Nouvelle coopération populaire des noirs

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10/07/2026
19/06/2026

2532- L'illusion de sécurité du contrôle des papiers d'identité ou Pourquoi les barrages policiers et de gendarmerie, en Afrique, ne servent à rien ?
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Extraite de la Leçon de doctrine de sécurité moderne n° 2532 de Jean-Paul Pougala destinée aux enfants des écoles promaires d'Afrique, à lire dans son intégralité sur www.pougala.net
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PREMIERE PARTIE

Introduction :
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POURQUOI LE CONTROLE DES PAPIERS D'IDENTITE EST UNE ILLUSION DE SECURITE ?

Beaucoup de dirigeants africains, par ignorance ou par naïveté, croient sincèrement que la sécurité, c'est le contrôle des papiers d'identité.

En réalité, dans les États modernes, la sécurité ne repose pas sur les contrôles visibles, mais sur le renseignement invisible. Et surtout, tout le monde sauf les dirigeants de l'Afrique francophone, sait pourquoi les contrôles d'identité massifs sont un signe de faiblesse de l'État, et non pas de force.

Question :

Pourquoi certains dirigeants africains pensent en bonne foi que « pas de carte d'identité = faille de sécurité » au point où l'article 249 du code pénal camerounais condamne pour deux ans de prison ceux qui sont contrôlés sans possession de leur carte d'identité ?

Réponse :

C'est une idée intuitive mais fausse. Elle repose sur trois croyances erronées :

1) qu'un criminel se promène avec sa vraie carte d'identité,

2) que les contrôles routiers empêchent les crimes,

3) que l'État doit vérifier l'identité de tout le monde pour être en sécurité.

Ces trois idées sont empiriquement fausses. Dans les pays où il y a eu des attentats (France, Belgique, Espagne, Etats-Unis), les auteurs des attentats avaient tous des papiers d'identité bien en règle.

Dans les pays où il n'y a pas de carte d'identité obligatoire otamment au Royaume-Uni, et aux États-Unis, la sécurité intérieure est plus efficace. Donc le lien « carte d'identité = sécurité » est un mythe administratif.

Ces dirigeants africains ne savent pas que la sécurité moderne repose sur le renseignement, et non pas sur les contrôles. Ils ne savent pas que la sécurité, c'est le renseignement discret, et non pas la police visible.

Les États les plus sûrs du monde (Royaume‑Uni, États‑Unis, Chine, Israël, Japon) ont en commun des services de renseignement puissant, des bases de données fiables, une analyse comportementale, une surveillance ciblée, et non pas généralisée, une coopération inter-agences.

Ils n'ont pas en commun des contrôles routiers massifs, des policiers qui demandent des papiers à tout le monde, des citoyens qui doivent prouver leur identité en permanence. Parce que la sécurité moderne est invisible.

Question :

Pourquoi les contrôles d'identité massifs pratiqués en Afrique francophone ne servent à rien ?

Réponse :

Parce que les criminels ne se promènent pas avec leurs vrais papiers d'identité. Ils sont spécialistes des faux passeports, des fausses cartes d'identité, des faux permis de conduire. Ce n'est pas que dans les films de James Bond 007 que cela se passe.

Un terroriste, un trafiquant, un voleur utilise de faux papiers ou refuse de s'identifier, ou n'est pas recherché. Donc contrôler les papiers des honnêtes citoyens ne change rien.

99,9 % des personnes contrôlées sont innocentes !

Les contrôles massifs produisent du harcèlement administratif, de la corruption, de la perte de temps, de la méfiance envers l'État. Mais aucun gain réel de sécurité.

Les États modernes identifient les gens sans les arrêter. Grâce aux bases de données, aux caméras intelligentes avec reconnaissance faciale, aux empreintes, grâce aux registres d'états civils, aux analyses de réseaux sociaux, aux fichiers de police. Pour être efficace, l'identification se fait en amont, et non pas sur la route.

Question :

Pourquoi les dirigeants de l'Afrique dite francophone croient que « sécurité = contrôle des papiers » ?

