CREAVES de Namur

CREAVES de Namur Notre adresse : Rue Batys de Soye, 1 – 5020 Temploux

GSM :
0477/70.98.03

IBAN: BE34 5230 8088 0190 Que faire de l'animal invalide ? Faut-il le secourir ?

Qui, un jour, n'a trouvé au hasard d'une promenade, un animal percuté par une voiture, affaibli par le froid prolongé de l'hiver ou encore, empoisonné par des braconniers peu respectueux des réglementations en vigueur ? Faut-il le nourrir ? Autant de questions qui ne trouvent pas d'emblée une réponse. Le Centre CREAVES de Namur (Temploux) est un refuge (Centre de revalidation des espèces animales

vivant à l'état sauvage) où chaque animal recueilli pourra bénéficier de soins adaptés avant sa remise en liberté. Merci à tous d'aimer cette page et de nous soutenir en diffusant ces informations autour de vous, nous avons besoin de vous pour exister!

02/09/2026

🔥🌿 Des flammes à la mante religieuse | Observer un environnement qui change

Dans notre dernière publication, nous revenions sur les incendies dans les Hautes Fagnes et, plus largement, sur les bouleversements climatiques et environnementaux auxquels nos écosystèmes sont confrontés.

Les changements en cours ne prennent pas toujours une forme aussi spectaculaire.

Parfois, ils s’observent plus discrètement, notamment à travers l’évolution de la répartition des espèces.

Récemment, c’est une Mante religieuse (Mantis religiosa) qui a franchi les portes du CREAVES de Namur.

🌡️ Une espèce du Sud ? Pas tout à fait.

La Mante religieuse est une espèce thermophile indigène en Wallonie, où elle est d’ailleurs intégralement protégée.

💡 Thermophile signifie qu'un animal apprécie la chaleur et se développe préférentiellement dans des milieux chauds.

Historiquement, ses populations les mieux établies en Belgique étaient surtout connues dans les régions chaudes du pays, notamment en Lorraine belge et dans la vallée du Viroin.

Mais depuis plusieurs années, les observations se multiplient ailleurs en Belgique.

En 2023, Jean F***t et Michaël Colle ont ainsi publié, dans la r***e scientifique Entomologie faunistique, la première observation documentée de Mante religieuse en Haute Ardenne, dans une lande située à environ 500 mètres d’altitude.

Plus récemment encore, Natagora consacrait dans son magazine d’avril 2026 un article à la présence de la Mante religieuse dans nos paysages, signe de l’intérêt croissant porté à l’évolution de sa répartition en Belgique.

🌍 La mante remonte-t-elle vers le nord à cause du changement climatique ?

La question est intéressante mais la réponse demande de la nuance.

Observer une mante à un endroit où elle était autrefois inhabituelle ne permet pas, à lui seul, d’en attribuer la cause au réchauffement climatique.

F***t et Colle le rappellent dans leur étude. La dispersion naturelle, des conditions météorologiques favorables, le déplacement accidentel d’individus par l’être humain ou encore des relâchers peuvent également expliquer certaines observations.

En revanche, lorsque l’on quitte l’individu pour observer des milliers de données sur plusieurs années ou plusieurs décennies, une tendance beaucoup plus large apparaît.

Le GIEC, dans son dernier grand rapport consacré aux impacts du changement climatique sur les écosystèmes, établit que de nombreuses espèces terrestres et aquatiques modifient déjà leur aire de répartition en réponse aux changements du climat. Des déplacements vers des latitudes plus élevées ou vers des altitudes supérieures sont aujourd’hui documentés dans de nombreux groupes biologiques.

Comme la plupart des insectes, la mante est ectotherme.

💡 Ectotherme signifie que la température corporelle d’un animal dépend principalement de la température de son environnement.

La température extérieure influence donc directement son activité, son développement, sa reproduction et sa capacité à s’installer durablement dans une région.

La Mante religieuse fait donc partie de ces espèces thermophiles et ectotherme dont l’évolution de la répartition mérite d’être suivie attentivement dans les prochaines années.

🔎 Et c’est là que l’observation naturaliste prend toute son importance.

