15/09/2026
1976, une année "noire" pour la Haute-Volta🥲
Que vous rappele l’année 1976 en Haute-Volta ?
L’année 1976 demeure, dans la mémoire collective voltaïque, comme une année particulièrement douloureuse, marquée par une succession de drames qui ont profondément endeuillé la Haute-Volta, l’actuel Burkina Faso.
Succession de catastrophes...
En l’espace de quelques mois, plusieurs catastrophes ont frappé le pays, emportant des vies humaines et causant d’importantes pertes matérielles.
1) Tout commence le 7 mars 1976, avec un terrible accident de la circulation. Une Super Goélette, en provenance de Kongoussi et à destination de Ouagadougou, dérape avant de chuter dans un ravin.
Le bilan est lourd : 23 personnes perdent la vie dans cet accident.
Parmi les victimes figurent notamment plusieurs femmes qui participaient au projet conjoint Haute-Volta/UNESCO visant à promouvoir l’égalité d’accès des femmes et des jeunes filles à l’éducation.
Leur disparition constitue une perte immense pour leurs familles, mais également pour les efforts engagés à l’époque en faveur de la promotion de l’éducation et de l’émancipation des femmes. Un deuil national est décrété. Le drapeau est mis en berne.
2) Quelques mois plus t**d, le pays est à nouveau frappé par un sinistre de grande ampleur.
Le 6 juillet 1976, au petit matin, un incendie se déclare à la gare ferroviaire de Ouagadougou, dans un magasin de stockage dénommé Brasilia 1. Le feu ravage les entrepôts et réduit en cendres une quantité considérable de marchandises.
Les dégâts matériels sont estimés à près de 13 milliards de francs de l’époque, une perte économique considérable pour le pays. Au-delà des chiffres, cet incendie suscite une profonde émotion et vient assombrir davantage une année déjà marquée par le deuil.
3) L'un autre des drames, aussi lourd sur le plan humain, survient quelques semaines plus t**d.
Le 14 septembre 1976, dans la soirée, un hélicoptère de l’armée voltaïque s’écrase dans la zone de Pôa. L'accident est particulièrement tragique : plusieurs hauts responsables de l'État et de l'administration voltaïque trouvent la mort.
Parmi les victimes figurent :
* le capitaine Jean-Luc Couldiati, ministre de l'Information et des Postes et Télécommunications ;
* le chef d'escadron Bondé Bagnamou, commandant de la Gendarmerie nationale ;
* Apollinaire Ouoba, directeur de cabinet ;
* André Mignet Kambiré, conseiller technique ;
* Bernard Konkobo, directeur du Service de l'information.
Le pilote de l'appareil, Patrice Koné, ainsi que Mamadou Simporé, directeur général de l'Office des Postes et Télécommunications, survivent à cette catastrophe.
Pour la continuité du commandement, le chef d'Escadon Ouattara Syé est nommé commandant de la gendarmerie par intérim.
La disparition simultanée de plusieurs personnalités occupant des fonctions importantes au sein de l'État provoque une onde de choc dans tout le pays. Elle vient surtout rappeler, une nouvelle fois, la fragilité de la vie humaine et la brutalité avec laquelle le destin peut parfois frapper.
1976, une année tristement gravée dans les mémoires. Accident de la route, incendie aux conséquences économiques considérables, puis crash aérien emportant plusieurs hauts responsables : l’année 1976 aura été jalonnée d'épreuves particulièrement douloureuses pour la Haute-Volta.
Au-delà des dates, des chiffres et des noms, ces événements racontent une page de l'histoire du pays. Ils rappellent le destin de femmes engagées dans la promotion de l'éducation, les pertes économiques subies par la nation et la disparition brutale de serviteurs de l'État.
Près d’un demi-siècle plus t**d, ces drames méritent encore d’être racontés, documentés et transmis aux générations futures, afin que la mémoire de ceux qui ont disparu ne s'efface pas avec le temps.
Quelle triste année que cette année 1976 !
Auteur inconnu
PS : J'ajoute cependant (en tant que membre du Mouvement célébrons le 8 mars autrement) que c'est le premier drame dont il est question ici qui mobilise fortement notre Mouvement pour un grand devoir de mémoire : le projet Yilou, pour rappeller la mémoire de nos mères, tragiquement disparues en mars 1976.