Réponse :

Parce que beaucoup d'États africains fonctionnent encore selon une logique erronée napoléonienne selon laquelle, l'État contrôle, le citoyen obéit, la police vérifie, l'administration punit. C'est un modèle obsolète hérité de la colonisation française, et non pas un modèle de sécurité moderne.

Dans ce modèle erroné, l’État n’a pas de renseignement, et donc il compense par la répression visible. C'est un signe de faiblesse institutionnelle, et non pas de force.

Le Cameroun est un cas extrême de logique punitive

Au Cameroun, l'absence de pièce d'identité = jusqu'à 2 ans de prison, même les personnes âgées doivent porter l'original de l'acte de naissance, dans un pays où les documents se détruisent avec l'humidité, où l'État n'a pas de base de données fiable, où la police n'a pas d'outils d'identification.

C'est une criminalisation de la pauvreté administrative. Ce n'est pas de la sécurité. C'est de la bureaucratie punitive. La vraie sécurité, c'est connaître les citoyens sans les harceler.

Les États modernes utilisent le renseignement humain (HUMINT), le renseignement électronique (SIGINT), l'analyse des comportements, la surveillance ciblée, la prévention, la coopération internationale. Ils ne demandent pas aux citoyens de porter des papiers d'identification sur eux en permanence, de prouver leur identité à chaque pièce de rue, de conserver des documents fragiles comme des reliques ou des pièces précieuses de musée. Parce que la sécurité moderne est proactive et non pas réactive.

Les dirigeants africains se trompent de siècle. Pire, ils sont en re**rd de deux siècles.

Ce qu'ils défendent, d'un contrôle des papiers d'identité, comme acte de sécurité, appartient au XIXᵉ siècle et repose sur le modèle colonial, cela ne correspond à aucune pratique moderne de sécurité, cela ne produit aucune sécurité réelle.

Mon rôle est de vous enseigner ce qui correspond aux pratiques des États modernes, repose sur le renseignement, protège les libertés, est plus efficace. Parce que la sécurité d'un pays ne repose pas sur la chasse au citoyen dangereux, mais sur la connaissance profonde de la société. Et quelque soit le modèle de sécurité choisi, il faut prioritairement, avoir les moyens de savoir si cela marche ou pas, avant de continuer.

LA MÉTRIQUE EN SÉCURITÉ

Dans le domaine du renseignement, une « métrique », est un critère mesurable qui permet de savoir si une action fonctionne ou pas. Sans métrique, on agit à l'aveuglette. On dépense, on mobilise, on fatigue les forces de l'ordre, sans jamais savoir si cela améliore réellement la sécurité.

Définition : qu'est‑ce qu'une métrique ?

Une métrique, est un indicateur chiffré qui mesure un objectif précis et permet de savoir si une action est efficace ou non.

Exemples simples : taux de criminalité, temps de réponse des forces de l'ordre, nombre de réseaux de malfaiteurs démantelés, volume de renseignements collectés, réduction des attaques de la rébellion dans une zone déterminée.

Une métrique est un mètre. Et sans thermomètre, on ne peut pas savoir si le patient guérit ou non.

Question :

Pourquoi une police moderne commence par définir des métriques ?

Réponse :

Parce qu'un État sérieux fonctionne selon une grille d'actions bien précise :

1) Objectif : réduire les attaques terroristes

2) Métrique : savoir le nombre d'attaques par mois

3) Stratégie pour atteindre l'objectif fixé au départ : renseignement, infiltration, mobilité

4) Moyens : unités spéciales, SIGINT, HUMINT (vus plus haut)

5) Évaluation : la courbe baissière ou pas ?

C'est cela la base de la sécurité moderne.

En Afrique francophone : les moyens existants sans objectifs

Les barrages routiers complètement inutiles absorbant 60 à 80 % des effectifs dans certaines zones, absorbant inutilement des milliers d'heures de travail, absorbant des ressources logistiques, des véhicules, du carburant.

Mais pour atteindre quel objectif ?

Les barrages routiers de gendarmes et de policiers ne servent à rien, parce qu'ils ne servent à répondre à aucune de ces questions :

Réduire la criminalité ? Démanteler les réseaux de criminels ? Empêcher les attaques des groupes armés ? Collecteur de renseignements ? Protéger les populations ?