Une mante isolée raconte finalement peu de choses sur le climat.

Mais des centaines de milliers d’observations correctement identifiées, datées et localisées permettent aux scientifiques de suivre l’évolution des populations, les déplacements des espèces, les modifications des périodes d’activité ou encore l’apparition de nouvelles populations.

La biodiversité n’est pas immobile.

Certaines espèces reculent.
D’autres se déplacent.
Certaines trouvent de nouveaux territoires favorables.
D’autres ne parviennent pas à suivre la vitesse des changements.

Après les incendies des Hautes Fagnes, cette petite visiteuse nous permet donc d’aborder un autre aspect des changements qui traversent actuellement nos écosystèmes, moins brutal et moins visible.

Comprendre ces transformations commence avant tout par les observer.

Si vous croisez une Mante religieuse en bonne santé, inutile de la capturer pour nous l’apporter. Observez-la, photographiez-la et, si possible, encodez votre observation sur une plateforme naturaliste.

Chaque donnée peut contribuer, à son échelle, à mieux comprendre un monde vivant en mouvement 💚

🔬 Sources et pour aller plus loin

🔹 F***t J. & Colle M., 2023. Présence de Mantis religiosa (Linnaeus 1758) en Haute Ardenne (Mantodea, Mantidae). Entomologie faunistique, Université de Liège / Gembloux Agro-Bio Tech.
🔗 Lien : https://popups.uliege.be/2030-6318/index.php?id=6277&lang=fr&utm

🔹 Natagora, avril 2026. Magazine Natagora n°132, consacré notamment à la présence de la Mante religieuse dans nos paysages.
🔗 Lien : https://www.natagora.be/mag-Natagora-132?utm

🔹 GIEC, 2022. Climate Change 2022: Impacts, Adaptation and Vulnerability. Groupe de travail II, chapitre consacré aux écosystèmes terrestres et d’eau douce.
🔗 Lien : https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg2/chapter/chapter-2/?utm

🔹 Loi sur la Conservation de la Nature, Wallonie. Mantis religiosa figure parmi les espèces intégralement protégées, Annexe IIb.
🔗 Lien : https://wallex.wallonie.be/files/medias/3/3743.pdf?utm

Vidéo : Romain De Jaegere


28/08/2026

🔥 INCENDIE DANS LES HAUTES FAGNES | Des cendres et de l'espoir

Le plus grand incendie de végétation de l’histoire de notre pays 🌿

Nos réseaux sont silencieux depuis bientôt une semaine.

Notre dernière publication concernait le tétras lyre retrouvé vivant lors des incendies dans les Hautes Fagnes. Depuis, il nous est difficile de passer à autre chose.

Pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manquent au CREAVES de Namur. Les animaux continuent d’arriver, les soins se poursuivent, nos projets avancent. Mais nous n’avons pas le cœur à changer de sujet.

La communication n’est pas notre métier. Nous l’apprenons au quotidien, avec nos sensibilités, nos convictions et parfois nos maladresses. Ces derniers jours, nous nous sommes beaucoup interrogés.

💭 Faut-il continuer d’en parler ? Rassurer ? Alerter davantage ? Expliquer ? Faut-il déjà passer à autre chose puisque l’actualité continue ?

Nous n’avons pas trouvé de bonne réponse.

Une même réalité peut être racontée de nombreuses manières. Dans le flot permanent d’informations qui nous parvient, nous essayons de comprendre notre place, avec une ligne que nous souhaitons conserver. Celle de rester rigoureux dans ce que nous partageons, sincères dans ce que nous ressentons et authentiques dans qui nous sommes.

Et aujourd’hui, ce que nous ressentons avant tout, c’est de la tristesse.

🌱 UNE PARTIE DE L’HISTOIRE SE TROUVE SOUS NOS PIEDS : LA TOURBE

Les Hautes Fagnes abritent des tourbières parmi les plus remarquables de Belgique. Ces écosystèmes se construisent avec une extrême lenteur et leur fonctionnement repose notamment sur de petites mousses extraordinaires : les sphaignes (Sphagnum spp.).

