auront pas compris que sans les arts, sans la culture et sans la littérature, l’Afrique ne se développera pas, nous serons encore en « voie de sous-développement » pour longtemps.
Le développement, ce n’est pas seulement le matériel. L’argent, c’est ce qui reste ; la culture et la littérature, c’est ce qui fait battre le pouls du continent. Il faut soutenir les écrivains, car ils participent au développement de ce continent plongé dans l’habitude du malheur.
𝟯.𝗤𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝘃𝗼𝘀 𝗽𝗿𝗶𝗻𝗰𝗶𝗽𝗮𝗹𝗲𝘀 𝘀𝗼𝘂𝗿𝗰𝗲𝘀 𝗱’𝗶𝗻𝘀𝗽𝗶𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 ?
La vie autour de moi et les actualités mondiales. Je suis interpellée par la souffrance humaine. Et cette souffrance n’a ni couleur, ni langue, ni frontière, ni sexe : elle est tout simplement humaine.
𝟰.𝗣𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝗺𝗯𝗿𝗲𝘂𝘀𝗲𝘀 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝗰𝗲𝗻𝘁-𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗰𝗮𝗿𝗿𝗶è𝗿𝗲 𝗹𝗶𝘁𝘁é𝗿𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗮 𝗽𝗼é𝘀𝗶𝗲 ?
La littérature africaine est née de la poésie et les femmes n’ont fait que s’inscrire dans ce même courant. La littérature africaine a surgi d’un contexte de violence : la colonisation. C’est par la poésie que Senghor, Césaire, Damas et les différents Diop ont attiré l’attention du monde occidental sur les exactions qui avaient lieu en Afrique.
Les femmes qui ont pris la plume comme on prendrait les a***s, pour sortir du silence dans lequel elles avaient longtemps été maintenues et confondues, ont trouvé dans la poésie le vecteur parfait pour dire leur refus d’être exclues et leur volonté de parler en leurs noms propres.
𝟱.𝗩𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗼𝘂𝘃𝗿𝗮𝗴𝗲 𝗟𝗲𝘀 𝗣𝗼𝗿𝘁𝗲𝘂𝘀𝗲𝘀 𝗱’𝗔𝗳𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗿𝗲𝗻𝗱 𝗵𝗼𝗺𝗺𝗮𝗴𝗲 𝗮𝘂𝘅 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲𝘀, 𝗮𝘂𝘅 𝗺è𝗿𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗮𝘂𝘅 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱𝘀-𝗺è𝗿𝗲𝘀 𝗱’𝗔𝗳𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲. 𝗣𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗮𝗰𝗿𝗲𝗿 𝗰𝗲𝘁 𝗵𝗼𝗺𝗺𝗮𝗴𝗲 ?
Comme leur fille et leur petite-fille, c’était mon devoir de le faire pour elles, ces grandes oubliées de l’histoire africaine. Pour que les filles et les fils de leurs filles transmettent leurs mémoires partout. C’est un devoir de mémoire pour qu’aujourd’hui ne ressemble pas à hier et que demain soit un autre jour.
𝟲.𝗩𝗼𝘂𝘀 𝗮𝘃𝗲𝘇 𝗱é𝗰𝗹𝗮𝗿é : « 𝗗𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘁𝗲 𝗹’𝗔𝗳𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗹’𝗔𝗳𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗺𝗼𝗻 𝗽𝗮𝘆𝘀 ». 𝗤𝘂𝗲 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗶𝗳𝗶𝗲 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗮𝗳𝗳𝗶𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 ?
Parce que je suis panafricaniste, militante et convaincue. Parce que j’ai hérité du rêve d’unité de Kwame Nkrumah, Patrice Emery Lumumba et Thomas Isidore Noël Sankara. Je ne me sens pas enfermée dans ces frontières artificielles qui nous ont été imposées.
𝟳.𝗤𝘂𝗲 𝗳𝗮𝘂𝗱𝗿𝗮𝗶𝘁-𝗶𝗹 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗶𝗻𝗰𝗶𝘁𝗲𝗿 𝗱𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁𝗮𝗴𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲𝘀 𝗔𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝗲𝘀 à é𝗰𝗿𝗶𝗿𝗲 ?
Il faut inscrire les œuvres dans les programmes scolaires et universitaires.
