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06/12/2025

Coordination des Elèves et Etudiants du Burkina (CEEB)

Coordination Régionale du NANDO (CR-NANDO)

Koudougou, le 06 décembre 2025

Déclaration à l’occasion de la commémoration de l’assassinat de l’élève Flavien NEBIE

Camarades élèves et étudiants,

O6 décembre 2000 - 06 décembre 2025, un quart de siècle d’impunité !
Cela fait vingt-cinq (25) ans que notre camarade Flavien NEBIE, élève en classe de CM2 au moment des faits a été victime d’un assassinat lâche et barbare à Boussé dans la province du Kourwéogo.

Pour rappel, le 06 décembre 2000, lors d’une manifestation des scolaires en soutien aux enseignants en lutte contre la destruction planifiée de l’école, les crimes économiques et de sang et pour une école véritablement démocratique et accessible aux enfants du peuple, Flavien NEBIE perdait la vie sous les balles assassines d’un gendarme zélé à la solde du régime sanguinaire du capitaine Blaise Compaoré. Jusqu’à ce jour, les commanditaires et les exécutants de cet acte ignoble et barbare vivent sereinement leur vie et en toute impunité.

En ce 25ème triste anniversaire, la CEEB-NANDO, voudrait féliciter les élèves et les étudiants, qui malgré les intimidations et les multiples manœuvres orchestrées pour faire oublier le dossier et l’effacer de la mémoire collective continuent de maintenir haut levé le flambeau de la lutte pour la lumière et la justice. La présente commémoration se tient dans un contexte de crise sécuritaire aigüe, d’instabilité politique, de vie chère et de remises en causes des droits démocratiques chèrement arrachés par notre peuple et sa jeunesse dont la jeunesse scolaire et estudiantine. Ce contexte rappelle malheureusement et même en pire, celui au cours duquel notre camarade Flavien NEBIE a été assassiné.

Camarades élèves et étudiants,

Dans nos établissements publics comme privés, le quotidien rime avec la non effectivité de la cantine scolaire, le manque criard d’enseignants dans certaines matières telles que les mathématiques, l’anglais, l’EPS, ..., des frais de scolarité exorbitants, etc. C’est le cas du Lycée Provincial de Koudougou qui a enregistré en début du mois d’octobre de cette rentrée scolaire 2025-2026 neuf classes sans professeur de Mathématiques.
Parailleurs, les lycées privés techniques ont une scolarité oscillante entre 95.000F CFA et 214.000F CFA. P*s encore, au-delà des frais de scolarité déjà intenables pour les parents d’élèves, des frais de suivi des élèves sont institués à raison 3.000F CFA par élève au sein certains établissements. Malgré ces sommes élevées certains établissements comme le Lycée Privé Technique Sciences Nouvelles peinent à trouver un terrain de sport propre à lui-même pour la pratique des Epreuves physique et sportives.

Camarades élèves et étudiants,

En ce jour de triste anniversaire, la CEEB-NANDO appelle l’ensemble des scolaires et étudiants de la région à :

✓Réclamer vérité et justice pour Flavien NEBIE en commémorant le 25ème anniversaire de son assassinat ;
✓Participer massivement et activement aux activités commémoratives du 27ème triste anniversaire de l’assassinat crapuleux du journaliste Norbert ZONGO et de ses trois compagnons d’infortune dans le cadre du CODMPP/Boulkiemdé ;
✓Se solidariser avec les élèves et étudiants déplacés internes ;
✓Protéger, préserver et renforcer les structures membres de la CEEB en vue d’exiger la prise en compte de nos préoccupations telles que :
✓L’effectivité de la cantine scolaire dès le premier trimestre ;
✓La prise en charge adéquate des élèves déplacés internes ;
✓La construction de plus d’établissements publics et d’infrastructures éducatives adaptés aux effectifs ;
✓Le contrôle rigoureux des établissements privés par l’Etat ;
✓La gratuité de l’éducation pour tous les enfants du peuple.

Vérité et justice pour Flavien NEBIE et pour tous les autres crimes de sang et économiques restés jusque-là impunis !
En avant pour une école démocratique populaire et accessible aux enfants du peuple !
Pain et Liberté pour le peuple !