Les sphaignes possèdent une remarquable capacité à retenir l’eau, plusieurs dizaines de fois leur propre poids ! Elles contribuent ainsi à maintenir un milieu gorgé d’eau, acide et pauvre en oxygène, où la matière végétale morte se décompose très lentement.

Année après année, siècle après siècle, une partie de cette matière organique s’accumule et forme progressivement la tourbe.

Les tourbières constituent ainsi de véritables archives naturelles, capables de conserver plusieurs millénaires d’histoire environnementale. Et c’est ici qu’une distinction importante doit être faite.

Brûler la végétation et brûler la tourbe sont deux phénomènes écologiquement très différents 🔥

Lors d’un feu superficiel, la végétation aérienne peut disparaître tandis que des graines, des racines et d’autres parties souterraines survivent et participent ensuite à la recolonisation.

Lorsque le feu atteint la tourbe elle-même, les conséquences peuvent être beaucoup plus profondes. Une partie du carbone accumulé pendant des siècles peut être libérée, la structure et les propriétés du sol peuvent être modifiées et le fonctionnement hydrologique du milieu peut être perturbé.

Or, l’eau est l’une des clés du fonctionnement d’une tourbière 💧

Les sphaignes et le maintien de conditions suffisamment humides participent ensemble au fonctionnement de cet écosystème. Lorsque ces équilibres sont profondément perturbé, le retour des sphaignes peut devenir plus difficile et la restauration du milieu beaucoup plus lente.

🔴 Lorsqu’un habitat est modifié, les conséquences peuvent progressivement se répercuter sur tout le réseau du vivant.

Sphaignes, Éricacées, linaigrettes, molinie et autres végétaux structurent une multitude de microhabitats. Ils offrent des refuges, des ressources alimentaires et des sites de reproduction, tout en conditionnant la présence de nombreux invertébrés. Ces invertébrés nourrissent à leur tour des oiseaux, des reptiles, des amphibiens ou de petits mammifères.

Une modification importante de la végétation peut donc entraîner des effets en cascade dans le réseau trophique, autrement dit dans l’ensemble des relations alimentaires qui unissent les espèces.

Avec les incendies, ce que les processus naturels ont mis des siècles, parfois des millénaires, à façonner peut être profondément altéré en quelques jours.

Aujourd’hui, certaines zones des Hautes Fagnes montrent des paysages noircis et silencieux, nous donnant l’impression d’une nature en deuil.

Un paysage brûlé n’est pourtant pas un paysage mort. La nature possède d’importantes capacités de résilience. Des organismes ont survécu, certaines espèces recoloniseront les zones touchées et la végétation reprendra progressivement place. Mais tout ne reviendra pas nécessairement comme avant.

Il faudra du temps, beaucoup d’observations et probablement des années de suivi pour comprendre ce qui a résisté, ce qui a disparu localement et comment ces écosystèmes vont évoluer.

🌿 UN DEUIL ÉCOLOGIQUE

Peut-être vivons-nous une forme de deuil écologique ?

Cette notion décrit notamment la tristesse et le sentiment de perte que nous pouvons ressentir face à la dégradation d’un environnement auquel nous sommes fortement attachés.

Nous la ressentons en tout cas très fort ces jours-ci. Et derrière cette tristesse se trouve aussi un sentiment d’impuissance que beaucoup connaissent probablement.

Depuis des années, nous entendons parler de changement climatique, d’érosion de la biodiversité, de sécheresses et d’événements extrêmes. Les enjeux sont tellement vastes et grands qu’ils peuvent parfois nous dépasser complètement.

En ce mois d’août, certains paysages autour de nous ont déjà des couleurs d’automne. Les sols sont secs. Une partie de la végétation souffre déjà, tout comme la faune sauvage, confrontée à des habitats qui deviennent de plus en plus hostiles.

🔴 La vulnérabilité du vivant ne s’arrête pas ici.

Lorsque des villages doivent être évacués face à la progression d’un incendie, lorsque des inondations ravagent des foyers, une question beaucoup plus inconfortable apparaît.

💭 Jusqu’où pouvons-nous encore nous considérer à l’abri ? Et pendant combien de temps ?