Aucune métrique ne permet de dire que les barrages routiers servent à quelque chose. C'est de la navigation à vue. C'est même dangereux car sans métrique, on confond action et efficacité

Un État faible croit que : « On voit la police = on est en sécurité. »

Un État moderne dit : « On voit la police = la police n'a pas de renseignement. »

Sans métrique, on ne sait pas si les barrages routiers réduisent les crimes ou non, on ne sait pas si les contrôles empêchent les attaques des groupes armés, on ne sait pas si les ressources sont bien utilisées ou pas, on ne sait pas si la stratégie fonctionne ou pas. On agit pour se rassurer, non pas pour protéger le pays.

QUAND 500 FRANCS OU 1000 FRANCS CFA DE CORRUPTION, FRAGILISE TOUTE LA SECURITE D'UN PAYS.

Un policier qui prend 500 ou 1 000 francs CFA de corruption à un automobiliste pour fermer un œil, sur un défaut d'assurance ou un excès de vitesse n'est pas un petit problème individuel. C'est une faille stratégique qui fragilise toute la police ou la gendarmerie, face à un groupe armé. On appelle cela la « corruption de proximité ».

Question :

Qu'est‑ce que la « corruption de proximité » ?

Réponse :

C'est la corruption du quotidien, celle qui se produit à un barrage routier, lors d'un contrôle d'identité, pour « laisser passer » une moto, un taxi, un camion, pour éviter une amende, pour fermer les yeux sur une infraction.

Elle est « de proximité » parce qu'elle se produit au contact direct entre police et population, dans des situations les plus banales. Ce n’est pas la grande corruption des élites. C'est la corruption opérationnelle, celle qui touche le terrain.

Question :

Pourquoi cette petite corruption que les dirigeants africains négligent est pourtant une menace stratégique pour la sécurité d'une Nation ?

Réponse :

Parce qu'elle crée trois vulnérabilités majeures à ce pays :

a) Vulnérabilité n°1 : la police devient prévisible

Un policier qui prend 50 à francs ou 1 000 francs, il ralentit le contrôle, il discute, il négocie, il laisse passer des véhicules sans les vérifier.

Résultat des courses : les groupes armés peuvent tester les barrages en voyant un éclaireur qui « achète » le passage. Ils apprennent la routine des forces de l'ordre, l'horaire, le niveau de vigilance, le prix de la corruption, la personnalité des agents de l'ordre. C'est une mine d'or de renseignement pour un ennemi.

b) Vulnérabilité n°2 : la police perd son autorité

Quand un policier demande ou accepte 500 francs ou 1 000 francs CFA, il n'est plus respecté, il n'est plus craint, il n'est plus crédible, il n'est plus loyal à l'État, il devient achetable.

Un groupe armé hostile peut alors acheter le silence, acheter le passage, acheter des informations, acheter une complicité ponctuelle. Un policier ou un gendarme corruptible est un policier ou un gendarme infiltrable.

c) Vulnérabilité n°3 : la police ou la gendarmerie devient un canal d'information pour l'ennemi

Un policier qui demande ou prend 500 francs ou 1 000 francs de corruption, parle trop, se libère, donne des détails, révèle des informations opérationnelles.

Exemples : « On change de poste demain », « On n'a pas de renforts aujourd'hui », « On n'a plus de carburant », « On fini à 18h ».

Pour un groupe armé hostile, c'est du renseignement gratuit. La corruption transforme la police ou la gendarmerie en source involontaire d'informations.

Donc, un policier qui prend 500 ou 1 000 francs, fragilise toute la police. Ce n'est pas une exagération.

C'est un fait. Un policier qui prend 1 000 francs, affaiblit la chaîne de commandement, réduit la vigilance opérationnelle, rend les patrouilles prévisibles, ouvre une brèche dans la sécurité nationale, permet aux groupes armés de cartographier les forces de l'ordre, et crée une culture de la compromission.

La petite corruption de 500 francs que les dirigeants africains négligent est pourtant la principale porte d'entrée de la grande insécurité nationale.

Question :

Pourquoi les groupes armés rebelles adorent les barrages routiers ?

