08/05/2026
Coalition des organisations de la sociale de la. société civile de l’ex région de la Boucle du Mouhoun
(Coalition des organisations de la société civile- Conseil régional de OSC- Comité de dialogue et de veille citoyenne de Dédougou)
Déclaration des OSC
à l’occasion de la commémoration du 10ème anniversaire de l’expulsion de KADINZA Lamoussa de Dédougou par le chef de Canton DAYO Lombo Albert.8 mai 2016 - 8 mai 2026, cela fait 10 ans, jour pour jour, que le Camarade KADINZA Lamoussa, alors Président de la section MBDHP du Mouhoun et Président de la Coalition régionale des OSC de la Boucle du Mouhoun, a été expulsé de Dédougou par le chef de canton, DAYO Lombo Albert.
Cette opération d’expulsion, unique en son genre, reste vivace dans l’esprit et la mémoire des populations de Dédougou et environnant qui sont restées médusées et indignées par ce qui s’est passé ce Dimanche 8 mai 2016.
A l’occasion, des coutumiers ont été mobilisés pour faire des rites devant la cour du Camarade KADINZA. Par la suite, plus de 200 jeunes désœuvrés ont été mobilisés pour prendre part à l’opération d’expulsion. Face à cette situation, les populations sont descendues spontanément dans les rues et les plus hautes autorités du pays ont dû intervenir pour calmer la situation.
C’était du jamais vu à Dédougou : un acte contraire aux us et coutumes des buaba qui mérite, 10 ans après, réflexion et introspection.
En rappel, avant l’arrivée du colonisateur, traditionnellement, c’est le chef de terre qui était le véritable dépositaire de tout le patrimoine culturel et jouait un rôle important dans l’organisation sociale de chaque village.
Le chef suprême n’existe pas au buamu. Un chef avec un signe extérieur distinctif n’existe pas au buamu. Au buamu, le chef se confondait aux autres membres de sa communauté.
Les chefs de terre, gardiens de la tradition, ont toujours (avant et pendant l’arrivée du colonisateur) fait preuve d’une grande sagesse et d’une grande humilité. Ils ont su être humbles et se mettre à l’abri de toute tentation et de toute controverse qui pouvaient ternir leur image et celle de leur communauté.
Pour ne pas remettre en cause leur intégrité morale et leur sens élevé du devoir, des règles ont été édictées et scrupuleusement observées.
De nos jours, ces règles et pratiques ancestrales sont en train d’être galvaudées petit à petit. La communauté bua de Dédougou a besoin de s’inspirer des valeurs traditionnelles fondamentales. C’est le prix à payer pour unifier, vivifier, renforcer et consolider les liens séculaires entre les différentes communautés.
La configuration cosmopolite (présence des communautés étrangères : maliennes, nigérianes, nigériennes, béninoises, ghanéennes, mauritaniennes….) de la ville de Dédougou, témoigne que les anciens ont toujours œuvré à la coexistence pacifique entre toutes les communautés aussi bien nationales qu’étrangères.
Feu Bagnamou DAYO, le père de l’actuel chef de canton, se souciait de l’intérêt de toutes les communautés vivant à Dédougou et avait soigneusement évité de transgresser les règles.
Il a d’ailleurs été d’un soutien inestimable de la Coalition régionale des OSC pendant les moments difficiles. Pour la petite histoire de la Coalition régionale des OSC de Dédougou, lorsqu’une milice avait été levée en janvier 2001 pour traquer les dirigeants du Collectif contre l’impunité, le chef de Canton Bagnamou DAYO et le chef de terre de l’époque se sont farouchement opposés à la création de cette milice.
Il a conseillé et participé activement, à travers son représentant, à la création et à l’animation de la Coalition des OSC de la région de la Boucle du Mouhoun (Cf les déclarations et autres publications publiques de cette organisation).
La Coalition et les autres regroupements qui ont été créés par la suite ont contribué depuis, à l’éclosion d’un espace de liberté, de dialogue, de cohésion sociale et de paix dans le strict respect de la défense des intérêts des populations.
Les évènements du 8 mai 2016 ont révélé au grand jour la complicité tacite des autorités administratives et judiciaires d’alors qui n’ont rien fait pour dissuader le chef de canton, encore moins engager des poursuites judiciaires.
Dix (10) ans après, comme si l’histoire est sur le point de se répéter, le Président KADINZA est mis en examen pour diffamation par le principal bras droit du chef de canton, SABOUE Tamou, chef de Noakuy. Des faits, objets de diffamation, sont connus de tous, mais rien n’est fait pour arrêter le phénomène.
Au contraire, les autorités locales s’en prennent par des subterfuges et des artifices aux OSC en tentant de diaboliser certaines d’entre elles.
En ce jour anniversaire, nous, membres des OSC authentiques continuons de croire et de faire confiance aux populations qui ont, de tout temps, rejeté l’injustice sociale et soutenu les OSC qui se battent pour les libertés et pour le bien être des habitants de la ville de Dédougou.
Les OSC sont conscientes qu’elles doivent lutter malgré toutes les adversités pour que ce qui est arrivé au Président le 8 mai 2016 ne se reproduise plus jamais dans la ville de Dédougou, ni ailleurs dans le Buamu.
- Pour une véritable cohésion sociale, en avant !
- Pour un vivre-ensemble basé sur des valeurs d’intégrité et de justice sociale, en avant !