Notre maison ne s’arrête pas aux murs de notre habitation. Nos maisons, ce sont aussi les sols, l’eau, les forêts, les landes, les tourbières, les animaux, les plantes et cet immense réseau d’interactions dont nous faisons nous-mêmes partie.

Nous faisons partie de cet équilibre et notre avenir en dépend.

💧 ET AU MILIEU DU FEU, L’EAU

Au milieu de cet incendie, une autre évidence s’est imposée avec force. Celle de notre dépendance à l’eau.

Nous avons la chance, dans nos régions, de disposer de lacs, d’étangs, de réserves et de ressources en eau qui ont joué un rôle essentiel dans la lutte contre cet incendie.

Cette eau est tellement présente dans notre quotidien que nous oublions parfois ce qu’elle représente réellement. Nous ouvrons un robinet et elle coule avec abondance.

🔴 Pourtant dehors, où l'eau conditionne presque tout, elle vient de plus en plus à manquer.

L'eau nourrit les sols, abreuve la faune, permet la croissance des végétaux, façonne les paysages, maintient les zones humides et rend possible une incroyable diversité de vie, y compris la nôtre.

Et nous revenons alors à ces petites sphaignes dont nous parlions plus haut, capables de retenir d’importantes quantités d’eau et intimement liées au fonctionnement des tourbières.

Tout est lié.

💚 FACE À DES ENJEUX AUSSI VASTES, QUE POUVONS-NOUS RÉELLEMENT FAIRE ?

Cette question, nous nous la posons souvent. Et c’est peut-être aussi l’une des raisons qui nous rassemblent au CREAVES de Namur.

🟢 Ici, nous avons la possibilité d’agir à une échelle modeste, mais très concrète, face à une faune sauvage trop souvent malmenée par nos modes de vie.

Soulager la douleur d’un animal. Soigner une blessure. Nourrir et réhydrater un juvénile affamé. Accompagner, parfois pendant plusieurs semaines, la réhabilitation d’un animal sauvage avant de le regarder, avec joie, retrouver son milieu naturel.

Ce sont de tout petits actes face à l’immensité des enjeux auxquels la biodiversité est confrontée. Mais mis bout à bout, jour après jour, année après année, ils ont du sens. Ils nous permettent aussi de transformer une partie de notre inquiétude en action, plutôt que de rester spectateurs.

Nous tenons à saluer toutes celles et ceux qui agissent, à leur échelle et avec leurs moyens, pour soutenir la biodiversité 🙏

Face à des enjeux d’une telle ampleur, les petites actions comme les grandes ont leur importance. Ensemble, nous tissons un réseau d’actions, d’engagements et d’énergies qui, chacun à leur manière, contribuent à préserver le vivant.

🌿 LA SOLIDARITÉ, MOTEUR D’ESPOIR

Ces derniers jours nous ont aussi montré quelque chose d’autrement immense, et c’est probablement ce que nous voulons retenir au milieu de toute cette tristesse, l’incroyable solidarité humaine.

Des pompiers, des forestiers, des agriculteurs, des services de secours, des autorités, des habitants, des bénévoles et tant d’autres personnes mobilisées pendant des jours. Des personnes de tous les âges et de tous les métiers qui ont travaillé ensemble. Puis des renforts venus d’ailleurs. Des Pays-Bas, d’Allemagne, de Suède, de Norvège.

🟢 Voir autant de personnes se mobiliser ensemble nous donne énormément d’espoir.

Cette mobilisation nous montre que nous sommes capables de coopérer, de dépasser nos différences et même nos frontières lorsqu’une urgence vitale l’exige.

Le véritable défi est peut-être désormais de parvenir à mobiliser cette même énergie dans la durée, non plus seulement pour répondre aux urgences, mais pour faire face aux défis climatiques et environnementaux qui ne cessent de s’intensifier.

🌱 PRENDRE LE TEMPS

Nous savons que nos textes sont longs.

Nous savons aussi que les réseaux sociaux nous invitent plutôt à faire court, vite, fort, à capter l’attention quelques secondes avant de passer au sujet suivant. Mais ce fonctionnement ne fait pas écho à nos valeurs.

