31/05/2025
Histoire de vie de Monsieur Daouda Sawadogo
Daouda Sawadogo est un jeune homme âgé de 34 ans vivant dans le village de Rambo à 34 km de Ouahigouya (Chef-lieu de la région du Nord du Burkina Faso).
Depuis le déclenchement des troubles psychosociaux il y a de cela quatre ans, Daouda Sawadogo vit dans une maisonnette délabrée isolée des autres habitations. Il est immobilisé par des fers aux pieds reliés par une chaine fixée au mur, privé de tout mouvement.
Les parents biologiques de Daouda Sawadogo sont morts depuis longtemps, le laissant à la charge de sa sœur cadette Fatimata (qui vit dans la même localité avec son époux) et de son oncle Ousmane Sawadogo (le petit frère de son défunt père). Ces derniers, font de leur mieux pour lui venir en aide en dépit de ses conditions économiques difficiles et une mauvaise connaissance de la santé mentale. Daouda Sawadogo n’a jamais été à l’école et ne parle que sa langue maternelle (moore).
Face à la gravité de sa situation, l’association Sauvons le reste (SAULER) a été interpellée par le conseiller municipal de son village lors d’une sortie de sensibilisation sur la maladie mentale.
C’est ainsi que SAULER a pris contact avec son oncle. Cherchant à savoir pourquoi Daouda Sawadogo était maintenu enchainé depuis quatre ans, l’oncle répond à chaque fois : « Daouda ne fait que déranger les gens du quartier lorsqu’il est débarrassé de ses chaines… ; il agresse les gens dans la rue en les accusant d’avoir pris quelque chose lui appartenant… ». L’oncle poursuit en disant que « Daouda est possédé par des esprits maléfiques... ; il ne fait que crier jour et nuit…il n'arrive pas à dormir... Vraiment, nous sommes dépassés". Voilà ce qui est reproché Daouda Sawadogo par son oncle qui ne fait que traduire ce que toute la famille pense du malade.
En guise de traitements reçus, l’oncle de Daouda Sawadogo a fait savoir qu’après avoir tenté une première fois des soins médicaux à l’hôpital, ils ont dû abandonner par la suite les traitements prescrits à cause du coût onéreux des médicaments. Après plusieurs mois d’attentes et au vue de la persistance du mal, la famille s’est tourné vers les soins traditionnels en raison de leur proximité géographique et de leurs coûts financiers beaucoup plus supportables. Après plusieurs mois de traitement traditionnel par le guérisseur à base de plantes et de potions dites magiques, l’état de santé de Daouda Sawadogo n’a pas connu d’amélioration.
C’est dans ce contexte qu’il fut déchainé et conduit au Centre de transit de SAULER, construit et soutenu par le projet « Second chance » avec l’appui de CBM CH, CBM NZ et les amis de SAULER en Suisse.
Durant son séjour dans le centre, Daouda Sawadogo a bénéficié des soins corporels et vestimentaires appropriés ainsi que d’une alimentation complète et régulière. Il a été présenté aux psychiatres du centre hospitalier universitaire de Ouahigouya qui après consultation lui ont prescrit des médicaments appropriés. Dans le centre il participe aux activités récréatives et de production. Après un séjour de deux ans passés dans le centre de transit où il a bénéficié d’une prise en charge globale et holistique, Daouda Sawadogo a été réinséré dans sa communauté à Rambo. Cette décision a été prise à la suite de deux mois de démarches pour le rétablissement des liens familiaux menée par les animateurs de SAULER de concert avec le service social de la commune urbaine de Ouahigouya.
Présentement, grâce à une formation à la pratique des activités génératrices de revenus (AGR) ainsi qu’à un appui financier du projet « Seconde chance », Daouda Sawadogo produit des choux, des tomates et des oignons qui sont consommées et vendues au marché de Ouahigouya. Cela est du reste une activité qui était menée par son défunt père. Les animateurs de SAULER lui rendent des visites périodiques pour s’assurer du bon déroulement de sa réinsertion sociale. L’activité se déroule très bien et rapporte des revenus très appréciables. Daouda Sawadogo arrive à se prendre en charge et faire face aux dépenses liés à l’achat de ses médicaments. Fière de sa situation, Daouda Sawadogo déclare : « Aujourd’hui, je suis un homme en bonne santé et libre ».
La santé mentale est une affaire de tous!!!
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Association SAULER : Tél : (+226) 70717759/Email : [email protected]