21/05/2026
Union générale des étudiants burkinabè (UGEB)
Association nationale des étudiants burkinabè (ANEB)
Section de Dédougou
Dédougou le 19 mai 2026
Déclaration à l’occasion de la commémoration de la journée Dabo Boukary
Camarades étudiantes et étudiants
En ce jour 19 mai 2026 marque le 36e anniversaire de l’assassinat de notre camarade DABO Boukary qui a été arraché à ce monde, alors étudiant en 7e année de médecine à l’université de Ouagadougou actuelle Université Joseph KI-ZERBO.
En rappel, en mai 1990, les étudiants de l’UO à travers une série de manifestations, s’organisèrent pour exiger de meilleures conditions de vie et d’études et contre les exclusions des responsables de l’ANEB. Le point d’épilogue de cette lutte va se traduire le 16 mai 1990 pour une repression féroce des militaires du conseil de l’entente sur les étudiants. C’est dans ce contexte, que notre camarade DABO Boukary sera enlevé par les éléments de la garde présidentielle du capitaine Blaise COMPAORE puis amené au conseil de l’entente où le camarade sera torturé jusqu’à ce que mort s’en suive. Après cet assassinat crapuleux de notre camarade des générations ont maintenu haut le flambeau de la lutte pendant 32 ans pour qu’il ait vérité et justice pour DABO Boukary. Aujourd’hui 19 mai 2026, 36 ans après nous rendons un hommage digne de ce nom à ce combattant tombé les armes à la main et également de magnifier son courage, son engagement et son esprit de sacrifice.
Camarades étudiantes et étudiants ;
La commoration de la journée DABO Boukary, cette année se tient dans un contexte marqué par l’aggravation continue des conditions de vie et d’études des étudiants. Ainsi à l’Université Daniel Ouezzin Coulibaly, la situation demeure particulièrement difficile. Sur le plan académique, les étudiants sont confrontés à une pression académique sans précédent. Des textes anti-étudiants en occurrence le nouveau régime des études sont adoptés avec des contenus foncièrement toxiques. Dans l’esprit de ce texte, ce sont au total plus de 600 étudiants de l’Université qui devrait être exclu en raison de l’application de la disposition de l’article 36 de ce texte. L’objectif des autorités vise à chasser une grande masse des étudiants de l’université.
Sur le plan social, les conditions sociales des étudiants demeurent précaires. À l’UDOC les étudiants sont confrontés aux difficultés de logement en raison du fait que l'université ne dispose pas de cités universitaires. Ce manque laisse les étudiants à la merci des bailleurs qui spéculent sur le coût du loyer. Au niveau du restaurant universitaire, depuis le passage du ministre de l’Enseignement supérieur le lundi 16 février dernier, le peu de qualité et de quantité qui restait s’est envolé en éclat. Le ministre a montré clairement sa responsabilité dans la dégradation de la qualité et la quantité des plats servis. Il n’a pas manqué l’occasion de dire : « «vous ne pouvez pas continuer de payer 100F et espérer avoir un plat de qualité ». C'est dire que l'étudiant n’a plus son mot à dire. Cette situation a été renforcée par la sortie du ministre qui laisse voir sa volonté de museler les étudiants. En effet le nombre de plats servis par jour reste largement inférieur par rapport aux nombres d'étudiants. La quantité du plat servi a drastiquement diminué, de même que le quota de plats par étudiant chaque mois.
Quant à la qualité, elle demeure déplorable. Aussi, le restaurant universitaire de Souri depuis 2023 manque d'électricité. En plus, parmi les contrôleurs certains ont adopté des comportements désagréables. Quant au service de l’infirmerie, il manque de matériels nécessaires pour son fonctionnement. Le service de santé au profit des étudiants reste déplorable. L’infirmerie fonctionne difficilement dû parfois à un manque d’agent de santé et un manque de consommables médicales. Le transport des étudiants reste toujours entre les mains de la SOTRACO, une société qui fait du mercantilisme sur le dos des étudiants, en témoigne les nouvelles tarifications qui prévoient faire passer le ticket de 150f à 200f pour les étudiants.
Sur le plan des libertés, la machine répressive mise en place par les autorités de l’UDOC est semblable à celle des années 90. Les autorités très hostiles à la revendication des étudiants, ont choisi la répression au lieu de résoudre les difficultés que les étudiants rencontrent. Leur slogan est « Si tu fais, on te traduit en conseil de discipline pour que ça serve de leçon aux autres » Les camarades OUEDRAOGO Poko Sanata, YARO Aydarou respectivement Secrétaire générale et Vice-président chargé des activités sportives du comité exécutif à l’époque, ainsi que le camarade YABRE Nestor Secrétaire du bureau de la corporation SAT ont vu leurs relevés de notes bloqués du 3 mars 2025 au 27 Janvier 2026 à la direction de l’UFR/SAT avec à sa tête MILLOGO César et KANSIE Kpè respectivement Directeur et Directeur adjoint. Le sieur KANSIE Kpè qui voyait une occasion de faire regretter les camarades de leur engagement disait au début que les relevés de notes des camarades étaient perdus sauf qu’il oubliait que tout menteur vit au dépend de celui qui l’écoute. Sinon comment se fait-il que ce soit les relevés de nos camarades qui soient perdus ? Son mensonge a été mis a nu le 27 janvier 2026 quand les camarades ont remarqué que les relevés ont été signés le 03 mars 2025. Cette manœuvre a fait rater aux camarades plusieurs opportunités et même les priver du droit de poursuivre leurs études.
A la lumière de ce qui précède, en cette journée DABO Boukary, l’ANEB Dédougou appelle l’ensemble des étudiant-es à renforcer ses rangs pour la défense de nos intérêts matériels et moraux.
Pour de meilleures conditions de vie et d’étude, en avant !
Non aux réformes anti-étudiantes !
Hommage à notre camarade DABO Boukary !
Vive DABO Boukary, un exemple d’engagement et d’esprit de sacrifice !
Vive l’ANEB Dédougou !
Vive l’UGEB !
Pain et liberté pour le peuple