Deux heures pour nous, deux heures pour Kamita/ section UTS

Deux heures pour nous, deux heures pour Kamita/ section UTS La reformation de l'élite africaine , le retour à nos sources.

28/07/2026

J'ai l'impression que les propos du président du Faso à Ouahigouya sur « l'islam religion de paix » et « le refus de la radicalisation et des étudiants en charia » provoquent l'équivalent d'un débat national au Nigeria, pays déchiré depuis plus de 20 ans par la radicalisation religieuse. Ce débat est mené évidemment par le peuple, plutôt que les dirigeants, sur les réseaux sociaux. Ils ont traduit la totalité du discours en anglais et en partagent les extraits sur divers forums.

La grande majorité d'entre eux revendiquent, félicitent et souhaitent entendre cette même vérité affirmée par les dirigeants du Nigeria. D'autres, bien minoritaires mais tout aussi audibles (des musulmans du nord du Nigeria), manifestent quant à eux une colère et une animosité non voilée…

Le Nigéria s'est organisé selon la logique : « un pays, deux systèmes » : la charia dans les régions du Nord musulmanes et les lois de la République dans les États du Sud. Le Nigéria pensait avoir trouvé la formule magique pour construire un pays harmonieux, stable et respectueux des différences de croyance.

Malheureusement, les États musulmans du Nord qui appliquent la charia ont rapidement été cooptés par les immenses financements des pays arabes. Des milliers d'étudiants ont été envoyés à Médine et au Moyen-Orient pour étudier une pratique rigoriste de la religion. À leur retour, ils ont voulu appliquer la charia mot pour mot, virgule pour virgule.

Le résultat irrévocable fut la naissance de Boko Haram en 2009. Le gouvernement fédéral se bat encore aujourd'hui contre ce cancer, sans grand succès.

En vérité, la question de la radicalisation des leaders religieux formés à Médine est plus dramatique au Nigeria que partout ailleurs sur le continent africain.
Cela explique sans doute l'écho particulier suscité par le discours du président du Faso dans ce pays.

La logique politicienne et la corruption morale faisant office de norme au Nigeria, aucun politicien n'ose aborder le problème publiquement. C'est juste les humoristes et quelques leaders d'opinion qui osaient en parler jusque-là. Désormais ils en parlent presque tous.

Teehl Loé Konate SG du cadre DEUX HEURES POUR NOUS, DEUX HEURES POUR KAMITA

23/07/2026
19/07/2026

Aujourd'hui, ce dimanche 19 juillet 2026, correspond à l'an 6263, le premier jour de l'année selon le calendrier africain.

Le calendrier africain est, pour le cadre Deux Heures Pour Nous, Deux Heures Pour Kamita le processus scientifique le plus abouti. Nous ne l'affirmons pas parce que nous avons la peau noire ou parce que nous sommes en Afrique. Cela aurait pu être l'œuvre de n'importe quel autre peuple. Ce que nous recherchons, c'est une restitution fidèle de l'héritage intellectuel propre à chaque civilisation.

En ce qui concerne le calendrier, nous constatons que, dès 4236 avant Jésus-Christ, il existait déjà le système orthonormé de mesure et de répartition du temps. C'est cela, un calendrier : une manière de répartir le temps selon des repères précis. Cette répartition ne relève pas du hasard ; elle s'appuie sur des observations et des éléments scientifiques.

Ainsi, dans l'Égypte antique, où ce calendrier a pris forme, les anciens ont utilisé un cycle de 1 460 ans afin de s'assurer que le calendrier élaboré ne soit pas le fruit du hasard, mais un système scientifiquement fondé et difficilement contestable. Un tel travail n'a pas été réalisé par une seule génération. Il est le résultat d'un effort collectif, transmis de génération en génération, chacune poursuivant l'œuvre de la précédente pour aboutir à un système scientifique parmi les plus solides de l'histoire de l'humanité.

Dans Civilisation ou Barbarie, le Pr Cheikh Anta Diop – que nous considérons comme le plus grand savant africain du XXᵉ siècle – évoque cette question. On se demande même si les Africains mesurent pleinement son importance. Bien souvent, on cite comme grands penseurs des auteurs européens tels que Voltaire, Victor Hugo ou Rousseau, alors que Cheikh Anta Diop a apporté une contribution scientifique majeure.
Pour illustrer le caractère scientifique du calendrier égyptien, Otto Eduard Neugebauer affirme, dans un ouvrage publié en 1962, Exact Science and Antiquity, qu'il s'agit du « seul calendrier véritablement intelligent ayant jamais existé dans l'histoire de l'humanité » (page 354). Nous ne racontons pas des fables ni ne cherchons à glorifier notre passé de manière aveugle. Notre objectif est de contribuer à la restitution de la vérité historique.