La Coordination régionale

03/11/2025

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Coordination des Elèves et Etudiants du Burkina
(CEEB)

Ouagadougou, le 03 novembre 2025

Déclaration de rentrée de l’année scolaire et universitaire 2025-2026

En octobre 2025, les élèves et étudiants ont repris le chemin des classes. La CEEB souhaite une bonne et heureuse année scolaire et académique 2025-2026 à tous les acteurs du secteur de l’éducation. Elle a une pensée particulière à l’endroit de ceux, en particulier les enseignants, étudiants et élèves durement éprouvés par les affres de l’insécurité et exprime sa solidarité et son encouragement à leur endroit.

La rentrée scolaire et académique 2025-2026 s’effectue dans un contexte national difficile marqué par une crise sécuritaire aiguë à laquelle notre pays est confronté depuis plusieurs années. En cette rentrée, la situation dans les ordres d’enseignements du préscolaire, primaire, post-primaire, au supérieur en passant par le secondaire demeure similaire à celle de l’année écoulée sinon qu’elle s’est davantage aggravée. Le préscolaire reste le parent pauvre du système éducatif avec seulement 2% du budget alloué au système éducatif et un taux de préscolarisation estimé à seulement 6,9% pendant que 72% des infrastructures préscolaires appartiennent au privé.

Sur le plan infrastructurel, dans plusieurs localités du pays, les établissements scolaires continuent de faire recours à des abris précaires tels que les magasins, les hangars ou des écoles sous-paillotes dans des conditions d’apprentissage déplorables, greffées au manque de clôtures pour garantir un minimum de sécurité pour les élèves.

Sur le plan social, les problèmes d’accès à l’électricité, à l’eau potable, l’absence en générale des cantines scolaires sont des réalités quasi permanentes. Sur le plan pédagogique, le manque d’enseignants constitue une dure réalité surtout dans les zones à fort défi sécuritaire. Pour assurer le minimum, il est fait appel aux enseignants communautaires, souvent sans une formation adéquate et rémunérés par un revenu mensuel dérisoire.

Dans ce contexte de rentrée, les parents d’élèves déjà écrasés par des charges financières du fait de la quasi-inexistence des bourses scolaires, subissent doublement le fardeau de la vie chère aggravée par la flambée du coût des fournitures scolaires (stylo, cahiers, sacs scolaires, rames de feuilles, manuel, règles, ardoises, craies …). Si les APE ont été dissoutes et remplacées par les conseils d’école, fort est de noter que le fonctionnement des conseils d’école peine à décoller. Malgré la dissolution des APE et la limitation de ces frais à 1000 francs au post primaire et secondaire, plusieurs établissements continuent de prélever des sommes au nom des frais APE.

C’est le cas du Lycée Bogodogo à Ouagadougou où ses cotisations sont fixées à 4 000 francs. A côté de cela, d’autres frais tels que les cotisations spéciales et autres cotisations dites circonstancielles sont instaurées par certains chefs d’établissements comme au lycée départemental de Ramongo dans la province du Boulkiemdé.
Pendant ce temps, au lieu de mettre en place des mesures sociales visant à améliorer les conditions de vie et d’étude des apprenants tout en allégeant les charges des parents d’élèves, les décideurs se limitent à des initiatives telles que l’introduction du port du Faso Dan Fani — une mesure qui, bien qu’étant un symbole d’identité et d’héritage culturel, contribue à alourdir leurs charges.

En d’autres termes, si, pour le commun des Burkinabè, la promotion du port du Faso Dan Fani est louable, il n’en demeure pas moins qu’une partie du coût devrait être supportée par les promoteurs, au risque de rendre plus vulnérables les élèves des couches défavorisées dont les parents croulent déjà sous le poids des conditions difficiles d’existence.

Initialement annoncé comme une décision non obligatoire, le port du Faso Dan Fani sans mesure d’accompagnement tend progressivement à devenir une obligation, car de plus en plus imposé par les responsables d’établissement aux élèves comme cela est perceptible au « lycée de Koudougou ». En outre, du fait de la situation sécuritaire, plusieurs écoles ont été fermées, d’autres transformées en des abris des personnes déplacées internes. Alors que des milliers d’enfants errent dans les rues, livrés à eux-mêmes faute d’infrastructures scolaires publiques accessibles, le plus grand établissement du pays, le lycée Philippe Zinda KABORE demeure fermé jusqu’à ce jour.

Cette situation amène à s’interroger si l’éducation des enfants de notre peuple est une préoccupation pour les gouvernants. Elle nous convainc que les tenants du pouvoir actuel ne font pas mieux que leurs prédécesseurs qui ont opéré sa fermeture. Ce tableau sombre contribue à l’abandon des classes par les élèves au profit des sites miniers d’exploitation artisanale, exposés ainsi à l’insécurité, livrés à la délinquance, au banditisme, à l’abus du tabagisme et autres substances nocives.