Réponse :

Parce que les barrages routiers sont statiques, ils sont prévisibles, ils sont corruptibles, ils exposent les policiers ou l'armée, ils révèlent les routines, ils ralentissent les forces de l'ordre, ils donnent des informations sur les effectifs, ils créent des opportunités de contact et d'observation.

Un barrage routier est un point fixe. Or, en stratégie militaire, tout point fixe est une cible ou une source d'information.

En résumé, la corruption de proximité est une menace nationale. Ce n'est pas un problème moral. C'est un problème. Un policier qui prend 1 000 francs mis en danger son unité. Son unité met en danger son commissariat. Son commissariat met en danger la région. La région met en danger l'État.

C'est pour cela qu'il est fondamental de toujours se rappeler que la sécurité nationale commence par l'intégrité opérationnelle. Et ce n'est pas très malin de la part des dirigeants africains de multiplier les occasions pour la prolifération de la « corruption de proximité » et donc, d'accentuation de la vulnérabilité de toute la police, de toute l'armée.

COMMENT L'ITALIE ORGANISE SA SECURITE POUR VENIR A BOUT DE LA MAFIA ?

Exemple italien : la sécurité commence par les objectifs

L'Italie, face à la Mafia, a défini des objectifs clairs : démanteler les réseaux, couper les flux financiers, infiltrer les organisations, neutraliser les chefs mafieux.
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Lire la suite sur www.pougala.net

Jean-Paul Pougala

Vendredi le 19 Juin 2026

LECON N° 1 :

L'illusion de sécurité du contrôle des papiers d'identité ou Pourquoi les barrages policiers et de gendarmerie, en Afrique, ne servent à rien ?

29/05/2026

"Pourquoi les nations échouent"
[Why Nations Fail: The Origins of Power, Prosperity and Poverty]
Prospérité, puissance et pauvreté
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Leçon d'économie politique de Jean-Paul Pougala - Commentaire de texte économique
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Vous êtes nombreux à me demander le titre du livre que je lisais sur ma photo prise hier jeudi 28 mai 2026.

Il s'agit du livre : "Why Nations Fail" Pourquoi les Nations échouent ? publié en 2012 par Daron Acemoglu et James A. Robinson.

Ce livre explique que la prospérité ou la pauvreté des pays dépend avant tout de leurs institutions politiques et économiques : les nations qui réussissent bâtissent des institutions inclusives, tandis que celles qui échouent restent prisonnières d’institutions extractives qui profitent à une élite.

Thèse centrale du livre :

Institutions inclusives : Elles garantissent des droits politiques, encouragent l’innovation et permettent une répartition équitable des opportunités économiques. Exemple : les États-Unis ou l’Angleterre après certaines réformes.

Institutions extractives : Elles concentrent le pouvoir et les richesses entre les mains d’une minorité, bloquant le développement. Exemple : l’Empire colonial espagnol en Amérique latine ou la Corée du Nord.

Rejet des autres explications : Les auteurs critiquent les théories basées sur la géographie, la culture ou l’ignorance des dirigeants. Selon eux, la clé est politique : les élites choisissent des institutions qui servent leurs intérêts. En d'autres mots, lorsque vous voyez des dirigeants mener des politiques qui échouent ou qui ne portent pas leurs résultats, les auteurs invitent à nuancer notre appreciation, pour poser une autre question :

Si vous dites qu'un dirigeant a échoué, c'est par rapport à qui ? C'est échouer par rapport à quel objectif ? Et vous rendrez compte qu'aucun dirigeant n'échoue, puisque pour la plupart, ils travaillent pour eux-mêmes et eux seuls savent combien ils ont tiré de l'action gouvernementale.

Par conséquent, il n'y a pas selon les auteurs, des dirigeants ignorants ou incompétents. Ils sont parfaitement compétents pour leurs intérêts.

Études de cas marquantes

Nogales (Arizona vs Sonora) : Même culture et géographie, mais des institutions différentes expliquent l’écart de richesse entre les deux côtés de la frontière.

Corée du Nord vs Corée du Sud : Institutions répressives au Nord → pauvreté apparente ; institutions plus ouvertes au Sud → prospérité apparente, mais entre les mains d'une poignée de familles.