Selon cette tradition, dès 4236 avant Jésus-Christ, l'année était connue comme un cycle de 365 jours. La semaine comptait 10 jours, contrairement à la semaine actuelle de sept jours. Cette organisation permettait que la fin de l'année coïncide réellement avec la fin des cycles annuels, mensuels et hebdomadaires.

À l'inverse, dans le calendrier grégorien, une nouvelle année peut commencer alors qu'une semaine entamée l'année précédente n'est pas encore achevée. Cette organisation ne respecte pas pleinement certaines logiques mathématiques. Les anciens Égyptiens avaient donc adopté une semaine de dix jours : chaque mois comptait 30 jours, soit trois semaines de dix jours. L'année était organisée en trois saisons, chacune comprenant quatre mois, soit un total de douze mois. Il était également établi que la journée durait 24 heures.

La journée ne s'arrête pas lorsque le soleil disparaît. L'absence de lumière solaire en un lieu ne signifie pas que le cycle de la journée est terminé. Pendant qu'il fait jour dans une partie du monde, il fait nuit dans une autre, tandis qu'ailleurs le matin commence. Les anciens connaissaient déjà cette réalité.
Pour expliquer le calcul de l'an 6263, ils additionnent 4236, correspondant au début du calendrier, à l'an zéro, puis à 2026. Ce calcul permet de retrouver l'année du calendrier africain et témoigne que celui-ci est l'ancêtre des calendriers actuels.

Néetabo
Aw SANKURÁ
FóFó
Ni Yuon paala
Happy New year
Frohes Neues Jahr
Bonne et heureuse année 6263 à toute et Tous !

Rendez-vous ce soir à 14h 30 à l'amphi B de l'Université Joseph Ki-Zerbo pour la célébration officielle.

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19/07/2026

Dans quelques instants, un direct sur le nouvel an africain/kamit 6263.

18/07/2026

CÉLÉBRATION DU NOUVEL AN KAMIT 6263

Accéder à la vérité par sa propre investigation est l'un des principes majeurs que le Pr Cheikh Anta Diop a légués aux chercheurs africains. Pour lui, aucun peuple ne peut construire durablement son avenir s'il accepte des récits élaborés sans examen critique. Il invitait les Africains à confronter les sources historiques, archéologiques, linguistiques et scientifiques afin de retrouver leur propre trajectoire historique. Dans cette perspective, « la vérité ne doit pas sonner blanche » : elle ne doit être ni européenne ni africaine par principe, mais simplement fondée sur les faits, les preuves et une démarche scientifique rigoureuse.

C'est dans cet esprit que s'inscrit la célébration du Nouvel An kamite, le 19 juillet, par l'Université alternative « Deux heures pour Kamita ». Cette célébration se veut une invitation à revisiter les savoirs africains anciens à travers la recherche et le débat. Plusieurs travaux en égyptologie montrent que les anciens Égyptiens associaient le début de leur année au retour de la crue du Nil et au lever héliaque de l'étoile Sirius (Sopdet ou Sothis), un phénomène astronomique qui annonçait le renouveau de la vie, des récoltes et du calendrier.

Au-delà de la date elle-même, la célébration du Nouvel An kamite constitue un appel à la réappropriation de la mémoire historique africaine. Elle encourage les chercheurs, les étudiants et les citoyens à redécouvrir les connaissances scientifiques, philosophiques et culturelles développées sur le continent depuis l'Antiquité. Cette démarche est conforme à l'esprit de Cheikh Anta Diop, qui plaidait pour une renaissance intellectuelle fondée sur la recherche, la critique des sources et la valorisation des contributions africaines à l'histoire universelle, sans renoncer aux exigences de la méthode scientifique.

Ainsi, célébrer le Nouvel An kamite ne revient pas seulement à marquer le passage d'une année à une autre ; c'est aussi affirmer une volonté de construire une conscience historique africaine fondée sur la connaissance et non sur les préjugés. En encourageant chacun à « accéder à la vérité par sa propre investigation », l'Université alternative « Deux heures pour Kamita » prolonge une pensée chère au plus grand savant africain du XXᵉ siècle : celle d'une Afrique qui écrit son histoire avec rigueur, dialogue avec les savoirs du monde et participe pleinement à la production universelle de la vérité.

Rendez-vous le 19 juillet 2026 à l'amphi B de l'Université Joseph Ki-Zerbo pour célébrer ensemble la nouvelle année 6263.

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