La nature a besoin de temps pour se construire, nous aussi 🌾

Le plus grand incendie de végétation de l’histoire de notre pays méritait, à nos yeux, que nous prenions le temps.

Notre engagement pour la biodiversité est à notre image. Il est calme, pacifiste, ancré. Il est tourné vers le rassemblement et vers l'espoir 🕊

Tant que des personnes restent mobilisés sur le terrain, nous gardons une pensée pour eux, pour les habitants, pour les paysages touchés, pour la faune et pour toutes les conséquences que nous ne mesurons pas encore.

🟢 Les problématiques écologiques ne connaissent pas les frontières. Heureusement, la solidarité non plus.

Des cendres, mais aussi de l’espoir.

Une immense pensée et surtout un immense merci à toutes celles et ceux qui sont encore mobilisés dans les Hautes Fagnes 🙏

Nous vous adressons tout notre soutien 🙏🙏

🔎 Pour aller plus loin :

🔹 Les Clés, « L’été brûlant », Arnaud Ruyssen.
🔗 Lien : https://www.facebook.com/share/p/19PAzWxtMp/?mibextid=wwXIfr


🔥 INCENDIE DANS LES HAUTES FAGNES | Un Tétras lyre retrouvé vivantPhotos : Michel d'Oultremont Un Tétras lyre mâle (Lyru...
20/08/2026

🔥 INCENDIE DANS LES HAUTES FAGNES | Un Tétras lyre retrouvé vivant

Photos : Michel d'Oultremont

Un Tétras lyre mâle (Lyrurus tetrix) a été retrouvé vivant ce jeudi 20 août par des pompiers, dans une zone de tourbière touchée par l'incendie.

L'oiseau a été mis en sécurité puis pris en charge par l'Animal Rescue Team, avec l'intervention d'un vétérinaire urgentiste et en concertation avec le DNF. Il a ensuite été transféré vers un CREAVES. Selon les informations communiquées, la moitié des émetteurs, qui équipent les tétras lyres du plateau fagnard, ne répondent plus.

Cette découverte est particulièrement importante car les Hautes Fagnes abritent la dernière population de Tétras lyre de Belgique. L'espèce est classée "En danger critique d'extinction" en Wallonie et sa population fagnarde reste extrêmement réduite et isolée.

Depuis 2017, un programme de renforcement est mené afin d'éviter sa disparition. Au printemps 2026, 35 Tétras lyres provenant de Suède, 10 mâles et 25 femelles, ont encore été relâchés dans les Hautes Fagnes.

L'incendie actuel rappelle malheureusement un précédent bien documenté. En avril 2011, un incendie avait parcouru plus de 1 300 hectares dans les Hautes Fagnes, en pleine période de reproduction.

À cette époque, la population faisait déjà l'objet d'un suivi scientifique par l’Université de Liège. Des travaux ont spécifiquement étudié les conséquences de cet incendie sur le Tétras lyre et son habitat.

Les effectifs, qui connaissaient une amélioration avec 21 mâles recensés au printemps 2011, ont diminué dans les années suivantes. Le suivi avait également mis en évidence une reproduction particulièrement faible après l'incendie.

Il est important de rester prudent dans l'interprétation de ces données. Le déclin d'une population sauvage ne peut pas être attribué à un seul événement.

Chez le Tétras lyre, la qualité et la fragmentation des habitats, les conditions météorologiques, la prédation, les ressources alimentaires, le succès reproducteur et l'isolement de la population interviennent simultanément. L'incendie de 2011 constitue néanmoins une perturbation importante et documentée dans l'histoire récente de la population fagnarde.

Pour l'incendie actuel, il est encore beaucoup trop tôt pour établir un bilan. L'enjeu ne concerne d'ailleurs pas uniquement une éventuelle mortalité directe.

Le Tétras lyre dépend d'une mosaïque de landes, tourbières, Éricacées et milieux semi-ouverts qui lui fournissent ses zones de parade, ses sites de nidification, ses refuges et ses ressources alimentaires. Les poussins dépendent notamment fortement des invertébrés pendant leurs premières semaines de vie.