Colonisation française et espagnole vs anglaise : L’Espagne comme la France, a instauré des systèmes extractifs (encomienda), tandis que l’Angleterre a dû accorder plus de droits à ses colons, favorisant des institutions plus inclusives.

Impact et réception :

Influence académique : Le livre est devenu une référence en économie politique et en développement dans les facultés d'économie de beaucoup de pays en occident.

Critiques : Certains chercheurs estiment que la distinction que les auteurs font entre « inclusif vs extractif » est trop simpliste et ne prend pas assez en compte les nuances culturelles ou géographiques.

Récompenses : Finaliste du Financial Times & Goldman Sachs Business Book of the Year Award et mention honorable au Arthur Ross Book Award.

QUELLES LECONS J'AI TIREES A LA LECTURE DE CE LIVRE ?

Dans ce livre, "Why Nations Fail", Acemoglu et Robinson définissent les institutions inclusives comme des règles et structures qui garantissent les droits de propriété, afin que chacun puisse bénéficier des fruits de son travail ou de ses investissements. Selon les auteurs, les chasse à l'homme du genre Autochtones-Allogènes ou "Rendtrez chez vous" font partie des garantir pour porter une Nations à échouer.

Car si les créateurs de richesses ne sentent pas qu'ils ont la garantie et la sécurité sur leur propriété, ils ne vont pas investir suffisamment. Et comme le capital eqt par définition mobile, ils feront le choix d'aller investir ailleurs, ce qui contribuera à faire échouer la Nation.

Une Nations qui n'assure pas l’égalité devant la loi, en limitant les privilèges réservés à une élite, creuse sa propre tombe. Le sentiment d'impunité décourage au lieu de stimuler le génie des porteurs de projets.

Les Nations qui n'encouragent pas la participation politique, permettant aux citoyens d’influencer les décisions collectives, sont condamnées à échouer. A force de n'écouter que son clan, on finit par se priver des idées novatrices et ne pas voir le déclin se pointer à l'horizon.

Les Nations qui favorisent l’innovation et la concurrence, en ouvrant l’accès aux marchés et en évitant les monopoles, sont celles qui réussissent le plus. A l'inverse, les Nations tenues par des monopoles sont condamnées à rétrograder ou tout au moins à ne pas être capable d'affronter la concurrence venant de l'extérieur. Et donc, d'échouer.

En résumé, les Nations qui réussissent et prospèrent, sont celles où les institutions ouvrent les opportunités économiques et politiques au plus grand nombre, et non pas seulement à une minorité.

Les Institutions non inclusives :

À l’inverse, les deux auteurs parlent des institutions extractives concentrent le pouvoir et les richesses entre les mains d’un groupe restreint. Elles découragent l’innovation et la participation, car les élites craignent de perdre leurs privilèges. C'est le cas des pays africains avec une inclusion purement tribale ou clanique.

Selon la logique des deux auteurs :

Si l’accès aux postes politiques ou économiques dépend de l’appartenance à un clan, une ethnie ou une tribu, alors les institutions sont exclusives/extractives. Cela limite la participation de l’ensemble de la population et concentre les bénéfices dans un cercle restreint. Et puisque ces bénéfices sont d'origine extractive, ils n'alimenteront pas le capital productif de la Nation. C'est en quelque sorte de l'argent qui va sortir sans jamais se regénérer, sans jamais créer la richesse. Condamnant avec le temps, cette Nation au déclin, à la faillite.

Dans leur cadre théorique, ces pays sont effectivement « condamnés » à des difficultés économiques et politiques tant que les institutions restent extractives.

Conséquences à long terme :

1) Faible croissance économique : Les investissements productifs sont découragés. Il y a tout de même quelque chose de rassurant dans ce flot de nouvelles négatives, c'est le darwinisme économique. La chance veut que le monde capitaliste est si difficile que toutes les personnes incompétentes qui s'approprient et s'entourent des plus incompétents qu'eux, à un moment donné ou à un autre ne resteront pas éternellement aux postes qu'ils occupent, parce que le marché, est le seul qui va décider de qui reste et de qui part.