Au niveau universitaire, les difficiles conditions d’accès aux différents ordres, le durcissement des conditions d’étude et la clochardisation des étudiants se poursuivent. Les étudiants continuent de faire face à des retards académiques, des chevauchements d’années et de semestres, le bâclage de la formation conduisant à des taux d’échecs élevés, et à des difficultés pour se soigner, se loger, se nourrir, se déplacer, etc.

Camarades élèves et étudiant-e-s ;
Ces difficultés ne relèvent pas de l’ordre de la fatalité. Elles sont inhérentes à la nature néocoloniale de notre école. Nous restons dans l’attente de l’adoption de mesures importantes visant à remettre en cause les fondements de l’école néocoloniale en vue d’en faire une école démocratique et accessible à tous. Il n’est un secret pour personne que la politique éducative en cours s’inscrit dans la continuité de l’application des Programmes d’ajustement structurel (PAS) et ses variantes successives quadruplement rebaptisées Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP), Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD), Plan de développement économique et social (PNDES) et aujourd’hui le Référentiel national de développement (RND).

Dans la logique des PAS, la fameuse réforme baptisée « Initiative présidentielle pour une éducation de qualité » (IPEQ) ne saurait qu’être un énième moyen de faire payer davantage les parents d’élèves et d’amener l’état à faire des économies pour être en phase avec les orientations du FMI en limitant la formation des enfants des couches populaires à des cycles courts.

Au regard de la situation difficile, la CEEB qui fédère les organisations démocratiques d’élèves et d’étudiants, forte de son expérience acquise depuis sa naissance dans le sillage de la grande croisade des évènements de Sapouy consécutifs à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, demeure convaincue que la lutte organisée constitue l’unique voie qui mène au salut des élèves et des étudiants.

C’est pourquoi, elle appelle les élèves et les étudiants à se mobiliser, à renforcer leurs organisations de base et la CEEB en vue de la défense de leurs intérêts matériels et moraux.

Elle appelle par ailleurs, l’ensemble des élèves et étudiants à se solidariser des camarades victimes de la crise sécuritaire.

Pour une école véritablement démocratique et accessible aux enfants des couches populaires, en avant !

Vive la CEEB !

Pain et liberté pour le peuple

Le Bureau Exécutif National

24/02/2025

Coordination des Elèves et Etudiants Burkinabè (CEEB)
Coordination Régionale du Centre-ouest (CR-CO)
Koudougou, le 24 février 2025.