Il sera donc important de déterminer précisément quels habitats fréquentés par l'espèce ont été parcourus par le feu, avec quelle sévérité et comment ils évolueront dans les prochaines années.

La découverte de ce mâle vivant est donc une bonne nouvelle, sans permettre pour autant de tirer des conclusions sur l'ensemble de la population. Elle rappelle surtout que l'incendie a directement concerné le territoire de la dernière population belge de Tétras lyre.

Pour une population qui a frôlé l'extinction et dont le maintien nécessite depuis plusieurs années un important programme de conservation, le suivi des prochains mois et des prochaines saisons de reproduction sera particulièrement important.

🟢 Les CREAVES - Centre de Revalidation des Espèces Animales Vivant naturellement à l'État Sauvage.

En Wallonie, un CREAVES est un centre agréé chargé de recueillir, soigner et réhabiliter les animaux sauvages en détresse afin, lorsque leur état le permet, de les remettre en liberté.

Cette découverte rappelle l'importance des centres de soins pour la faune sauvage, dont le rôle dépasse aujourd'hui la seule prise en charge d'animaux blessés.

Face à l'érosion de la biodiversité, aux événements climatiques extrêmes et aux pressions croissantes sur les écosystèmes, disposer de centres professionnels, équipés et intégrés aux réseaux scientifiques et institutionnels devient essentiel.

Pour une espèce menacée, sauver un individu peut aussi contribuer à préserver une population.

Les centres de soins ne remplacent pas la protection des habitats. Ils en sont un maillon complémentaire, et leur rôle sera probablement de plus en plus important à l'avenir.

📚 Sources et références

🔹Publications scientifiques

• Poncin P., Ghiette P. & Loneux M. (2011). Tétras dans la tourmente... Influence de l'incendie sur la population de tétras lyres dans les Hautes Fagnes. Hautes Fagnes, 2, 17-18. ULiège / DEMNA / IRSNB.

• Poncin P. & Loneux M. (2012). Suivi scientifique : évaluation des aménagements de gestion de l'habitat sur les populations de Tétras lyre en Hautes-Fagnes. Programme LIFE Hautes-Fagnes, Université de Liège.

• Delcourt J., Hambuckers A., Vangeluwe D. & Poncin P. (2023). Fifty years of spring censuses in Black Grouse (Lyrurus tetrix) in the High Fens (Belgium). European Journal of Wildlife Research, 69.

🔹Sources scientifiques et institutionnelles

• Station scientifique des Hautes Fagnes, Université de Liège : Renforcement de la population de Tétras lyre
🔗 Lien : https://www.sshf.uliege.be/cms/c_12483327/fr/renforcement-de-la-population-de-tetras-lyre

• Parlement de Wallonie : La conservation du Tétras lyre
🔗 Lien : https://www.parlement-wallonie.be/content/print.php?print=interp-questions-voir.php&iddoc=132827&type=32

🔹Presse et actualité

• La Libre Belgique, 10 mai 2026 : « Les femelles sont les plus importantes » : 35 nouveaux Tétras lyres suédois relâchés dans les Hautes Fagnes
🔗 Lien : https://www.lalibre.be/planete/environnement/2026/05/10/les-femelles-sont-les-plus-importantes-35-nouveaux-tetras-lyres-suedois-relaches-dans-les-hautes-fagnes-P6P7MN62AVE6POBTUXJZ3O2TRA/

• Ornithomedia, 29 juin 2026 : 35 nouveaux Tétras lyres suédois ont été relâchés en avril 2026 dans les Hautes Fagnes (Belgique)
🔗 Lien : https://www.ornithomedia.com/breves/35-nouveaux-tetras-lyres-suedois-ont-ete-relaches-en-avril-2026-dans-les-hautes-fagnes-belgique/
Incendie d'août 2026 et situation actuelle

• RTBF Info : Incendie dans les Fagnes : la moitié des émetteurs des tétras lyres, oiseaux emblématiques du plateau fagnard, ne répondent plus
🔗 Lien : https://www.facebook.com/share/p/1ByRwWfbNd/?mibextid=wwXIfr

🔹Pour aller plus loin

• SPW Agriculture Ressources Naturelles Environnement : Incendie dans les Hautes Fagnes : qu'en est-il des animaux ?
🔗 Lien : https://www.facebook.com/share/1FMuNCby3N/?mibextid=wwXIfr

🙏 Un très grand merci à Michel d’Oultremont de nous avoir transmis ces magnifiques photographies de Tétras lyres pour illustrer cette publication.