2) Instabilité politique : Les groupes exclus contestent le pouvoir, ce qui mène à des conflits. L'Afrique est le continent des conflits armés permanents. Les dirigeants politiques ne se rendent pas compte que les décisions qu'ils prennent ne sont pas acceptables par tout le monde. Et donc, ils ne prennent jamais en compte qu'une partie de leur pays peut décider de faire secession ou tut simplement de vouloir les renverser.

3) Pauvreté persistante : Les richesses nationales ne profitent pas à la majorité. Lorsqu'on voyage dans les pays où il existe une prospérité partagée avec toute la population, comme en Chine, on se rend compte très vite qu'on est en sécurité.

J'ai perdu mon téléphone dans un taxi de Guangzhou. Et rendu à la police, mon téléphone m'a été redonné en moins d'une heure. Parce que tous les habitants mangent à leur faim à un prix raisonnable, chacun dort dans une maison avec un minimum de confort. Résultat des courses, c'est tout le monde qui profite du climat de sécurité et d'apaisement général dans tout le pays.

En Suisse, les ministres n'ont pas de garde du corps, pour tester sur eux-mêmes le degré de sécurité du pays. Ces ministres prennent le même bus que les citoyens, prennent le même train, parce que les politiciens ont pensé à la prospérité collective de tous les Suisses en leur versant les salaires les plus élevés du monde. C'est-à-dire en convainquant les employeurs privés qu'une société avec la richesse nationale qui ne profite qu'à une minorité n'est dans l'intérêt de personne.

4) Fuite des talents : Les individus compétents émigrent vers des pays offrant plus d’opportunités et plus de sécurité. Le drame de l'Afrique est que les dirigeants ne voient même pas qu'à la fin, ils ne sont en train de diriger que ceux qui n'ont pas pu s'enfuir, parce que trop pauvres ou trop résignés.

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4ème de couverture :

Daron Acemoglu, James A. Robinson

"Pourquoi les nations échouent"
[Why Nations Fail: The Origins of Power, Prosperity and Poverty]
Prospérité, puissance et pauvreté

Préface : Philippe Aghion
Traduction (Anglais) : Patrick Hersant

Pourquoi certaines nations réussissent-elles mieux que d’autres ?

Qui tenir responsable : le climat, la géographie, la culture ? La division du travail ? Ou bien encore, l’ignorance des dirigeants ? Pour Daron Acemoglu et James A. Robinson, la réponse est à chercher ailleurs : tout dépend des institutions.

De la Rome antique à la Chine contemporaine en passant par les Tudors et la France de Colbert, les auteurs s’avancent sur le terrain de Francis Fukuyama et dialoguent avec Max Weber ou Jared Diamond pour dresser ce constat simple et si puissant : les pays qui s’enrichissent sont ceux qui ont un bon gouvernement. Car là où l’individu peut compter sur des services publics de qualité, là où est garanti le libre choix de son activité, là où ses gains et ses biens sont sécurisés, il peut déployer ses talents sans crainte. Et la nation de prospérer.

Champs - Champs essais
Paru le 17/09/2025
Genre : Essais
752 pages - 111 x 178 mm Poche - Format poche EAN : 9782080493408 ISBN : 9782080493408
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Source : https://editions.flammarion.com/pourquoi-les-nations-echouent/9782080493408

CONCLUSION

La lecture de ce livre nous permet de comprendre qu'en Afrique, le clientélisme tribal tue le pays, il affaiblit toute la nation, car il transforme les institutions en outils extractifs.

Et au lieu de servir l’ensemble de la population, elles servent une élite ou un groupe restreint, ce qui bloque l’innovation, décourage l’investissement et entretient la pauvreté.

"Pourquoi les nations échouent" écrit par les économistes Daron Acemoglu et James A. Robinson explore les raisons pour lesquelles certaines nations prospèrent en abondance tandis que d'autres restent pris au piège de la pauvreté, attribuant la fracture aux institutions formées pendant les moments historiques clés plutôt que la géographie, la culture ou l'ignorance

Jean-Paul Pougala

Vendredi le 29 mai 2026

27/04/2026

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