Déclaration à l’occasion de l’an quatorze des tueries de Koudougou

Le 22 février 2025, marque le quatorzième anniversaire des événements de Koudougou. En rappel, le 20 février 2011, Justin ZONGO, alors élève en classe de 3e au collège Guesta KABORE, aujourd'hui lycée Madiba de Koudougou succomba à la suite de coups reçus lors d’une torture dans les locaux du commissariat central de police de Koudougou. Profondément affligés et indignés par l'annonce de la mort de l’élève ZONGO Justin, élèves et étudiants se mobilisaient spontanément dans les rues pour interroger les autorités régionales afin de comprendre les circonstances de ce drame. Il ne fallait pas plus pour soulever le courroux des autorités, qui, en plus de l’assassinat de Justin ZONGO et des manœuvres mensongères imputant sa mort à une prétendue maladie de méningite, décidaient, de la manière la plus atroce et inhumaine de faire abattre sur les manifestants aux mains nues l’une des répressions les plus barbares. Ainsi, en plus de l’assassinat de notre camarade Justin ZONGO, s’ajoutaient d’autres victimes dont de nombreux blessés. Et cela, comme pour rappeler que le pouvoir de la IVème République ne savait gouverner que dans la terreur et le mépris absolu de la vie humaine. Cinq braves jeunes à savoir BADO Issa, apprenti mécanicien ; ZOUBGA Amed, élève en classe de CE2 à l’école centre de POA ; BOUDA Michel, élève en classe de 5ème au lycée de KINDI ; OUEDRAOGO Assad Aboubacar, élève en classe de 3ème au lycée municipal de Koudougou et KISSOU Wendkouni, étudiant en 1re année de SEG à l’Université de Koudougou, venaient une fois de plus d’être fauchés par les hommes de mains de Blaise COMPAORE.
Ces assassinats avaient pour unique objectif de briser l’élan de lutte et de semer la peur et la division au sein des manifestants, dans l'intention de les contraindre à la résignation, afin de cautionner l'impunité et l’injustice en règle. Mais, éclairés par la riche expérience de lutte de notre peuple, de la jeunesse d’ici et d’ailleurs, les manifestants ne baissaient pas les bras surtout avec l’entrée en lutte des autres composantes de notre peuple (commerçants, travailleurs des secteurs formel et informel, etc.) Face à cette situation, les dignitaires du régime, profondément inquiétés, ont été contraints, pour la première fois, de donner suite au dossier Justin ZONGO. C’est ainsi que le 22 juillet 2011, les assistants de police Nebié Bélibi, Fayama Béma seront donc reconnus coupables pour coups mortels et vont écoper de dix (10) ans d’emprisonnement ferme chacun. L’officier de police Kaboré Narcisse, lui, sera reconnu coupable pour complicité de coups mortels et écope de huit (08) ans de prison ferme. Ce jugement venait confirmer une fois de plus que seule la détermination et la mobilisation déterminent l’issue de toute lutte.
La commémoration de ce triste quatorzième anniversaire se tient dans un contexte où l’école burkinabè est profondément en crise. La situation dans les établissements publics et privés est à l’image de la crise structurelle que traverse notre pays. Ainsi, il est loisible de constater la non effectivité de la cantine scolaire dans la quasi-totalité des établissements à trois (3) mois environ de la fin de l’année scolaire.
Dans certains établissements, les responsables administratifs ont érigé le port de la tenue Faso Dafani en principe obligatoire pour les élèves, en méconnaissance totale des textes en vigueur ; c’est le cas du lycée de Koudougou.
L’on constate également une détérioration des terrains de sport, une absence de plateau Omnisport et de manque de matériels de sport (poids de lancés, ballons...) sensés servir aux élèves pour leurs activités sportives dans certains établissements scolaires publics que privés. Cette situation compromet sérieusement la qualité de la formation des apprenants en particulier ceux en classe d’examen qui sont appelés à passer des épreuves sportives dans le cadre de leur évaluation certificative. Par ailleurs, l’on constate une escroquerie des élèves et de leurs parents de la part du personnel éducatif à travers l’institution des cotisations spéciales souvent baptisées « contributions circonstancielles ». Le cas illustratif est celui du Lycée départemental de Ramongo. Au lycée privée cours Placide Yaméogo de Koudougou, on note l’instauration des frais de suivi des élèves à hauteur de trois mille (3000) francs CFA qui apparaient.
Sur le plan des infrastructures, des camarades élèves vivent des conditions difficiles de manque ou d’insuffisance de points d’eau, de toilettes. Au Lycée Provincial de Koudougou, avec un effectif de plus de deux mille (2000) élèves, il n’existe qu’un seul point d’eau fonctionnel et un seul bloc de latrines mixte (où se côtoient garçons et filles).
A tout cela, s’ajoute la réintroduction contestée du cours de l’Education Civique dans l’enseignement post-primaire et secondaire par les autorités entrainant ainsi de lourdes conséquences pour les apprenants.
La commémoration de ce triste quatorzième anniversaire se tient également dans un contexte national marqué par une crise sécuritaire ayant occasionné des milliers d’élèves déplacés internes (EDI) et par une remise en cause des droits des citoyens. Et que dire de déni du droit aux élèves de s’organiser pour commémorer librement le 13 décembre, date anniversaire de l’assassinat de Norbert ZONGO à travers l’imposition du concept tout trouvé « commémorer Norbert Zongo autrement », dont les initiateurs seul pourraient en définir le contenu. L’histoire de notre pays nous enseigne que quels que soient les stratagèmes des prétendus hommes forts du moment à faire régner l’impunité des crimes de sang, cela ne saurait résister face à l’abnégation et à l’esprit de sacrifice que le peuple emploie pour fonder une société débarrassée de pareilles pratiques.
En cette journée de commémoration, nous devons renouveler notre engagement afin d’exiger que la lumière soit faite et que justice soit rendue non seulement aux autres dossiers de 2011, mais aussi à tous les dossiers de crimes restés impunis tels que Flavien NEBIE, Norbert ZONGO, etc. C’est pourquoi, nous devons nous organiser davantage en vue des futures batailles pour l’amélioration de nos conditions de vie et d’études.

Vérité et justice pour tous les camarades tombés !
En avant pour la satisfaction de nos justes et légitimes revendications !
Pain et Liberté pour le peuple !
La Coordination régionale

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Koudougou

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