𝟴.𝗩𝗼𝘂𝘀 𝗮𝘃𝗲𝘇 𝗰𝗿éé 𝗹𝗲𝘀 É𝗱𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗠𝗮𝗹𝗮ï𝗸𝗮, 𝘂𝗻𝗲 𝗺𝗮𝗶𝘀𝗼𝗻 𝗱’é𝗱𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝗲 𝗯𝗮𝘀é𝗲 𝗮𝘂 𝗖𝗮𝗻𝗮𝗱𝗮. 𝗣𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗶𝗻𝗶𝘁𝗶𝗮𝘁𝗶𝘃𝗲 ?
Pour donner une voix aux auteurs d’Afrique et de la diaspora, promouvoir la littérature africaine au Canada et faire comprendre aux Africains qu’ils peuvent se faire publier ailleurs qu’en France.
Il s’agit aussi de permettre la libre circulation des mots d’Afrique, parce que ce sont les idées qui dirigent le monde.
𝟵.𝗤𝘂𝗲 𝗺𝗮𝗻𝗾𝘂𝗲-𝘁-𝗶𝗹 𝗮𝘂𝘅 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝗲𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘀’é𝗽𝗮𝗻𝗼𝘂𝗶𝗿 𝗽𝗹𝗲𝗶𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 ?
Beaucoup de choses. Il leur faut d’abord s’épanouir comme citoyennes avant de pouvoir s’épanouir comme écrivaines.
Il leur manque la liberté, fondamentale pour créer. Or, les femmes en Afrique ne sont pas libres. Elles sont esclaves des pesanteurs sociales, des traditions, de leurs maris et de leurs pères. L’écriture est en elle-même un espace de liberté. Comment alors y accéder quand on est enchaîné ?
𝟭𝟬.𝗩𝗼𝘂𝘀 ê𝘁𝗲𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲 𝗮𝘂𝘅 𝗺𝘂𝗹𝘁𝗶𝗽𝗹𝗲𝘀 𝗮𝗰𝘁𝗶𝘃𝗶𝘁é𝘀. 𝗧𝗿𝗼𝘂𝘃𝗲𝘇-𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗲𝗻𝗰𝗼𝗿𝗲 𝗱𝘂 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘃𝗼𝘀 𝗹𝗼𝗶𝘀𝗶𝗿𝘀 ?
Le temps, personne ne l’a jamais, mais il faut savoir s’en donner, s’en accorder. J’essaie donc d’en trouver, de m’en accorder. Prier, méditer, lire me reposent, comme écrire.
𝟭𝟭.𝗤𝘂𝗲𝗹𝘀 é𝘁𝗮𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗮𝗹𝗼𝗿𝘀 𝘃𝗼𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗷𝗲𝘁𝘀 ?
Deux documentaires : Les Plumes du silence, consacré à la venue à l’écriture des femmes africaines, et La Weemba de Goé, qui devait rendre hommage à l’une des figures politiques marquantes de l’histoire des royaumes mossis.
Cette « Porteuse d’Afrique » était ma tante, la sœur aînée de mon père.
𝟭𝟮.𝗨𝗻 𝗱𝗲𝗿𝗻𝗶𝗲𝗿 𝗺𝗼𝘁 à 𝗹’𝗲𝗻𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝗮𝘀𝗽𝗼𝗿𝗮 ?
Je voudrais dire à mes sœurs et mères d’Afrique et de la diaspora d’éliminer de leur vocabulaire le mot « découragement », car il n’est pas africain.
Je voudrais leur dire de rester fortes, de tenir le coup, de croire surtout en elles, de ne jamais laisser qui que ce soit les détourner de ce pour quoi elles ont été faites, de ne laisser personne leur faire renoncer à leurs rêves. Il faut y croire fermement, parce que les rêves ne se réalisent vraiment que si l’on y croit fortement.
Et enfin, qu’elles restent debout, car comme le disait le regretté professeur Joseph Ki-Zerbo : « Si on reste couché, on est mort. »
Tiego Tiemtoré, « Angèle Bassolé-Ouédraogo, écrivaine et femme plurielle, publie Les Porteuses d’Afrique », Amina, n°454, février 2008, p. 40.
Entretien réalisé par Tiego Tiemtoré et archivé par le département de français de The University of Western Australia.
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𝘚𝘰𝘶𝘳𝘤𝘦 : Tiego Tiemtoré, « Angèle Bassolé-Ouédraogo, écrivaine et femme plurielle, publie Les Porteuses d’Afrique », Amina, n°454, février 2008, p. 40.
Source en ligne : https://aflit.arts.uwa.edu.au/AMINAbassole2008.html
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