17/08/2026

🚨 FLASH INFO FAUNE SAUVAGE | Incendies dans les Hautes Fagnes - 17 août 10h00

Qu’en est-il de la faune sauvage à ce stade ?

Hier soir, Monsieur Adrien Dolimont, Ministre du Bien-être animal indiquait qu’un plan de secours animalier avait été activé au sein du Centre de crise provincial de Liège, avec Michaël Robert, responsable de l’Animal Rescue Team de la zone de secours Hesbaye, chargé de la coordination.

La situation de la faune sauvage est suivie en collaboration avec le DNF. Selon les informations communiquées, les nombreuses patrouilles menées sur le terrain n’avaient identifié aucun animal sauvage piégé par les flammes ou en situation de détresse. Des groupes de sangliers et de cervidés ont notamment été observés quittant les zones touchées.

🦌 Pourquoi une partie de la faune semble-t-elle relativement épargnée jusqu’ici ?

Monsieur Michaël Robert, Conseiller technique provincial en sauvetage animalier, expliquait hier sur VEDIA que la configuration de cet incendie est différente de celle observée lors de certains feux extrêmement rapides à l’étranger.

Malgré son ampleur, la progression du feu a jusqu’ici permis à une partie de la faune mobile d’anticiper le danger et d’évacuer les secteurs concernés. Il rapportait avoir lui-même observé durant la nuit des groupes de sangliers et de petits mammifères quittant la zone.

Monsieur Hervé Jamar, Gouverneur de la province de Liège, confirmait également hier soir qu’aucune victime animale directement liée à l’incendie n’avait alors été constatée, ni par les pompiers sur le terrain, ni par la coordination animalière.

La surveillance se poursuit car les conséquences sur la faune et les écosystèmes ne se limitent pas aux victimes directes des flammes. La destruction ou l'altération des habitats, les effets sur les espèces moins mobiles et la disponibilité future des ressources devront également être considérés.

🦎 Qu’en est-il des espèces moins mobiles ?

Ces premières observations sont encourageantes, mais elles concernent principalement la mortalité directement observable sur le terrain et ne permettent pas, à ce stade, d’évaluer l’impact global de l’incendie sur la faune sauvage.

Si les mammifères de taille moyenne et les grands ongulés disposent généralement d’une mobilité suffisante pour s’éloigner de l’avancée du feu, la situation est plus préoccupante pour les espèces dont les capacités de fuite sont limitées.

Madame Laurane Winandy, directrice de la Station scientifique des Hautes Fagnes de l’Université de Liège, attire notamment l’attention sur les amphibiens, les reptiles, mais aussi sur certains oiseaux. Face au feu, crapauds, grenouilles, tritons et lézards peuvent chercher refuge dans le sol. Or, dans le cas d’un incendie qui se propage en profondeur, ces refuges ne constituent plus nécessairement une protection et une mortalité importante est possible.

Pour les oiseaux, la vulnérabilité dépend notamment de leur stade de développement. Si les adultes peuvent généralement fuir, les jeunes encore au nid ou insuffisamment développés sont beaucoup plus exposés.

À cette mortalité s’ajouteront les conséquences de la destruction de plusieurs milliers d’hectares d’habitats avec perte de refuges et de sites de reproduction, modification des ressources alimentaires et perturbation durable des communautés animales.

L’impact écologique réel, inévitablement important avec 3000 hectares de milieux naturels parcourus par les flammes, ne pourra donc être évalué qu’avec du recul.

L’absence de victimes observées sur le terrain à ce stade ne signifie donc pas une absence d’impact sur l’ensemble de la faune sauvage et ne permet donc pas encore de mesurer l’impact écologique réel de cet incendie.

🌧️ Et ce matin ?

Selon RTBF Info, environ 3 000 hectares de fagnes ainsi qu’une sapinière ont été ravagés. Les flammes sont désormais contenues partout sauf à l’Est, où subsiste un front de 300 à 400 mètres inaccessible par voie terrestre. La pluie est arrivée sur la région depuis l’aube et le feu ne progresserait plus vers l’Allemagne.

ℹ Pour en savoir plus et suivre l’évolution de la situation, consultez la page : https://tinyurl.com/z6u4cx99

⚠️ Que faire si vous souhaitez aider ?

Formulaire à compléter : https://aidefagnes.be

Le message des différents intervenants est unanime : n’entrez pas dans les zones concernées et ne prenez pas d’initiative individuelle non coordonnée sur le terrain.

L’afflux de personnes souhaitant venir en aide aux animaux peut involontairement compliquer l’intervention des secours. Les périmètres de sécurité doivent impérativement être respectés.

Rescue Squad Belgium indique par ailleurs disposer désormais de suffisamment de matériel et précise que la faune sauvage reste, pour le moment, fortement épargnée.

📞 En cas d’urgence, Rescue Squad Belgium : 0491 283 282
📞 Pour toute proposition d'aide ou de dons, contactez uniquement le 087/76.01.46, point de contact officiel.

Pour un animal sauvage blessé ou en détresse dans la région, la Wallonie invite également à contacter directement les CREAVES locaux :

🟢 CREAVES L’Hermitage ASBL, Thimister-Clermont : 0494 35 80 83
🟢 CREAVES La Tanière des Fagnes ASBL, Sourbrodt : 0489 52 27 77

Les équipes des centres de soins pourront évaluer la situation et vous indiquer la conduite à tenir.

🤝 De notre côté, le CREAVES de Namur n’a pas été appelé à intervenir. Nous confirmons notre soutien aux équipes mobilisées et restons disponibles si besoin.

Toutes nos pensées accompagnent celles et ceux qui œuvrent sur le terrain depuis des heures, avec courage et détermination.

🙏 Merci à l’ensemble des pompiers, services de secours, agents du DNF, autorités, agriculteurs, équipes de sauvetage animalier, centres de soins, associations et bénévoles mobilisés depuis le début de cet incendie.

Nous continuerons à suivre attentivement l’évolution de la situation.

🔎 Sources

• Adrien Dolimont : Point sur le dispositif de secours animalier
Lien : https://www.facebook.com/share/1FcNK36FBM/?mibextid=wwXIfr

• Hervé Jamar, Gouverneur de la Province de Liège : Suivi de la situation
Lien : https://www.facebook.com/share/p/1Bto7XVoMs/?mibextid=wwXIfr

• VEDIA : Intervention de Michaël Robert sur la faune sauvage
Lien : https://www.facebook.com/share/v/1BWuP3A2Zs/?mibextid=wwXIfr

• Rescue Squad Belgium : Informations et numéro d’urgence
Lien : https://www.facebook.com/share/p/1KPX6aHyUK/?mibextid=wwXIfr

• Wallonie : Recommandations concernant la faune sauvage
Lien : https://www.facebook.com/share/p/1EtswtsQT4/

• RTBF Info : Evolution de la situation
Lien : https://www.facebook.com/share/18N4YgRbKt/?mibextid=wwXIfr

🔎 Pour aller plus loin

• Faune et Flore, La Première – RTBF : Point sur la faune et la flore dans les zones touchées
Lien : https://www.facebook.com/share/197SQCC41K/?mibextid=wwXIfr

• Hervé Jamar, Gouverneur de la Province de Liège : Evolution de la situation
Lien : https://www.facebook.com/share/p/1Bh16iWSyA/?mibextid=wwXIfr

🎥 Cette publication est illustrée par des faons accueillis au CREAVES de Namur il y a plusieurs semaines, uniquement pour accompagner ce post. Ces images ne sont donc pas liées aux incendies dans les Hautes Fagnes. Toutes les images diffusées par le CREAVES de Namur sont authentiques et issues de notre travail de terrain. Nous n’utilisons pas d’images générées par intelligence artificielle.


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Mardi 09:00 - 17:00
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